samedi 31 janvier 2015

ARTS ET TRADITIONS POPULAIRES # 3 LES RÉDUCTEURS DE TÊTES






Ainsi la sécularisation serait un chemin « d'acceptation de l'autre » et le religieux, ou la religiosité, délinquance raciste, fondamentalisme d'exclusion. Ainsi jugée, chaque « histoire », chaque « récit », comme il est de bon ton de dire, « une leçon universelle » , chapitre particulier à intégrer dans le Livre Universel d'une Histoire Culturelle Encyclopédique bien homogénéisée, uniformisée et rationalisée. Histoire à laquelle chacune doit se soumettre et se remettre pour être conforme, ou plutôt pour exister officiellement dans une sorte de mondialisation culturelle.

Les guerres de religion, les génocides seraient l'argument suprême et irréfutable de la nécessité absolue de cette solidification de force au melting-pot de fer d'une pensée unique. La logique élémentaire de cette superstition imposée voudrait qu'on en fit, au moins, de même avec l'Argent, Roi de la violence absolue faite à toute liberté première. Mais il est toujours plus facile de s'en prendre à ceux qui n'ont rien que le cœur, dévoyé ou pas, là n'est pas la question, pour vivre et survivre. Il faut réduire ce qui ne s'achète pas à un statut juridique convertible.



jeudi 29 janvier 2015

ARTS ET TRADITIONS POPULAIRES # 2 LE RELAI RELATIF






Côté populaire, concernant la révolution culturelle conservatrice, Kerouac fut sans doute l'un des plus grands précurseurs du siècle passé et actuel, sans doute aussi à l'insu de presque tous, et surtout de ceux qui vénèrent son côté obscur subverti et – convertible – comme le canapé. Pour le reste et pour le vrai, le bouddhisme profond est sans aucun doute le fait spirituel, dans sa transmission préservée, en Occident, majeur et le plus significatif depuis le début de la grande décadence du XIIème siècle.



Il donne le sens sans l'orienter, mais en le rendant à son mouvement propre et original – originel –, les traditions vives se rejoignant par delà l'insignifiant temporel des cycles. L'heure d'un Grand Réveil a sonné dans la naïveté de son mystère en forme éphémère, – celui de la jeunesse éternelle – permettant un passage, une issue et un relais relatif, en attendant un choc du retour qui n'a rien à voir avec le crash de civilisations matérielles en concurrence.




mercredi 28 janvier 2015

LA VÉRITÉ # 9 LE GRAND TROUPEAU



(...) la bourgeoisie (vaisya) est assimilée, quant à elle, aux masses prolétariennes (candala) pour former ce qui est en fait un grand "troupeau" (pasu) totalement profane dont le comportement est dicté par ses affinités et ses aversions et non par des principes élevés."  A.K.C.



Nous nous sommes laissés réduire, au bout de « la raison dans l'Histoire », comme aurait dit Hegel, par un contrat social-libéral, à l'état d'un « parc humain ». Vaste troupeau planétaire, aurait diagnostiqué un Nietzsche, en croissance déséquilibrée par des facteurs irrationnels incités, menacé par toutes les limites, donc par tous les prédateurs.



Aussi bien par la première pandémie fabriquée venue que par la première crise financière, la première guerre idéologique ou le premier risque écologique. 
Sans "événement majeur", non pas forcément matériel dans un monde agonisant de sécularisations libérées, notre destin collectif, au sens de collectivisé, déterminé par l'universalisation abstraite standard de notre condition, par l'imposition totalitaire et criminelle de sa logique unique, aussi bien à la Nature-Mère, est définitivement scellé par un matérialisme exterminateur, remontant chez nous en Europe, aux environs du XIIIème siècle, selon un faisceau de sources concordantes.



Ce mouvement est né progressivement du pire dévoiement spirituel , à son aboutissement actuel, jamais (re)vu depuis des millénaires, dans une « civilisation » digne de ce nom. C'est donc une régression totale et globale, au final. La régression et l'anéantissement sont absolus. 

Y aura t-il un redressement à la hauteur de la bassesse de cet absolu noir ? Nous savons depuis toujours qu'une révolution culturelle conservatrice sera nécessaire. Ce qui reste encore non éclairci est le mystère, au sens propre et ancien, de la pointe subtile de son avènement en attente d'éclosion, ici, en Occident vrai.






samedi 24 janvier 2015

FORCES LIBRES FRANÇAISES # 5 LES NOCES ÉTRANGES








La guerre propre n'est ni un slogan de blanchisserie ni un rêve d'adolescent romantique. C'est la seule réponse humaine possible à la guerre moderne qui nous est faite, à l'intérieur comme à l'extérieur. 

Tout le monde connaît l'idéologie « universellement partagée » de cette dernière, sans doute très intimement liée à son nerf, et plus précisément encore, aux pétro-rétrodollars, même si ces liens ne sont pas exclusifs. 

Mais notre Résistance à nous, faisant pièce à celle de Laurel et Hardy en 14, c'est d'imaginer celle de Monsieur Hulot, précise et légère, au sens d'esprit léger, un peu comme celui dans lequel baigne, ailleurs, par exemple, le film « La vie est belle ».



Cette réponse est vieille comme le monde : elle exige seulement, comme moyen suffisant, matériel et spirituel, de se tenir prêt. C'est une guerre, défensive non-violente; de valeurs qui nous tiennent debout, en dehors de l'état provisoire d'horizontalité imaginaire procurée par les corruptions addictives contraintes d'un monde où nous sommes sans être, une sorte de système d'existentialisme social imposé.



La guerre défensive des valeurs ne donne pas de coups ni n'en fait : elle se garde d'en recevoir, et quand elle ne peut les éviter, elle scrute leur origine plus que leur intention idéologique. La guerre défensive des valeurs, guerre propre, ne confond pas les valeurs et les symboles, et travaille sur les valeurs pour libérer les symboles du détournement et des instrumentalisations, symboles qui ne sont que des outils temporels essentiels indispensables à la survie et la transmission des valeurs à l'intérieur d'un cycle.



Le plan symbolique est un chemin du sens, pas le sacré ni le cœur du sens lui-même, que rien ne peut atteindre, sinon le sens n'aurait plus de sens. 

Les valeurs en elles-mêmes n'ayant besoin ni de symbole ni de sacralisation, mais un monde qui ne les reconnaît pas est un monde sans valeur ni sens. La négation de leur éternelle et nécessaire incarnation, au niveau exclusif de leur réalité, ne signifiant nullement l'affirmation d'autres valeurs : il n'a y a pas de valeurs de remplacement, il n'y a que des illusions criminelles. 

En ce sens les valeurs d'humanité sont plus que des valeurs, elles sont trop proches des sources pour être récupérées par les autonomisations détournantes des pseudo-philosophies idéologiques modernes.



En attendant, la dégradation péguyienne des vraies valeurs n'a cessé de produire ses effets croisés : idéologisation du religieux et sacralisation de l'idéologie (la sécularisation, forcée ou pas, n'élimine nullement le religieux ou le transcendant, elle le transforme en le dégradant en matérialité corrompue, crédule et criminelle)

Comme si, à l'inverse d'un politique sécularisant et séparant, autonomiseur absolu, l'idéologique n'avait cessé lui, de mélanger, de dialectiser et de lier, de re-lier, au sens strict, mais corrompu, ce que le matérialisme dit scientifique n'avait cessé de rejeter aux ténèbres extérieures de l'obscur et de l'obscurantisme. 

Absolutisation du politique (tout est politique), abondée par la relativisation du religieux. Comme si la dialectique historique s'était mystérieusement muée en inversion dynamique pure et simple. N'y a t-il pas là une sorte d'alchimie, de poésie maudites ?



Mais qu'est-ce que cette idéologisation du religieux dans la cristallisation de nouveaux intégrismes, de nouveaux dogmes matériels, sinon une sur-absolutisation à partir du politique ?

 Comment comprendre cette ultra-moderne surdétermination ? N'aurait-on pas affaire là à ce qu'un Ellul aurait pu qualifier de système technique religieux ? Quand la propagande rejoint la foi dégradée et s'en nourrit ? Les observateurs les plus avisés du politique révolutionnaire (ou même réformiste, à la limite, à partir du terme Réforme) ont traditionnellement pointé la reproduction politique récurrente de certaines structures religieuses, à l'intérieur même des techniques d'organisation du révolutionnaire, et des structures qui les permettent dans le temps et l'espace de leur foudroyante propagation. Les parallélismes méthodologiques, donc les finalités, sont flagrants.



« Le fait religieux » n'aurait donc jamais été historique, même historicisé de force, mais déterminant métaphysique en amont de tout moyen, de tout comment, de toute mesure et de toute efficacité même. Mais, dans le seul sens que la méditation est action et que cette action transcende toute histoire, à l'opposé de toute technique.

Il ne serait, et ne sera jamais passé à la trappe d'une histoire modernisée, mais aurait été occulté, au sens que Breton donnait au terme dans une visée révolutionnaire : réorienté de façon occulte, et secrètement et savamment inversé, pour arriver à une sorte de résultat automatique de récupération).



En clair, les « révolutionnaires » n'auraient jamais été que des dissidents du pouvoir religieux, jouant en permanence la carte dialectique des combinaisons d'inversion des immanences-transcendances autorisée-interdites, transformant le monde en un labyrinthe de plus en plus complexe de reflets réels, brouillant les vraies sources, ouvrant les portes aux vents de toutes les illusions du devenir ?

Ellul, encore une fois, a pointé cette inavouable métaphysique comme présupposé inavouable même de toute science-technique.



Un religieux réintégré en douce par le tour et le détour de la magie technicienne, un religieux sans vérité, un religieux de réalité et d'efficacité psychologique de masse où la fin justifie les moyens. 

Un religieux vidé de sa substance spirituelle, avant remplissage et bourrage de crâne par la vertu de toutes les misères d'un monde à transmuter catégoriellement et automatiquement, au sens premier du mot, en machine à vivre, à avoir, penser, et croire, rationnellement

Une sorte de militarisation de la foi à laquelle les plus grandes organisations religieuses d'occident, dévoyant en quelque sorte l'esprit de la chevalerie vraie, ont toujours régulièrement eu recours. Militarisation au sens de rationalisation des moyens instinctuels-sentimentaux de maîtrise, domination et imposition mentales.



L'armée de l'ombre d'un religieux séculier moderne, laïque et étatique, d'un religieux administratif, la sainteté laïque de son pouvoir et la sacralisation de son autorité, dans sa guerre sainte contre le sacré traditionnel, pur et simple, non égalisé ni légalisé. 

Est-il encore un intégrisme nouveau qui ne cherche pas à s'étatiser, à se séculariser, à se démocratiser ? L'état moderne sacralisé n'entraîne t-il pas, inévitablement, un religieux pervers corrélé, naturalisé ? Une horrible concurrence des moyens, dans une guerre totale pour le pouvoir sur des esprit déspiritualisés ? Tous deux utilisent à fond les techniques modernes de propagande, font passer, religieusement, tous les moyens possibles, à partir de principes ajustés après détournement, sur le cadavre de la vérité.



La sale guerre des valeurs actuelles patauge dans cette déchéance, cette abjection morale, et la guerre propre consiste à se détourner de cette pandémie spirituelle par une hygiène élémentaire de l'être. Un être non souillé par l'avoir ou le savoir. Non souillé, pas même au sens moral : il suffit de songer à ces plages mazoutées du monde immergé. Un innocence maintenue au cœur de l'expérience au prix le plus fort – celui de la guerre – qui n'est sans rappeler les principes élémentaires de l'ancienne chevalerie, si humiliée qu'elle soit par les esprits forts du machiavélisme techniciste moderne dans leur coreligionnaire bassesse virale, l'esprit de trahison.



Une innocence non médiatisée par le savoir pestiféré des utilitarismes fonctionnels et les machinations du machinisme barbare. Que de nouveaux guerriers de la haine et de la cruauté, dans ces conditions-là, surgissent régulièrement, tout armés d'un armement ultra-moderne, du ventre de la bête, n'a plus rien d'innocent ni d'inexplicable, justement : c'est non dans l'ordre, mais dans le désordre.

Maintenant, revenant à la destruction irréversible des valeurs en cours depuis le début du commencement de la fin, il faut être lucide. Elle est proprement religieuse ou spirituelle, si on préfère. Et ce ne sont pas, directement, de ces pertes dont les imposteurs au pouvoir se soucient, mais des conséquences imprévisibles potentielles sur leur univers de remplacement. Ils savent que leur stock primaire d'unités de sens s'épuise inexorablement.



Ce stock anthropologique sacré sans lequel il n'y plus ni sens ni société ni rien, mais dont le transvasement universitaire clandestin  des valeurs affiche une négation de façade permettant de légitimer un pouvoir du même ordre. Et inversement, idem, chez ceux qui, visant le même stock- patrimoine de l'humanité, combattant le plus ignoblement cette façade lézardée pour la remplacer par une autre. 

C'est une pure guerre totale de fausses valeurs, comme on se battrait pour de la fausse monnaie, ou plutôt comme on se bat et travaille pour de la monnaie réelle fabriquée de toute pièce.



Dans ce terrorisant contexte mondial au réel, on peut voir que pour les soudards ennemis, ces bouchers et bourreaux nouveaux, ennemis de toute humanité ordinaire, dans tous les sens du mot, rien ne sera jamais acquis et c'est tant mieux : ce qu'ils détruisent – les vies, les cultures (…) ne pourra jamais atteindre la vérité dans son esprit même : toute destruction physique, comme pour le Christ, renforce et ressuscite au devenir, en raison inverse de l'inversion criminelle qui produit ce mal, ce malaise, ce malheur, et cette fatalité matérielle.  

Puisqu'il n'y a de fatalité et de déraison possibles que matérielles. Par matérialisation corruptrice des esprits les plus religieux primaires, ceux qui prennent la lettre pour le mot.



Face à cette gangrène, les valeurs n'ont jamais eu de prix, aucun prix ne peut les sacraliser en avoir, pas même la mort, le sacrifice, le viol, la torture ou l'horreur si chers aux prêtres noirs. Les valeurs sont stables, comme les cathédrales, chez nous, traversent les siècles. Aucun prix ne peut non plus les désacraliser vraiment : celui du sang leur donne un respect mystérieux, qui nous fait retourner clandestinement au pays de l'Enfance de l'art de la guerre, quand nous mourrions pour rire dans un monde trop sérieux, trop « sûr » de ses valeurs « sûres ». A ne plus savoir quoi faire pour les sauvegarder à la première pensée de les perdre. 

Mais l'inconstance et l'inconsistance des humains ne fait pas celle de la vérité – contre toute Histoire, fût-elle jugée « à sa fin », ou arrivée en fin de cycle. La guerre propre est sereine comme une détermination météorologiquement surnaturelle. Ici la Résistance tragique est aussi sereine que le premier film de Tati.



La guerre propre n'est pas politique puisque la politique n'est rien, la personne humaine et l'humanité de la personne, tout. Dans le sens, naturel ou divin, de plus-qu'humain, surnaturel : la guerre propre est sa défense, par delà la personne, par son moyen accordé, et dépassement.



Dans les sales guerres culturelles, la faiblesse logique, autant donc que la logique de la faiblesse, des sociétés occidentales, vient de cette nécessité où elles ne peuvent plus, et n'en peuvent plus, que se trouver de toujours à transmuter absurdement et sans fin – quantitativementnt, si on veut – , ce qu'elles nomment, prudemment et de façon prude, « le fait religieux » – fatalité noire comme un cancer social, une perversion, un archaïsme ou une fascisation, récurrente, rémanente, virulente sous chape.



Fait toléré et non protégé comme il est clamé, dans les limites de sa transmutation sécuritaire et séculière productive, comme une sorte de sexualité dangereuse du spirituel : il ne doit reproduire que du politiquement correct, neutralisé et redistribué en morale sociale conformée, confirmée.

L'instinct religieux, constamment rabaissé et dégradé vers le bas, besogne sans fin puisqu'il ne cesse de naturellement vouloir s'élever et se libérer de la pesanteur sociale et sociétale, contraint de fait ces sociétés à l'imposture coûteuse et épuisante du travestissement de la vérité dans l'histoire et l'actualité de son contrôle.



Cette transmutation permanente est, en France comme ailleurs, contre-naturelle et contre-culturelle : la séparation des soit-disant pouvoirs n'est que façade : la défense obligée de valeurs spirituelles sous-jacentes aux morales stérilisées de surface ne pouvant, de plus, se faire, dans le siècle ou la modernité, que sous une autorité spirituelle déguisée, défroquée, donc sans pouvoir en tant que telle, et privée d'être, condamnée à l'existence marginale déterminée d'une force négative pure, et même perçue comme telle par ceux qui sont chargés de la défendre... contre elles-même en quelque sorte, comme on manipule du TNT, et de s'efforcer, sans y parvenir, de la croire et faire croire au service du bien et de l'idéal qu'elle ne peut que nier par principe, n'étant plus, transmutée vers le bas, depuis Constantin par exemple; que pur moyen de pouvoir et de domination. Instrument sécateur, sectateur. La séparation plaquée mécaniquement non seulement empêchant toute union mystique vraie, mais provoquant toutes les perversions d'un système de contradiction pure et d'auto-annihilation, vendu comme un équilibre supérieur démocratique low-cost.



Le contrat social et culturel, retapé plus que bâti sur ces cendres froides permettant une collectivité réaliste de gestion et de co-gestion par délégation et séparation des pouvoirs, ne peut, contre toute vérité personnelle partagée, ni vivre ni même fonctionner : la transplantation, après lavage des cerveaux et des racines, ne marche pas.

 Elle n'engendre que des rejets et des lois anti-rejet, envahissant tout l'horizon, sans jamais pouvoir s'appliquer, ni traiter le mal, au contraire : les perversions ne font que se perfectionner au fil des complexités, tissant un tissu social ressemblant plus à une camisole qu'à une pacification des passions, finalement déchaînées contre un corps contraint et violé, de plus en plus obscurément soupçonné de toute responsabilité, évidemment à la fois à tort et à raison, ce qui assure la pérennité chronique de son suicide maladif, décadent ou fascisant.



Du petit lait idéologique pour toutes les jeunesse hitlériennes, bourgeoises ou révolutionnaires, multiculturelles ou culturellement pures à venir. Autant de belle matière première pour l'industrie culturelle de guerre et le commerce des armes idéologiques des propagandes globalisées...



La guerre propre n'est ni une déviation ni une subversion, comme la sale ; elle pare les coups en les déviant positivement : elle ne dégrade rien, elle régénère de l'intérieur, remettant en cause la source même des idéologies, leur obscurantisme rationnel, face aux vérités auxquelles elles croient et font croire s'attaquer comme à l'essence d'un mal imaginaire, essentialisant ce mal, comme si un mal pouvait être essentiel sans être vrai, donc en étant inessentiel, comme aurait noté le fin pourfendeur Stirner.



Cette guerre est droite, non dans ses bottes d'acier, mais dans son fil, celui de la non-violence et de la radicalité de sa ferme douceur. Elle questionne positivement la vérité de la vérité à laquelle nous croyons, soit au niveau du réel, soit au niveau du cœur, quand il bat et se bat encore. 

Non seulement cette guerre est désarmée, mais encore, elle est désarmante dans sa grâce inutile, si proche de l'oiseau symbole encagé dans glu puante d'un cliché devenu hors de prix.





mardi 20 janvier 2015

FORCES FRANÇAISES LIBRES # 4 HOMMAGE A JEAN-JACQUES AMPÈRE







HOMMAGE A JEAN-JACQUES AMPÈRE




« L'homme ne saurait vivre courbé sur sa tâche comme un forçat enchaîné à son labeur, sans que rien l'élève et le soutienne au-dessus de la vie commune. (…) l'enthousiasme et la poésie renaîtront, ou le genre humain mourra ».

« Son armure a donc été trempée par la Germanie, bénie par le christianisme, et blasonnée par l'Orient. »



La Chevalerie, J.J. AMPÈRE 




On dirait du Bernanos.


Pour Jean-Jacques Ampère, fils duXIX ème, la Chevalerie fut « le plus grand fait moral et social des temps modernes ».



Il la définit d’abord par un sentiment : celui de la générosité. La générosité comme « combat désintéressé (…) pour acquérir l’honneur, sans mélange de passion égoïste ou haineuse ».



La générosité c’est « le bon côté de la nature humaine, (…) - la disposition qui se manifestera d’une manière éclatante et glorieuse dans le code et la poésie chevaleresque (…) contre les instincts brutaux et sauvages de la nature primitive ».



Nous ne sommes pas loin du Prince Kropotkine : Machiavel peut se rhabiller.

Pour Jean-Jacques Ampère, il ne fait aucun doute que la chevalerie « tient à une tendance naturelle à l’âme humaine » et qu’elle en est l’une de ses « réalisations ».


Comme dans n’importe quelle civilisation authentique, elle peut s’incarner par des sentiments ou des mœurs où l'on peut déceler, sentir vibrer et s’exalter une sorte de grand accord entre les hommes, figurant une harmonie remarquable, féconde, libertaire et fraternelle.

Il ne fait pas de doute que cet instinct (entr'aide ou coopération) fait pendant à celui de volonté de puissance, de domination et de possession, ou à la loi dite de la jungle.



Cette merveille a, principalement, en occident, dû son éclosion au à un Christianisme précis plutôt qu'à un autre, mêlant son sang à l’esprit guerrier germanique, mais produisant l’exact inverse du fanatisme ou du fascisme, dont elle est finalement l'une des rares alternatives, à quelque niveau ou terme que ce soit .


Bernanos, dans tous ses Écrits de combat, n'a jamais cessé de rendre des hommages éblouis à cette chevalerie-là, ceux de l'enfant qu'il fut et que nous fûmes beaucoup aussi, en des temps pas si éloignés.



La Chevalerie, fruit de l'esprit de jeunesse et d’enthousiasme, d’où une cette alliance – pour ne pas dire alliage – de joie et d’énergie, trempées dans un sentiment aussi élevé que naturel, et qui, peut-être, pourrait être comparé, sur un plan universel, à l’instinct maternel, dans son bon côté, ou encore à l'instinct paternel du loup, et à bien d'autres exemples, si l'on voulait se donner la peine de chercher (des alliés) là où il y a quelque chose à lier d'autre que de la folie collective ou de fausses grandeurs, celles de la puissance pure.



Comme ces instincts, trop souvent niés en tant que tels, le dépassement, ni égoïste ni asservi de soi et des lois dites élémentaires de la Nature, donne l’occasion à l’humanité la plus ordinaire d’atteindre une certaine dimension, extraordinaire, mais aussi profonde, crevant et faisant voler en éclats les vieilles malédictions gouvernant ce monde dans le sens, si pratique et si utile, mais aussi, si vain de l'obscure destruction, qui n'est nullement la mort, mais plutôt son clone désespérément prétentieux, sa caricature nihiliste.



Mais, comme toute chose, comme la grâce elle-même, il faut bien que ce prodige, que ce miracle, ait une source secrète. Quelque origine, précédant de loin l'obscurcissement, pour ne pas dire l'obscurantisme, de nos soi-disantes et bien trop humaines sciences. Il n'y a pas de science de l'humain, il ne peut y avoir qu'une humanité de la science.



Source poussant ses invisibles racines dans l’ombre même du mal, et, pour ainsi dire dans son dos… par et dans, à travers, et transcendant (n'en déplaise aux esclaves besogneux et butés du servile « réalisme ») une sorte une lumière cachée là, tout à la fois ridicule et parallèle : on imagine Dom Quichotte, bête noire, terreur et supplicié d'un monde prétendument beau et utile , bouc émissaire donc, tête de turc des « docteurs du réalisme », du Dieu et d'un esprit de vieillesse assis sur le monopole, auto-déclaré éclairé, d'une modernité agenouillée dans la boue, et le dogme d'un relatif émasculant, à défaut de cœur simple ou de pur absolu.



Que sont devenus les « Troubadours » ? Ceux qui Trouvent ?



Le Quichotte, armé de sa seule maigreur d'acier, burinée à la Giacometti, explosant les baudruches alimentant les moulins à prière des logiques obligées ou à fausse parole, solitaire, la voix tremblante d'émotion, comme celle d'un Brel ou d'un Glenmor, illuminant, hors toute rationalisation perverse d'apprenti-illuminati, le cœur humain d'une chaleur à la fois spirituelle et toute terriennement touchable et caressable.



La vraie modernité est-elle un acquis, un maquis, par delà les guerres inter-culturelles « éternelles »  du temporel ?



Elle est bien trop ancienne pour cela, trop libre aussi : elle n'est à vrai dire qu'une résurgence permanente et insubmersible, même sous toutes les rivières pourpres.



Quand tout « honneur », tout sentiment authentique de soi n’est que combat d’où la gloire ne peut être totalement éradiquée, même par tout l’argent du monde. Quand il y a l’enfance, celle du monde, celle de l’art, celle de l’esprit, celle de l’instinct, celle des choses. Mystère définitivement absolu, fermé aux yeux du mal même au pouvoir des savoirs.



Le mal est un œil crevé par l'éclat aveugle du jour. Celui de Caïn et d'Oedipe.


Cette part d’ombre qui reste éternellement à annoblir, cette « part maudite » à re-transcender toujours, peut-être en énergie créatrice plutôt que destructrice, comme l'art, l’innocence, la patience, la violence du refus, l’espérance, l’ignorance enrichie, la liberté, la souffrance et la mort.



Contre laquelle viendront éternellement buter toutes les illusions du pouvoir, du savoir et du croire. Lourde porte, provisoirement fermée sur le mal relatif obligatoire qui ne se met à l'école de l'Absolu, finalement, que pour annoncer la connaissance extrême, ultime, vraie : celle des limites absolues retrouvées à établir pour de nouveaux cycles relatifs. La vie est un combat qu'il est beaucoup trop facile de confondre avec la basse anarchie du désir de puissance.



Illusion au delà de laquelle est ce qui est, éternellement renouvelé, détourné-retourné et que ne franchissent que ceux qui, d'ores et déjà, ne sont plus ; plus soumis à l'espace-temps domestique d'un monde secrètement relégué, obscurci, sali et si supplicié, montés sur le Cheval Ailé des anciens Celtes convertis

Cette famille ancestrale d'Europe, fil de nos forces vives françaises éternelles, dont la droiture sans rigidité avait fait déesse de la guerre propre, une femme, presque comme les Grecs, et tout près des Vierges de Vérité, loin des barbares bestiaux du Temps Cannibale.



Merci Monsieur Ampère.



Merci : honneur et gloire, hommage à J.J. Ampère pour la puissance non violente de son éclairage, de son « ampérage »... relais perdu d'une jeunesse « débranchée » de la Vérité, arbre mutilé, saignant la sciure parfumée de sa force souillée, violée et brûlée, apeurée et affolée, pervertie par la lame corruptrice. Nous avons les jeunesseS hitlériennes que nous méritons, mais surtout combattons-les sans haine, avec le respect du plus haut refus face au malheur du mal fabriqué, à l'horreur systémique et à ses enfants-soldats fascisés.



Léo Ferré, se reconnaissant pourtant « bourgeois anar », chantait : « Quand on coupe un arbre j'ai mal à mon bras. »

Léo, « prophète » perdu crachant, bien trop tendrement gamin des rues perdues, dans la soupe de Dieu, avant que Mozart ne le ramène à la divine raison du Combat. « Ces copains-là, c'est de la merde ! »



Amen, Petit!

Tombée de rideau brutale sur le drame éternel de l'honneur et de la grâce humains perdus! Et contre l'horreur, enfin ! encore prosternée, le temps de sortie nécessaire du bad trip et du crash de ce qui les remplace, comme un gouvernement provisoire, avant la Libération, redoute le lancement irréfragable des forces libres, l'offensive finale fraternelle, non la lutte finale fratricide.

Amen, Petite ! 



Merci à l'Ample Père, si loin du patriarcal en fonctionnaire d'État.



dimanche 18 janvier 2015

FORCES FRANÇAISES LIBRES # 3 LE PRIX DE LA SPIRITUALITÉ PERDUE




Dans un monde où personne ne croit plus en rien d'autre qu'en la puissance humaine, les néo-fascistes pseudo-islamistes se tournent vers une foi absolue dans l'au-delà de nous-mêmes, que nous avions, nous, abandonnée depuis longtemps, et qui leur permet de "construire" la puissance pseudo-transcendante d'un nihilisme nouveau, infiniment supérieur au nôtre, si on peut employer ce mot dans un sens négatif. Manœuvre qui  n'est donc que provisoirement pire que les nôtres (les nôtres au sens de responsabilité / imposition collective) nous pouvons nous faire confiance...



Ce nihilisme-là, appuyé sur le Coran comme celui des nazis s'appuya sur la critique du trop-humanisme nietzschéen, et sa juste aspiration à un dépassement de son nihilisme de bassesse, permet aux fanatiques haschichins du faux Islam, d'utiliser le juste manque de confiance en l'homme du vrai, pour dépasser criminellement et destructivement, les limites de l'égoïsme et de la peur (qui font quelque peu perdre des points à notre moderne barbarie) : la terreur est une drogue dure qui donne les ailes idéologiques les plus puissantes à un pseudo-Islam dévoyé en idéologie politique de pure barbarie et de pure puissance, dans un sens (un peu comme l'est celle la bombe d'Hiroshima, chez nous, à chacun son ignominie).



Il est évident que Nietzsche, le premier, et le seul conséquent, avec Dostoïveski peut-être, a diagnostiqué précisément le malaise humaniste bourgeois occidental, dans ses contradictions les plus "retournantes", contre un marxisme peu profond, par son fanatisme matérialiste même. 

Il est d'ailleurs à noter, à ce sujet, l'étrange alliance, parfois, de celui-ci, désabusé sans doute après sa défaite, en occident, avec le pseudo-Islam. Défaite historique, liée à l'horreur terroriste de son international-fascisme, semblant avoir cherché des compensations quelque peu transcendantales inavouées dans celui-ci, avant même que ne se déclare l'étrange front des assassins promoteurs auto-proclamés actuels du pseudo-Islam de barbarie absolue. Enfin, il est tout aussi troublant de trouver des liens historiques, par delà les alliances idéologiques, entre national-fascisme et pseudo-représentants de l'époque d'un Islam toujours plus ou moins officiel.



Ce sont des faits dont nous n'avons pas les explication claires, mais dont nous n'avons, non plus, aucun besoin. Seuls compte la précision nietzschéenne. Qu'importe maintenant les retournements dialectiques d'alliances pour utiliser et instrumentaliser l'Islam et les musulmans ? Puisque le problème de la volonté de puissance n'est, au fond, pas celui de la puissance.



Par delà le fanatisme ordinaire anti-religieux de la puissance (versus anti-religieux), fanatisme béat partagé par presque tous dans notre système occidental décadent, qui, évidemment, nie toute valeur humaine autre que celle de sa puissance nue, ceux qui s'appuient réellement sur la force nihiliste d'un Coran dévoyé, ont compris qu'ils seraient matériellement plus forts que ceux qui s'appuient sur un nihilisme non transcendantal, un nihilisme trop humain, et travaillent ses contradictions comme le marxisme fanatique travaillait les contradictions de ce même système bourgeois, il y a encore si peu.



Ce nihilisme fasciste pseudo-islamique peut ainsi, en toute légitimité idéologique pure, nier tout humanisme transcendantal sécularisé de notre système technicien, poussant à la roue autant, sinon plus loin encore, puisque cet imaginaire re-verticalisé sans limite ni loi humaine dans sa négativité même, permet de nier toute valeur en soi, comme le faisait, mais moins puissamment, un marxisme fanatique au profit de l'immanence relativiste nihiliste de son scientisme révolutionnaire. 

La puissance de destruction est donc logiquement infinisable à outrance au cœur de masses fidélisées, soumises par cette violence pure qui fait transporter des montagnes au désespoir. La terrible perte de spiritualité traditionnelle des uns nourrissant directement le terrorisme idéologique moderne déchaîné des autres.

Sonner le repli sur des bases arrières qui n'existent plus ne va pas suffire. Il faut les reconstruire, non pas au sens constructiviste, mais en retournant aux sources, mais en écartant ceux qui  ont fait sauter ces bases en mettant en avant quelques arrière-pensées terroristes bien intégrées à notre actuelle et future désintégration. Sachant aussi que nous ne réintègrerons évidemment rien : les sources sont toutes et rien qu'être.


vendredi 16 janvier 2015

FORCES FRANÇAISES LIBRES # 2 LA VICTOIRE N'EST PAS UNE CULTURE






Après les massacres de janvier 2015 en France, après bien d'autres, ailleurs et avant, et avant d'autres, hélas, à venir, « nous sommes en guerre » ouverte contre une internationale fasciste qui terrorise le monde, prétendument islamique, comme il y a un prétendu État islamique. C'est bien de le dire, c'est mieux de la faire au plan exact, dont le contre-terrorisme vrai ne sera jamais un terrorisme de plus, et plutôt un en moins, absolument, radicalement.



Guerre ouverte non-déclarée (mais progressivement, par la force des « choses », reconnue comme telle), puisque aucun État reconnu n'y a d'armée régulière, que les interventions des Alliés sont officiellement des opérations de maintien de l'ordre, mondial ou local, humanitaires, ou directement sous directive ou mandat international.  

Opérations discrètes ou secrètes, spéciales, incompréhensibles, incohérentes au moins, imprévisibles, c'est certain, dans leurs conséquences, comme on énerve des fauves piégés.



Guerre, ouverte non-déclarée, qui ne dit pas son nom, anonyme comme certaines sociétés. Ce que les professionnels nomment guerre de l'ombre, guerre asymétrique, pour le moins protéiforme et totale, c'est à dire, depuis Hitler, pour la période moderne, ne respectant plus aucun principe humain, un peu comme une certaine économie, dite aussi de l'ombre.



Il y a, fondamentalement, une négation (nihilisme de principe) du principe et de la valeur d'humanité censés fonder une civilisation vendue comme avancée, celle à laquelle nous appartenons, ou plutôt, qui nous appartient. Négation moderne dans son officialisation et ses légitimations ouvertes à toutes les opportunités de vents mauvais. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne soit pas une résurgence, provoquée par une excessive pression civilisatrice technicienne sur notre nature, de barbaries plus anciennement bestiales et décadentes.



Guerre des civilisations, ont déclaré des gourous patentés assis à la droite de Dieu. Guerre des valeurs, guerre culturelle... Une chose est certaine : un certain type de guerre, la fasciste, pour être clair, ne peut évidemment jamais se réclamer de quelque valeur que ce soit, et encore moins de quelque culture que ce soit. Une vraie valeur, et encore plus, une vraie culture ne pouvant être jamais être vraie sur des positions particulières hégémoniques, n'étant jamais que des expressions déterminées d'une unité universelle, dont d'ailleurs, elles cherchent toutes, dans leur sale guerre de conquête, réussie ou pas, à se réclamer, activant une internationalisation cohérente et coercitive des désordres, pour nous illusionner sur leur potentiel spatial humain de puissance.



Les relativistes, à l'inverse, prônant des valeurs – souvent les mêmes, repeintes collectivisées, en défensive souvent plus guerrière et fanatique que l'offense elle-même, quand ils ne sont pas co-initiateurs des concurrences sauvages agitant la marmite, le melting-pot mondial. Actionnant, quant à eux, le levier des limites réciproques de valeurs dialectiques à réguler selon un principe scientifique abstrait ou un autre, toujours réductible à un religieux-culturel finalement très fondamentaliste dans son antithèse faussement équilibriste.



Principe que les libéraux dominants de tous poils, appellent, depuis deux siècles au moins, alternativement et selon les situations en main, le marché ou les droits de l'homme (au marché), tandis que de l'autre côté, on parle de progrès social, de bonheur social et de liberté sociale du genre humain. Ces Deux grandes tendances, activées l'une contre l'autre, enfonçant leur défenseurs attaqués dans la basse-fosse du marché captif de leur future traite normalisée, d'une manière ou d'une autre, une fois leur intelligence naturelle et culturelle annihilée en vue de leur élevage industriel intensif et de l'augmentation bassement corrélée de la production-consommation de marchandises répondant, toujours plus, à leurs besoins "libérés" de toute vérité humaine.



Ce prétendu choc des civilisations, – prétendu parce que tout ne peut jamais être que calculé au plus près, désormais – révèle, en fait, dans sa logique abstraite, l'activation extrême, dès la sortie de la première guerre mondialisée, de ces deux pôles destructeurs et destructurant du monde, avec l'évidente visée de faire émerger une loi mondiale de certains marchés multinationaux contrôlés, vitaux pour l'humanité.



Ce qui fut activé et l'est toujours plus, ce sont des extrémisations culturelles poussant à l'autodestruction culturelle mutuelle : chaque tribu fanatisée combattant l'autre, -- au milieu des sables mouvants des peurs et des désirs de puissance protectrice -- , s'abîmant, lentement, dans le néant fatal de sa propre pesanteur. Les bourbiers sont connus jusqu'à la nausée, la folie et le désespoir – que des médias en rut permanent ne cessent de renvoyer en représentation de notre démoralisation programmée, pour une jouissance malsaine, obscène .

 À ce niveau-là, celui de la jungle et du zoo, nul n'échappe plus au problème du mal. Ceux qui nient toute théorie du complot croient, autant que ceux qui la défendent, pouvoir y échapper. L'illusion est devenue la règle des réalités construites.



Dans cette guerre des ombres, on distingue une tendance majeure : l'annihilation mutuelle progressive des monothéismes du livre dans leur meilleur, éléments essentiels (– parmi d'autres, comme le polythéisme celtique ou grec –), qu'on le veuille ou non, de la culture et de la civilisation européenne, et en particulier, française. 

L'usure brutale ou patiente de ces sagesses traditionnelles, depuis l'effondrement central de 1914, ne peut que permettre de mieux faire sauter les anciennes digues mondiales du Marché. C'est ce creuset vieux de plus de mille ans, que certaines puissances, rationnelles modernes, aimeraient voir éclater pour permettre au forces obscures de la puissance de pousser leur démesure au maximum d'illimité uniformisé. Division, diversion, subversion et corruption des principes supérieurs sont les enjeux majeurs de cette guerre mondiale voilée.



Ce que la barbarie nouvelle proclame, c'est son éternité temporelle, contre le matérialisme complice des morales, c'est son sacré sombre ressuscité, depuis la mise à bas, l'abattage de masse, l'humiliation et la haine des justes, des sages, des saints et des héros qui firent nos valeurs européennes, et notamment françaises.

Ces grands, qui ont toujours fait notre honneur, dont on se servit de la grandeur instrumentalisée pour construire et justifier notre puissance culturelle, industrielle et commerciale hégémonique, bien trop souvent, imposée par la trahison, la violence pure, l'esclavage, la négation de la dignité et de la nature humaine.



Nous sommes confrontés à un retour logique démultiplié de, et à cette barbarie. Et ce retournement est aussi un retournement d'alliance : à la guerre comme à la guerre, puisque nous ne connaissons et reconnaissons que cela : l'autorité de la terreur et la terreur de l'autorité. Les horizontalismes réseautés post-modernes, leurres, provisoirement couchés, des relativistes de masse, n'y feront rien. La vérité seule, celle de Gandhi ou Luther King, a de l'avenir.



D'autant plus que la terreur post-moderne est d'abord électronique dans son contrôle des esprits. Elle suit le mouvement de mécanisation générale de la pensée visuelle décrite par Ellul. La terreur est donc technique aussi : c'est une technique, une technologie avancée de manipulation des esprits.

Ses images nous brûlent la cervelle, au sens propre, dans un meurtre symbolique de masse dont le nazisme fut le prototype fertile non définitivement stoppé. Il ne le sera jamais : on ne peut, historiquement, que le mettre à distance pour une période non déterminée, vu le passif.



On ne contient pas impunément la barbarie sans générosité musclée, celle qui fait horreur aujourd'hui, en faisant le lit sanglant de sa négation logique.
On ne contient pas impunément la barbarie sans esprit de chevalerie ni esprit de vérité ; sans une maîtrise traditionnelle des forces de la nature humaine. 
On ne contient pas impunément la barbarie sans une canalisation fertile et heureuse des forces instinctuelles, transcendées dans une culture dont le sens ne leur est pas séparé par l'imposture d'un pouvoir intellectuel soumis aux lois bestiales du marché – fusse celui des religions
Pas plus qu'on ne contient pas impunément les forces spirituelles incarnées dans un système purement technique. On ne nie pas la nature humaine : on la respecte et l'honore pour un dépassement heureux, loin des perversions révolutionnaires des réalités de cette vérité première.  
Cette négation historique des données de base de la vie humaine entraîne un déchaînement incontrôlable de folie criminelle la plus basse et la plus haute à la fois.



Dans cette guerre nouvelle, où l'absurde et l'arbitraire les plus cruels sont rois, la République de Platon ou d'Aristote ne tiendra pas sans un retour au sens, premier, commun ou bon, qui ne sont que les sens humains de la mesure grecque notamment, contre le retour de non-sens, issu du choc de notre folle démesure technicienne de puissance. 
Dans cette guerre nouvelle, sans retour sur soi et non au passé, il n'y aura pas de retour du tout : nous serons ou massacrés ou vendus. C'est la loi de la guerre, et nous y échapperons d'autant moins que nous l'avons déclarée au monde entier depuis trop longtemps, entraînés par des meneurs d'une espèce terroriste très proche de celle qui tente sa chance aujourd'hui.



Heureusement, notre culture n'a jamais été totalement impressionnée par la terreur, mais toujours par la grâce. C'est ce qui peut seul nous sauver : nous ne serons jamais de la race élue des vainqueurs. Vaincre n'est pas une fin en soi. Le V de la victoire n'est ni un acquis permanent ni un mérite inné ou héréditaire. 
La victoire n'est pas une culture, comme la liberté, c'est une nécessité tragique, comme l'amour, que nous ne pouvons que rencontrer, pas maîtriser. Cela, tout vrai Résistant le sait.
 
La grâce du don et le contre-don de soi, qui seule peut – hors toute propagande, inutile et nuisible, et même de l'historiquement vrai, puisque seul l'humainement vrai fonde notre culture – nous relier.

Nous relier Ici, dans l'Europe à venir, « de la Méditerranée à l'Oural », les uns aux autres, comme dans le film « Stalingrad ou L'ennemi aux portes » d'Annaud. Comme le peuple russe, nous n'avons jamais eu besoin d'historiens, de commissaires politiques ou de théories économiques pour nous expliquer le sens ou le non-sens de notre Histoire, nous le portons en nous comme un secret du cœur, qu'aucun média ne nous montrera jamais : la miséricorde de la guerre n'est pas technique. Secret, aussi, mieux gardé que ceux des services de renseignements du monde entier, celui du courage. Du courage muet dans la parole.

À ce propos, n'oublions jamais la leçon posthume de De Gaulle, dont nous faisons aujourd'hui les frais de ne pas l'avoir suivie : un peuple de marchands ne peut que vendre ou se vendre. Nous n'avons rien à négocier, au contraire de ceux qui sèment la terreur. Notre culture, pas plus que ne l'était celle des Indiens d'Amérique, n'est pas à vendre, elle est à prendre ou à abandonner, non à son temps maudit, mais au printemps spirituel qui vient.