dimanche 29 mars 2015

L'ART FONCTIONNAIRE






(À une professeure d'Histoire de l'Art.)

Hitler aurait pu être un grand artiste. Peut-être, mais à condition de ne pas avoir été Hitler. On ne peut pas vraiment accoler les mots art et nazi, et encore moins la chose : il y a hiatus. Le manque de continuité ne vient pas de l'art, évidement, mais dont les formes ouvertes ne le sont pas pour autant au nazisme, puisque celui-ci prend la forme du prétendu principe d'une race de seigneurs d'un nihilisme « supérieur », et que l'art, même celui du combat traditionnel au moins, est le contraire d'une négation, comme création continue.

L'alternative virtuelle artistique n'est ni une leçon d'art ni leçon d'histoire. Si dans le monde réel il y a une place pour les nazis, il n'y en a pas pour les artistes, sauf à faire de l'argent, comme tout dictateur patenté. Le rêve hitlérien relève d'un monde qui a perdu tout art dans sa dimension essentielle, donc existentielle d'abord. Ce cauchemar guerrier, lié à 1914 (…) et à des causes profondes cachées comme la honte indélébile, dont les effets unilatéraux et collatéraux, sont la perte de l'âme, avec ce qu'il en reste retourné, quand la marée mortelle se retire : le ressentiment.

Bien sûr, Hitler aurait pu être un artiste, et réussir. À sauver le monde, dans un sens. Il n'aurait pas sauvé ce monde de ceux qui ont fabriqué Hitler, et qui auraient pu fabriquer démon pire encore : n'est-ce d'ailleurs pas ce qu'ils sont en train de faire, en toute tranquillité relative, comme ils façonnèrent Hitler, en vérité, sans problème majeur ? Le fait d'être artiste, plus ou moins petit ou grand, n'a pas de rapport avec l'avenir du monde. L'art vrai permet un monde sans avenir, un monde vrai, ce qui est un scandale, si l'on veut bien voir que le devenir économique n'est que mensonge. L'art est la grandeur du monde, promesse déjà tenue qui n'a rien à vendre, pas même à une révolution de la vertu.

L'art ne peut avoir de rapport avec le nazisme, dans toutes les directions. Pas plus qu'avec le socialisme, l'argent ou même Dieu, si on y regarde de près. La sensibilité malade d'Hitler aurait pu se « satisfaire » elle-même de son art, et recevoir la fameuse reconnaissance que la haine de soi compensa par celle de l'art dégénéré, plus tard. Mais la racine de l'art n'est pas sociale : l'art n'est pas une sécurité affective, une paix sociale intérieure. Ne pas pouvoir être un artiste bourgeois côté peut provoquer la haine et le désir profond de recréer une bourgeoisie plus conforme à sa définition sélective de classe (...)

Madame la Professeure, on peut naïvement croire que le nazi n'était pas encore dans l'artiste. Si ça avait été le cas, il n'y aurait pas eu, effectivement, d'Hitler, et celui-ci n'aurait pas eu besoin de tuer l'artiste pour devenir l'architecte maudit d'un ordre d'inhumanité néo-romaine nihiliste inédite. Hitler n'aurait pas pu fonder sa nouvelle religion  « pour 1000 ans », partie pas plus négligeable que mesurable de notre modernité « pratique » courante depuis. Il n'y a jamais eu de place pour l'artiste authentique dans cette modernité, pas plus qu'en Hitler lui-même ! Il n'y a que de mauvaises gens de gauche, ceux de la progressiste, pour croire de pareilles histoires de l'art.



samedi 28 mars 2015

BALANCIER DE NEWTON - LES INVERSEURS # 2




« Le Balancier de Newton est une expérience célèbre : plusieurs billes alignées les unes contre les autres sont suspendues par un fil à un support. Lorsqu'on met en mouvement plusieurs billes à une des extrémités du dispositif, en les lâchant d'une certaine hauteur, elles viennent percuter les billes restées immobiles. On a alors le même nombre de billes mises en mouvement à l'autre extrémité du système. »



Le monde bouge, il ne change pas : il avance dans la course folle tranquille de son espace temps sauvage et nécessaire, le besoin de son destin, l'idéal de sa métaphysique – mais il ne change pas. 

Fidèle à l'enfance humiliée, à la race interdite des racines, à la nuit des sources souterraines. C'est les racines de la nuit que ces malades veulent mettre à jour, quand tant d'autres veulent éradiquer la nuit elle-même, comme on émonde l'arbre du monde au printemps du mal. 

Ces jardiniers-là sont les Grands Déforesteurs, mais la lumière du monde n'a que le sens vivant du nouvel éclos sur branche. Les inverseurs ne travaillent, à terme, qu'à leur propre renversement – sur lequel ils ne sont qu'assis rimbaldiens. 

Ils ne feront que faire bouger le monde : leur course à l'abîme lui redonnera l'élan nécessaire pour remonter tout en haut, sans eux, à son point de départ exact, immobile.





mardi 24 mars 2015

NATURALEZA MUERTA (À LA LUNAIRE # 1)






Avant même que science et philosophie n'aient plus aucun besoin sensuel de Dame Nature, ces humains-là l'aimaient d'un amour – non pas comme science et philosophie leur dictaient qu'elle devait être, dans une sorte de devoir de papier, comme il y a des richesses de papier et comme il on leur dicte doctement aujourd'hui ce que doit être Femme ou Homme, parée de toutes les beautés idéelles spéculatives cosmétiques qui font nos misérables fantasmes et la dérisoire puissance imaginaire de l'humanité moderne – , mais telle qu'en elle-même, sans moi, dans la raison supérieure d'une passion an-historique, dans la grandeur et la beauté offertes et partagées de sa sensuelle divinité, devant laquelle ces humains-là s'agenouillaient de joie, comme on boit à la source, cette joie biblique non orthodoxe, naturellement dissidente d'un humain institué au cœur salement soumis du divin, naturellement fusionnelle, joie d'une co-naissance animale "de...à" l'être un infini du monde, de ce qui est, universellement.

Ce que science et philosophie, ou religion, apportaient à ces humains-là était de la divinité de vie, non de la basse domesticité technique aliénante.

Un approfondissement du mystère d'une joie sauvage, non encore contractualisée, dans une liberté faite de soumission amoureuse, consentie ET éclairée, avec la divinité du naturelle du monde, de la Création, plutôt qu'à une domination obscure et intellectuelle par son objectivation esclavagiste cartésiano-sadienne dégradante en bas environnement de la domesticité humaine impériale romaine d'occident. 

 Cette mise en périphérie scientifique de la Nature est une abjection en soi, une pornographie vénale-libérale plus basse encore que ce que les révolutionnaires de la révolution sexuelle au service du système de gestion des pathologies du troupeau industriel inventèrent pour libérer nos clones de notre nature et les ramener à Rome

Cette périphérie distante et séparée est la racine du mal moderne, sa « maladie de la vache folle » quand nous songeons sans consolation, à la ruminante nietzschéenne dans l'éclatante, la lumineuse, la laiteuse beauté  de ses vertes mamelles.




samedi 21 mars 2015

ROBOBEES, NOUS SOMMES TOUS ABEILLE




« Connaissez-vous les « robobees » ? Dotées d’ailes, d’antennes, et d’appendices de pollinisation, ces drôles d’insectes métalliques posséderaient plusieurs points communs avec les abeilles. A ceci près qu’elles sont électroniques. Ce projet de « mini véhicule volant » est développé par des ingénieurs de l’université de Harvard, en collaboration avec des firmes high-tech. Les « robobees » sont des robots volants dont le cerveau artificiel est calqué sur celui des abeilles. Selon ses promoteurs, cette invention pourrait remédier à l’hécatombe de butineuses, qui meurent par centaines de milliers, sous l’effet ravageur des pesticides néocotinoïdes. Et contribuer à la pollinisation des plantes. »

(Les robobees des insectes électroniques pour remplacer les abeilles – Menaces sur la biodiversité, bastamag.net)



Forte mortalité des abeilles en 2014 : pesticides, monoculture, « dégradations de l'environnement » diverses et variées... Par delà les explications connues de tous, les indéboulonnables lobbies de l'Agrochimie n'encouragent évidemment pas beaucoup à sauver les abeilles, nos mères, nos soeurs

Ils ont sans doute des intérêts liés avec ces nouvelles technologies de pollinisation « fleurissant » en paradis californien... après avoir été méthodiquement pollinisées dans les cerveaux mécaniques du cercle des savants disparus*, dans le Grand Cerveau Faustien en ébullition de la future agriculture artificielle, alors que presque la moitié des abeilles sont mortes cet hiver 2014 en France et que 2015 promet d'être aussi mortifère.



Une montagne de preuves scientifiques sur les origines de cette extermination de masse programmée, apparemment, par défaut, a été accumulée, feuille par feuille, depuis au moins 20 ans, mais les ministères concernés continuent de « bloquer » toute résolution parlementaire visant à s'attaquer aux source du génocide passif des abeilles.

En quoi les responsables de notre bon État dit de droit, de notre belle société dite avancée, nos bons et dévoués gouvernants sont finalement plus coupables que les nazis du business qui les soudoient et les forcent : ils ont été élus, eux, pour respecter et faire respecter ce qui est conforme aux principes qui fondent notre République, et qui ne peuvent en aucun cas se confondre avec ceux d'une Loi des Affaires.



Loi de l'Argent, du monothéisme de l'Argent, qui s'estime, lui, dans le cynique et obscène spectacle de ses signes extérieurs de richesse de foi, exempté de l'application du principe de la séparation de l'Église et de l'État quand, par ailleurs, notre belle République persécute gaiement tout signe d'appartenance à une religion non monétaire dans l'espace public, en concurrence ouverte avec son ordre neutre (et sans odeur) – qui n'est pas neutre

Si les signes de religion sont des obscurantismes et des atteintes à la liberté laïcisée de conscience, il n'y a aucune raison qu'une basse religion de l'argent, qu'un culte primaire imbécile et leur propagande utilitariste et égoïste intégriste « fassent la loi » dans notre République.



À ceux qui, essaieraient sournoisement de nous faire passer pour de dangereux terroristes écolo-intellectuels de l'utopie communiste ou de l'idéalisme bourgeois, nous ne pouvons que conseiller, simplement, d'aller voir un peu de près comment la société des abeilles qu'on liquide en silence conçoit le « vivre ensemble », l'ordre naturel et social, et la pratique de la vie quotidienne. 

Il y a plus d'intelligence et de vérité pratique dans une seule vraie ruche que dans toutes les théories scientifiques de l'humanité. Mais ce trésor de savoir et de culture est en train d'être détruit, comme d'autres, moins dissimulés dans l'horreur intérieure de leurs simulacres, détruisent "sincèrement" des statues millénaires... en plus des vies. Mais le grand livre de la Nature est bon pour le bûcher des sciences modernes... Le monde des abeille est une mécanique froide, « techniquement » facile à remplacer.





« Afin de remédier à la disparition des abeilles, au lieu de se remettre en question, les hommes préfèrent s'appuyer sur les nouvelles technologies. Ainsi, des chercheurs de l'Université Harvard et de la Northeastern University ont inventé le Robobees. (…) Le robot reçoit un budget de 2 millions de dollars par ans sur 5 ans pour son développement, il est donc considéré comme une priorité et montre l'urgence de la situation. Muni de deux ailes très minces battant de façon presque invisible à une fréquence de 120 battements par seconde, le RoboBee est capable de réaliser des vols contrôlés. Grâce à des charnières flexibles en plastique, ce robot miniaturisé est articulé et permet aux ailes d’être commandées de façon autonome. » (http://abeilles-tpe-2014.e-monsite.com/pages/pages/les-consequences-de-leur-extinction/la-pollinisation-en-danger.html)





* « On sort rarement du village; beaucoup de savants, leur spécialité mise à part, sont bornés et peu cultivés, ou, s'ils s'intéressent à quelque chose en dehors de leur travail scientifique, il est très rare qu'ils mettent cet intérêt en relation, dans leur esprit, avec celui qu'ils portent à la science.(...) tous ces mobiles et d'autres encore se mélangent chez les habitants de ce village, comme chez tous les hommes en proportions variables. Ce village, comme tous les autres villages, est fait d'humanité moyenne (…) Il a des traits singuliers ; ainsi le fait d'être périodiquement bouleversé par de changements de mode (…) » Simone Weil, À propos de la théorie des quanta.






jeudi 19 mars 2015

LE LANGAGE DES OISEAUX





Cher C.



Le monde des oiseaux ne peut pas être séparé de celui des humains, ou plutôt c'est l'inverse, mais l'humain étant séparé de lui-même autant que des oiseaux, la référence ne lui appartient pas, les oiseaux, eux, appartenant à un monde qui ne leur appartient pas, alors que l'humain considère que le monde, qui n'est pas plus celui des oiseaux que de l'humain, lui appartient. 

L'essentiel étant de retrouver ce monde que les oiseaux, comme beaucoup d'autres, n'ont jamais perdu et qui, n'appartenant à personne, est partagé de tous.



Le religieux n'a pas de tâche, il est une « fonction » qui est de tout relier à tout. Et de permettre ainsi une vraie science.

L'humain ne donne pas de sens au monde pas plus que le monde a un sens humain. L'humain véritable est relié au sens du monde, qui ne lui est ni étranger ni soumis. L'humain est unifié en lui-même quand il l'est au monde : la nature, la culture, l'appartenance (…) ne peuvent avoir que, et aller dans ce sens qui ne lui appartient pas, à l'inverse de ce que voudrait l'humanisme contre-nature. L'humain n'est la mesure de rien, il ne l'est même pas de lui-même...



Si ma culture est chrétienne c'est par un hasard de racines nécessairement naturel  qui fait qu'elle pourrait être bouddhiste sans que rien ne soit changé à ses principes de base ou à sa nature universelle première, puisque tout vient des noces du chamanisme et d'une certaine spiritualité du cœur, plus que d'une église, d'une révélation ou d'un dogme, et encore moins d'une philosophie ou d'une science.



Comme nous sommes les oiseaux, nous sommes aussi cette rivière à l'agonie, si la condition que nous leur faisons est anormale c'est que nous sommes sortis depuis longtemps de la normalité naturelle et de sa mesure commune : nous ne connaissons plus que l'égoïsme humaniste qui nous place au centre d'un tout qui n'est plus rien ni personne ni nulle part. 

En vérité nous sommes devenus l'utopie ce centre exclusivement humain qui exclut la nature et la seule façon de la retrouver est de s'éloigner de ce centre de mort – la ville.



Je ne crois pas que nous devions nous nourrir les un des autres, mais que nous pouvons nous nourrir ensemble de la nature retrouvée et relevée, dans sa physique et sa métaphysique, dans sa matière et sa spiritualité, hors de tout système philosophico-religieux. 

Cet esprit qui est à leur origine première dans son corps mystérieux et infini – Univers ou Création, peu importe son état en nous, si nous pouvons encore sentir le sens de son souffle d'Animal-Monde.


ARCHE DE NOS PIEDS






On change l'inéchangeable in-changeable en faisant croire qu'on a changé de l'interchangeable : fantasmatique perversion du devenir que, et qui permet l'illusion anthropocentrique de croire tenir et violer la sauvage virginité de l'éternité.

Nous sommes là devant la figure humaine propre de l'absurde contre-naturalité de la négation de nos limites, rejetant sur l'univers entier l'origine de la faute inexcusable à chaque fois que monde fait ses comptes et nous présente nos cruelles vérités dans le miroir de l'intouchable réalité. Monde, mal fait, le monde est toujours à changer... en fin de comptes.

La fin de cette tragique histoire sans fin, avec toute la divine comédie humaine, à la fois dantesque et si pitoyablement balzacienne qui va avec, augure inéluctablement des temps proprement métaphysiques, au sens de au delà non seulement de nos limites, mais encore au delà même de toute action humaine, de toute pensée ou mesure humaine. 

Temps contre-renaissants renaissant de cendres antiques héroïques et légendaires que l'incendie volontaire de la modernité matérialiste avait cru pouvoir enterrer sous des montagnes de calculs humanistes purs.

Pour ce qui est de la ligne humaine concrète poursuivie sans issue, mécaniquement depuis la mort de Dieu dans la tête de nos désirs avilis de puissance biologique virtuelle, fabriquée par la première perversion du devenir vrai entre les murs du camp de l'imposture repeinte en science nouvelle, l'utilitarisme libéral n'a fait qu'utiliser la force négative de l'idéologie progressiste de gauche pour envahir et ouvrir à la colonisation intérieure de l'humanité éternelle, maquillée par son impitoyable maquignonnage et ses maîtres-chanteurs, en Ferme Modèle des Animaux dans une nature environnementalisée dans un temps pratique réifié.

Mais la libération de la force d'impuissance induite dépasse déjà toute imagination et la réponse du monde ne se fait pas attendre : la balance poursuivra jusqu'au bout son immobile ras-de-marée de vases clos infiniment communiquants

Savoir nager n'est plus affaire de savoir ni de vouloir : seul un certain amour universel sauvera chaque être particulier. Face au déluge Dieu montre partout dans son absence qu'il suffit d'une arche spirituelle pour tenir debout, pieds-nus sur la terre-mère et marcher sur les eaux montantes...







mardi 17 mars 2015

LA VÉRITÉ # 17 VRAIS AU BORD DU GOUFFRE




A partir du commentaire du post de Clausd LA NATURE (3) du 16/03/15


« L’être humain a instauré le principe de la fragmentation et de la dualité physique, psychique, idéologique, métaphysique…comme base du « vivre ensemble » avec les dissensions et les violences qui en découlent directement et indirectement. »
Pierre Rabhi, Manifeste pour la Terre et l’humanisme

Il nous faut donc non « restaurer » un ordre ancien : cet ordre a été détruit, mais combattre l'ignorance, la superstition, l'arbitraire, l'imposition violente et cruelle, inhumaine d'un nouvel ordre, fou et criminel par la raison, la science ET la « foi » en la vérité par laquelle celles-ci tirent leur force essentielle de vie et d'action, de sens, non unique mais unifié. Combattre ce qui obscurcit et noie l'ordre éternel du monde au nom de vérités humaines soit-disant nouvelles, « adaptées » à une humanité dégénérée.

Combattre l'absurde non de notre condition humaine, mais de notre conditionnement d'humains déconnectés de la réalité, enchaîné aux réalités fragmentées de notre « désintégration intégratrice » à un système irréel et idéel, destructeur et contre-nature, obscurantiste et nihiliste. 

L'humain n'a jamais eu besoin d'être "conditionné" : il n'a besoin que de mesure et de justesse dans sa propre grandeur pour « être ». De même il n'a pas besoin de déconditionnement pour se libérer : il demande juste que cesse le conditionnement du système.
A chaque mot, chaque avis, chaque parole, chaque geste, chaque attitude, chaque position, chaque pensée, chaque désir : le système est un tout, une globalité. Faisons face avec notre « tout » à nous, irréfragable, qui ne nous appartient pas plus que nous ne l'avons fabriqué, comme le reste du monde, qui nous vient d'autre chose que de la production globale du moi standard de la matrice.

L'intouchable est en nous, au fond du puits, parce qu'il y vit aussi, pas dans une option électorale, même si celle-ci a son importance relative et nécessaire à assumer, comme chaque chose « existante » à prendre en libre compte  de ce monde colonisé par l'imposture millénaire d'une culture de remplacement.  

Face à chaque mensonge, non avec des vérités angéliques, mais avec détermination patiente et irréversible, naturelle, non violente, mais passant seulement par nous, comme par le reste non encore normalisé du monde

Que nous est-il demandé de plus que d'être vrais au bord gouffre ? Absolument rien, de ce rien qui fait tout.
 



vendredi 13 mars 2015

LA VÉRITÉ # 16 D'UNE VÉRITÉ L'AUTRE




Réponse commentaire remaniée à Anarcourge | 11/03/2015





"La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas.
La vérité de ce monde c'est la mort.
Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi."



L.F. Céline





Combien Camus avait raison de dire que le suicide est le problème le plus important!..

Vous citez cette sentence, si rare, si désespérée et honnête, de Céline, en marquant beaucoup de points d'un coup. Après, tout dépend de la façon de voir et recevoir la vérité de cette haute vérité, dévoilée par ce génie d'abord d'humanité, à mon sens. Mais cette vérité n'est qu'humaine, et même qu'occidentale. 

Et même en Occident, ne concerne t-elle  pas uniquement, comme pensée unique, à la fin des fins, que notre triste part maudite, restée malade généralisée comme un cancer, mais d'une vaste culture invisible, bien réelle, mais éternelle ?



Sentence implacable non pour l'humain, plus précisément, mais pour ses systèmes logico-industriels à vivre actuels, humain avili par un système de pure puissance, qui par son hégémonie génocidaire, se voudrait dominant (« le capitalisme a gagné. »). Pas pour l'homme vrai, l'indigène culturel d'une certaine civilisation, que la vérité et son combat maintient absolument écarté et étranger de ce système inhumain contre-transcendant, – humain ordonné et orienté qui a toujours pu et pourra toujours, ici et ailleurs, pour des raisons culturelles propres plus que politico-logiques (…), choisir entre le « mentir ou mourir » qui nous fracasse en masse depuis trop longtemps (1914 ?, et dont ce Céline, engagé volontaire à 17 ans, vécut la démence et l'horreur illimitées sans doute comme une incurable révélation.



Il y a ce que l'on peut nommer « l'obéissance consentie » d'un humain de bonne volonté à un ordre naturel propre qui le nourrit et le constitue avant même de dépasser ses magnifiques limites naturelles aujourd'hui salement transformée en handicap majeur. 

Obéissance consentie, oui camusien, qui n'est en rien soumission, comme si on devait être soumis à l'air qu'on respire, mais plutôt contre-don vital. Cette vertu de base, devenue, chez nos modernes cervelles massifiées de fausse intelligence, un vice moral dénoncé par... la corruption et à l'inversion généralisée des valeurs, « vice révoltant », répugnant donc, que le politiquement correct persécute au nom d'une fausse liberté, comme si la liberté pouvait se mettre en boîte, au rouleau compresseur idéologique, dès la maternelle, ce qui laisse effectivement peu de chance de sortir de l'alternative (désespérément ou cyniquement, ou les deux à la fois ?) pointée par un Céline centralement cassé, ce pantin que nous sommes presque tous devenus devant nos glaces le matin, notre ombre précoce.



N'étant nullement nihiliste, sans pour autant nier les vérités certains nihilismes, je suis pour partir effectivement d'un Céline, de ce désespoir immense qui crève en nous, frères humains « du voyage » sans fin ni fond (et là je pense aussi, incidemment, à un film comme « Coup de torchon » de Tavernier (…), pour aller vers une liberté qui est aussi en nous (et encore plus profond!), depuis bien avant le début de la terreur systémique, et qui peut ne pas avoir dit son dernier mot, si elle le veut, dans la mesure même où celle-ci, dès qu'elle retrouve sa parole, comme chez un Céline à son mieux, justement, mais aussi chez n'importe qui qui se réveille, et retrouve l'incorruptible et irréfragable vertu de vérité réelle, libératrice de ce monde – créateur et création à la fois, par delà même l'humain, et qui est loin de n'être qu'une véritable asymétrie du mal, mais aussi et d'abord réponse et écho de quelque chose de beaucoup plus haut et grand que ce mal de salon ou de salauds, – au moins dans ce sens – , devenu tellement existentiel, pour les habitants innombrables du système mondialisé, qu'il va finir inévitablement par leur faire, au moins, de plus en plus toucher rationnellement l'essence de l'éternité terrestre première perdue.

Sans elle, c'est si vrai : le mensonge occupe toute la place, dieu très humain il est vrai, mais faux, beaucoup « trop humain », -- dans la direction escarpée mais libre au moins, pointé par un autre génie janusien, indépassable au plan "humain", justement, sauf à quitter la défroque humaniste puante qui colle à la peau du moi, nous encamisole le coeur et s'efforce ridiculement -- à en mourir de rire -- d'en tenir lieu. Combien de temps encore ?









mercredi 11 mars 2015

LA VÉRITÉ # 15 DE LA CULTURE

Reprise de réponse au commentaire de Levivien au post (et commentaire) de Mixité sociale, solution ou alibi du o3/03/15

 

Un combattant pour et de la vraie culture n'est ni un mercenaire idéologique ni un soldat fonctionnaire.



Le combat pour la vérité n'est pas une empoignade guerrière ni un enjeu politique. C'est un combat qui n'a rien à voir avec la quantité. Il s'appuie sur une transcendance, pas sur une descendance.



Le combat pour la vérité n'est pas une guerre civile, c'est un combat spirituel – contre soi-même d'abord, s'il le faut. La guerre civile est toujours contre une culture partagée. Ce que la vérité exige que l'on combatte, ce sont des idées et des valeurs fausses – pas la religion sécularisée concurrente de la vérité.



Mais j'entends l'argument : combien de divisions ? Heureusement la qualité humaine n'a rien à voir avec sa mesure politique. L'important n'est pas la quantité humaine, mais la vérité qui touche juste, au cœur, vainc l'angoisse et convainc la criminalité organisée du désespoir.



Le combat n'est pas de ce que sont les hommes en qualité ou quantité, ou si peu, finalement, mais de « ce qui est », qui les fait, les pousse, les grandit, les libère et bonifie, et qui a nom : Culture, non pas tant officielle et contrôlée, que transmise, vivante, créatrice, fertile, fiable, juste, lucide, libre et partagée.



Son combat de chaque instant est une attitude, un geste, une pensée, une écoute, une attention, une perception, une sagesse, un sentiment, une réalité, « une grandeur libre » qui n'a nul besoin d'être mesurée, étant elle-même mesure du monde.



Ce qui est vrai est rare ou plutôt raréfié, c'est pourquoi il appartient au futur, qui le re-découvrira bientôt comme les poilus de 14, au milieu de l'enfer, ont tout compris d'un coup, et pour ceux qui se sont sortis de cet enfer, l'ont transmis au monde, pour des décennies de résistance souterraine, un peu comme ces premiers chrétiens... Le combat continue.


 

mardi 10 mars 2015

L'ÂGE D'OR (PROLOGUE)






L'ÂGE D'OR (Prologue)

 Prologue extrait du commentaire du texte de Clausd : La Technique et l'Humain 5, Domestication.
L'ÂGE D'OR


***




« (…) en ce qui concerne l'activité morale, ce progrès dans la connaissance de la loi naturelle qui est l'exemple le plus irrécusable de progrès dans l'histoire de l'humanité. » Jacques Maritain



***


L'Âge d'or, vérité humaine éternelle plus essentielle que l'impressionnante réalité passagère de son éclipse destructrice. Il est parfois meilleur d'avoir tort en défendant une cause perdue que d'avoir raison en justifiant le pire dans son minable mérite d'exister.



Sa demande perverse de durer à notre esprit désorienté le temps d'une illusion, partagée comme un virus, à notre esprit malade, n'est ni acceptable ni acceptée.



L'ambition technicienne de nos temps maudits, dans les ravages de ses conséquence sur le vrai « milieu », n'est pas plus envisageable, malgré les puissantes « vertus » de sa « vertu » de

puissance pure, que ne le fut le nazisme, ni que ne le fut jamais toute forme de fascisme – avant que le monde n'entre en guerre sainte laïque contre eux. Ce mal absolu ne peut être combattu que par le la non-violence et la non-collaboration.



Jamais nous ne sacrifierons, nous, derniers mohicans gréco-celtiques chrétiens d'Europe, aucune forme de Sagesse ni à la Technique ni à la Science. Nous, qui savons depuis toujours qu'il n'y a de « magie blanche » que dans la divinité qui habite la Nature. 


 




À UNE... IDÉALE-BRUTE




Si vous êtes quelqu'une que j'admire pour diverses raisons, que et votre gentillesse et vos attentions finissent par me « toucher » beaucoup, par éveiller des sentiments « mêlés », tant mieux.

Ce serait évidemment mal de ma part de m'en plaindre, si vous les partagez un peu. Je sais que vous n'aimeriez pas plus me faire de mal que je ne voudrais vous en faire. J'aime autant les innocents affleurements de surface que la plongée libératrice dans hauts fonds dangereux. J'aime vos approches et abords naturels et spontanés, évidemment redoutables pour un vieux mâle blessé essayant de rendre une petite monnaie de sa pièce à la seule vraie vie subsistant en vous.

Je suis obligé de vous offrir honnêtement ces mots dont vous savez qu'ils sont difficiles à dire, mais c'est peut-être parce que vous avez su une fois m'en donner qui m'ont ému par leur pureté courageuse, dangereuse, que je n'ai pas oubliée, et que vous savez aussi ce que c'est que de se dénuder devant l'autre. 

Il est parfois si jouissif d'être dominé  en situation par une femme « intelligente », comme disait Vian.

Je n'ai jamais voulu blesser ou mettre un tant soit peu mal à l'aise l'inévitable « autre homme », par principe, et encore moins si il a des qualité humaines rares. Je me sens presque gêné, pas complètement libre de mes « mouvements », même si la frustration a des vertus secrètes qui valent parfois autant, mais presque par un hasard inattendu et béni, que la belle animalité naturelle perdue

Merci au formes rigides du système qui soulignent celle-ci en profondeur avec un mépris « utile » en vérité supérieure.


En tout cas et en tout, j'apprécie d'abord le concret et le brut, le vif du sujet, la franchise, les chose directes qui construisent et engagent jusqu'au bout dans un monde qui tombe, ruiné par le mensonge d'un idéal si pauvre-type.

J'admire l'esprit « pionnier », l'esprit premier et son grand dévouement à la cause, qui me semble surtout une obéissance consentie et heureuse, nietzschéenne en un mot. Mais toute vérité n'est pas bonne à dire au pays du vraisemblable de son semblable.

Je ne serais jamais un mâle accompagnant : je peux être un compagnon de route, mais demeure une sorte de vieux mustang qui ne se laisse monter que par une enfance pure : j'aime trop « la Mongolie intérieure ». L'âge m'interdit les jeux de rôle, la domestication alimentaire, et c'est très bien comme ça, après tant d'années perdues dans des obligations rituelles inconsidérément contractées. 

On place parfois tellement mal ses sentiments que pas grand chose finit par nous être épargné.

Vous me plaisez et me « partagez » en même temps, ce qui n'est pas un problème : c'est pour la bonne cause. Je vous vois dans votre enfant, qui court comme un feu, disait Bob Dylan, miroir de votre beauté sauvage et de votre force, votre courage de mère et aussi, sans doute, vos caprices. Étant sans doute aussi passionné que vous, je n'ai rien de plus à dire, comme le dit l'anti-héros du film Forrest Gump

En tout cas, ça serait dommage que je ne puisse pas dire ce que je pense, et que je ne sois plus libre de le faire. C'est pourquoi je me jette à l'eau du bain, librement.

Puisque je ne peux rien faire contre notre amitié, et trouve ça très bien. Ne vous en faites pas là -dessus. Mais comment aller plus loin en restant vrai ? Sans provoquer quelque remous déstabilisants ? On est toujours moins fort qu'on ne croit. Pourquoi ne pas laisser le temps et le hasard faire les choses qui doivent arriver, si elles le doivent ? 

J'aime maintenant plus la sérénité d'un l'absolu charnel et spirituel clair que l'excitation obscure d'un karma qui me déchire et me défie et me dépasse inutilement par ses jeux de hasard illusionnistes. 

J'ai plus confiance dans le destin qu'en moi-même.

Voilà. Le pied dans le plat. Sans en faire un, avec respect et délicatesse, Madame connue et inconnue et même nue.

 Je ne prends plus parti, je reste ouvert, mais conscient. Mon sexe éternel piégé ne m'empêchera pas de demeurer l'ange hugolien que je défends rageusement face aux cruautés abjectes de la vie déviée

 Vous êtes un soleil parmi d'autres, bien sûr, mais je ne peux pas me laisser aveugler par les illusions qu'il peut provoquer en moi, si je ne maîtrise ni ne m'accorde d'abord avec ce que vous y faites « lever ».

Savoir ce que vous voulez, le savez vous vous-mêmes, ou vous laissez-vous guider par un instinct « innocent », qui finit toujours par avoir raison de tout ?

C'est sans doute ce qui fait la force redoutable de l'éternel féminin, devant lequel je m'agenouille, mais sans avoir plus le désir stupide de lutter ni contre ni avec. Seulement naviguer librement à ses côtés, selon le temps qu'il fait et mon humeur océanique

Comme certains poissons salueurs rimbaldiens. Restant homme libre, dans sa plaisante douleur, de donner ou pas.

Pour ce qui est du féminin relatif, le moins que l'on puisse dire est que je suis loin d'être en accord sur tout avec sa culture et ses traditions – même si j'ai été, comme tant d'enfants, formé et déformé par lui, au propre et au figuré –, dont je ne prends plus que les qualités, sans toucher ni vouloir avoir affaire aux défauts d'usage (curiosité et attachement excessifs, socialisme relationnel privatisé, possessivité intégriste maladive, tendance latente et maternante à la domination, chantage permanent larvé, sentiments tyranniques, impulsions cruelles, esprit clanique sur-développé, égoïsme dissimulé derrière chaque intérêt essentiel, trahisons « involontaires » avantageuses, esprit négociateur dans l'âme du don, conformisme et soumission « inconsciente » à la loi du plus fort, attitude de défense victimaire, jalousies..., moralismes, religiosité de façade, manque de spiritualité, dégoût de la nature, bourgeoisie de confort... Difficile de clore la liste des caractéristiques de son programme révolutionnaire).

Mais pour ce qui est des qualités infinies que j'apprécie au féminin non laïcisé à la république des idées toutes faites, c'est très simple : il suffit d'envisager l'absence de ces tendances destructrices. Une utopie moderne, en somme !

Dans ce sens positif-là perdu, j'aime trop les femmes pour leur faire le cadeau insultant de ne pas exiger qu'elles soient à la hauteur de ce qu'elles prétendent être de droit naturalisé, reconnaissance non aveuglée des « vertus » qui doivent être les leurs, pour moi, et trop peu souvent à mon goût, pour elles-mêmes, quand elles se mettent à se mêler charnellement, passionnément des affaires du monde, où, avec ces vraies qualités instinctuelles de l'intelligence qui sont les leurs et qui leur donnent raison dionysiaque, non annexée par l'élyséenne réformée, quand elles les ont, ces qualités raréfiées, et qu'elles s'y tiennent lucidement jusqu'au bout, elles sont évidemment indispensables et irremplaçables, à mes yeux éblouis, tout autant que les hommes de bonne volonté peuvent l'être

Pour ce qui est des autres prétendues qualités féminines, les légalement établies, un peu trop socialement construites, elle me paraissent bien utiles au système, mais si nuisibles au monde !








dimanche 8 mars 2015

LE NOUVEAU CLERGÉ


Article tiré du commentaire intégral corrigé à Mixité sociale, solution ou alibi du 3/03/15, sur le blog Venator.



Au moment où le capitaine des pompiers monte au charbon pour simuler une prise en compte officielle à usage électoral de « toute la misère du monde » intérieur, découvrant violemment d'un coup d'un seul, après les « évènements » du 7 janvier, un apartheid « caché », voici un petit texte cité qui fait l'apologie du ghetto, et parle de ses « vrais enjeux » – cachés.

Celui qui parle appartient à un « ordre » convenu de la modernité, devenu, dans son ensemble, aussi peu ragoûtant aujourd'hui, sans que cela soit évidemment nouveau, que celui des ingénieurs des Ponts et Chaussées, par exemple, pour en citer un mal-faisant parmi bien d'autres.

D'abord le coût de la réparation prétendue, ou plutôt pré-vendue, d'une « injustice sociale » que la gauche, dans l'ensemble, est aussi loin de comprendre que d'y être étrangère par ses ailleurs collabo-libéraux-démocrates, ce "coût" ne peut être évidemment que plus élevé que si on ne fait rien pour supprimer les « avantages » inavouables d'une  situation à découvrir... L'économie n'a pas d'odeur... C'est pourquoi on reste dans le vague positif des suggestions, qui se gardent bien d'appuyer là où ça fait mal, mais caressent bien le sens du poil, qui comme chacun sait, n'en déborde plus beaucoup.

Ensuite, amis de l'intelligence spéculative bien conçue, des sas de « décontamination » sont nécessaires avec certaines « populations » (les urbanistes ont la bonne habitude, avec d'autres politiciens et décideurs, de nous obliger à accepter l'usage légitime et banal de ce terme pour désigner des êtres humains non encore normalisés pour une raison ou une autre, un peu comme l'éleveur industriel utilise exactement le même mot technique, pour exprimer le contraire, tout en allant dans le même sens : entendez unités finies en stock.). Il s'agit, ici, de matière première brute de décoffrage, non encore calibrée, si on peut dire.

Pour ce charmant sociologue-urbaniste (« mix » d'humanisme spécial qui peut difficilement être dépassé en termes de chiennerie de garde des pathologies du troupeau), pour ces maquignons d'hommes à parquer,
stocker et déstocker, néo-négriers des temps modernes juchés sur leurs vaisseau-amiral de béton armé, honorables artistes de notre belle urbanité adaptée ; pour ceux là donc, que des camps de concentration urbaine, dont on ne peut dire, sans exagérer trop qu'il s'agisse de ghettos, – terme sans doute réservé à des population juives, en des temps révolus (« c'était avant..., on a changé), existent, c'est bien sûr !

Mais ce dont il s'agit ne peut aucunement être défini par ceux qui les subissent, ces habitats-cités de transit : leurs sentiments sont trop subjectifs, et même, si l'éternelle et insupportable plainte des relégués avait quelque raison d'être, l'instrumentale, elle, ou le simple bon sens évidemment économique (entendez celui des élites, non le populaire) nous met devant le miracle de la transformation des tares en atouts : la valeur d'échange du cheptel doit être considérée en profondeur, à long terme, sous tous les angles morts.

En général, ces « populations » familialement regroupées, une fois normalisée, présentent des unités humaines de production sans doute en meilleure santé physique et de meilleure qualité à beaucoup moins cher que de vieilles unités indigènes françaises « de souche », aux bras usés d'illusions, cassés de fatigue répétitive, avachies et épuisées par un embourgeoisement d'assistance mentale consommatoire, vieux sang usé par des siècles d'industrie et d'enfermement climatisé urbain et de bourrage imbécile de crâne civico-catho. De ceci un Céline si parla bien... sans arriver à toujours tout comprendre, mais au moins il a essayé, lui, un docteur !

Ces unités mobiles, provisoirement fixées et concentrées, déracinées, en pot, d'importation récente, constituent « un sang frais » pour le système, chaud, ambitieux et primaire, libéralement activé dans son désespoir de parqué même, avide, pour s'en sortir, de tout faire, de se « défoncer » jusqu'au bout, jusqu'au burn out s'il faut, pour se montrer et montrer qu'il existe, bat et se bat bien, autant que d'autres populations si visiblement plus avantagées, sans qu'elle n'y soient, elles non plus, pour rien, avec lesquelles on les fait concourir... (Morituri te salutant... Ah ! Sublime école de l'égoïsme, de l'ambition, de la jalousie, des illusions, du pouvoir, de la puissance et du désespoir !)

à prétendues chances égales sur le papier de lois de pacotille quand aucune culture commune existe au départ, et ne pourra donc, non plus, être à l'arrivée ; qu'un repli communautaire dévoiera nécessairement les plus fragilisés des enfants d'en bas vers un terrorisme utopique mythique, comme le fut la bande à Baader, pour d'autres, plus fréquentables et éduqués, eux, en d'autres temps,, avec une belle cause humaniste en miroir du fascisme encore plus réel de la prétendue islamique paradisiaque d'aujourd'hui. Mais peu importe, au final, si la réussite passe par la délinquance : ça va plus vite et ça rapporte gros : de toute façon tout finit intégré, récupéré dans le P.I.B., le bien, le  mal, l'horreur, la fraternité, la trahison... vive la dérégulation du monde ! La morale n'arrêtera pas le Progrès !

Quand cessera la nazification idéologique de droite, de gauche, laïque ou religieuse, des gens, de couleur ou pas, d'importation ou pas, des vieux ou des jeunes ? Jamais : elle est consubstantielle au système technicien urbain, l'énergie négative du moteur à explosion. Nous sommes tous des enfants-soldats, sauf qu'il y en a qui le seront plus que les autres, qui iront plus loin dans l'horreur... cachée derrière nos bons sentiments, celle qui paie.

Ces enfants, ces mères ces pères des ghettos, dans leur ensemble, veulent tellement vivre et montrer leur valeur humaine marchande comprimée, que ce que les politiciens nomment la République, et qui n'est plus qu'une trahison verbale de plus en plus tragique, peut productivement compter sur eux, sur leurs belles illusions de battants de couleur, d'énergétique rebelles du mérite pour passer plus facilement, plus rapidement, plus violemement encore à l'inévitable choc multiculturaliste d'une modernité américanisée de frais, avec tout le terrorisme intellectuel et moral politiquement correct qui va avec, face à des autochtones décervelés rétrogradés par « le progrès », qui refusent de jeter aux poubelles de la modernité les certitudes stables d'une culture en démolition, en décomposition avancée. Les imbéciles !

Le « creuset » français à « l'international(e) » ne peut qu'être boosté par la natalité naturelle de populations mieux encadrées et formatées. La production industrielle de matière grise aussi, à terme. Sans parler du stakhanovisme au mérite républicain, de la fierté d'appartenir à la 5ème ou 6ème puissance mondiale, d'abord marchande de canons et de nucléaire, d'avoir intégré de droit, cela suffira, une industrie culturelle universellement respectée, même si elle ne respecte plus que des caricatures de valeurs « héritées » plus que méritées : la liberté d'opinion supprimant la liberté de conscience... Ça ira, ça ira dit la chanson! Voilà de vrais enjeux politiques dont on peut parler sans en parler, amis industriels ou banquiers. Voilà les belles valeurs implicites notre belle France bananière.

Comment ne pas avoir honte, non de la France des banlieues qui n'est que ce qu'on en a délibérément fait, Messieurs les sociologues-urbanistes de service, et qui doit, si on sait encore ce qu'est la dignité humaine, s'il est encore permis d'en douter, être effacée avec des excuses concrètes, et non des contritions verbales de bonnes-soeurs libérales-communistes quel qu'en soit le coût – en faisant la preuve d'une culture vraie, humainement supérieure ; oui, on ne peut qu'avoir honte de tous ceux qui ont fabriqué, froids comme des SS, cette horreur qui nous fait détourner la tête, plus calculatrice que pensante et bien faite, qu'on nous a greffé en retour de sécurité alimentaire à la place du cœur, du courage et de la liberté

 La vraie France, celle de la Culture, n'a jamais eu honte de ses enfants, elle ne peut que les aimer, les aider à aimer, à l'aimer, à s'aimer dans l'autre ; le reste est sale, c'est pour ça qu'il si hors de prix et qu'il y faut désormais toutes les mafias du monde pour oser y investir...

Mais la Culture, depuis qu'elle a des Maison d'Etat, des raisons d'État au lieu d'être maison commune, est aux ordres et à la finance, et malgré les apparences mielleuses des propagandes, il est bien rare qu'elle se lave et lave vraiment propre : elle se blanchit seulement, comme ces blancs de music-hall singeaient les orchestre noirs des rues. Nous sommes bel et bien dans l'alibi le plus bas, pur et simple, bête et cruel, éternel établi, rien que dans l'alibi, quand on sait ce que ce mot veut dire. Pour s'en convaincre, il n'est que de songer à ce que nous faisons chaque jour que Dieu fait dans les pays d'origine de ces « populations » : pillage et épuisement des ressources par tous les moyens, y compris la guerre civile, maquignonnage des flux migratoires et des « exils », l'État français, lui-même employeur de travailleurs illégaux etct...

Mais ceci est une autre histoire, une autre fable qui divise indigènes de souche perversement fascisés et autonomistes de l'international révolutionnaire-productif, tout aussi fanatisé... paysans de l'intérieur aveuglés de misère et de colère contre cosmo-bobos illuminés de Bavière, sur les moyens de s'américaniser par le vide, sans en avoir l'air : notre culture profonde était anti-fasciste ET anti-égalitariste ; mais dans l'exode intérieur qui nous pousse au crime « transcendantalisé » low cost de fête foraine d'aujourd'hui, (– la guerre civile, économique, psychologique, idéologique, sexuelle, raciale, culturelle – est une fête ! Ô retour consommatoire du sacré obscur...) qui s'en souvient encore ? La peur est déjà redevenue une valeur supérieure sûre d'avant-guerre

Réfléchissez bien à ce que vous croyez penser être dans le rien qui vous vient par le nouveau clergé sociologue-urbaniste de choc... Retournez bien sept fois dans votre bouche d'ombre la langue morte de votre défunte mère-courage avant de parler pour ne rien dire.