samedi 30 mai 2015

LE CAMÉLÉON




La corruption est un caméléon : comme un cancer, elle s'adapte au milieu où elle doit se développer. Il y a une corruption de milieu, qui ne tient qu'à cette médiation d'enracinement rhysomé, ce qui donne une puissance de radicalité peu commune à l'imposture qui s'y institutionnalise pour un temps relatif. Ce qui lui permettra d'avoir toujours un coup d'avance, la seule chose qui compte vraiment dans le temporel : le temps, le temps historique sacralisé absolument nécessaire au mal.

Faire croire aux « imbéciles bernanosiens » en colère contre un système formel d'argent gravé dans le droit refroidi de la jungle des codes, que l'argent sale, ou plutôt la valeur sonnante et trébuchante est le passage obligé, suffisant et exhaustif, du « chemin de la pourriture », comme le nommait Papillon, est un leurre dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences les plus dévastatrices sur nos tristes défenses relativistes d'une morale sociale dont l'agonie prend, décidément, des siècles.

Si le système économique technicien a la prétention utopique de pouvoir méthodiquement tout acheter et vendre, il trouve, évidemment, bien des limites irrationnelles sur lesquelles son délire hurlant vient buter violemment, dans sa conquête aveugle et impitoyable. C'est pourquoi la seule alternative qui lui reste est de rendre le système lui-même irrationnel, à la mesure des résistances naturelles et métaphysiques rencontrées.

Comme le bon vieux troc des anciens, le système d'échanges de « bons services » fait marche arrière, récupérant ce que la sagesse des nations de haute culture populaire avait, avant extermination systématique, de meilleur, pour le mettre au service du pire : l'échange de maux, de mensonges, de leurres et subterfuges, de subversions, subventions et diversions, de camouflages, discrétions, brouillages de pistes et autre mystifications réglées.

Le nouveau système de domination du monde ne se dématérialise pas seulement dans l'Internet, mais dans le sanctuaire de l'esprit de vérité lui-même qui permettait, tant qu'on ne pouvait le nier ni s'en passer, l'assise profonde de vérités de base permettant de stopper le relativisme culturel de l'échangisme colonial, au moins autant que de l'autoriser avec des limites, sous certaines conditions dites stratégiques ou vitales (…). Mais ces digues, en vérité provisoires et finalement faites pour être sabotées et transgressées, ont évidemment sauté. Il faut changer plus vite pour échanger plus vite : l'accélération du temps permet d'accélérer les temps!

Se passer du symbole monétaire concret permet d'autant mieux l'intraçabilité que lui-même l'autorisait dans l'ancien système. Intraçabilité du mal, tout comme le troc permettait le libre bien commun.
La toxicité de la corruption nouvelle vient encore de sa capacité d'adaptation à la subversion de toutes les valeurs vers un usage mécanique légalisant de son détournement : tout ce qui n'est pas interdit... reste provisoirement productif dans son indétermination relative même... Autant de marges de manoeuvre et de désordre dans l'ordre apparent avant régularisation finale : le jeu reste ouvert à tout, à tous les vents, avec les plus gros retours sur investissements sur les plus mauvais aussi. Il n'y a pas de manichéisme en économie, que des recyclages savants.

Cette ultime perversion, comme dans certaines religions en voie de décomposition avancée, n'est que l'ultime perversion rationalisée d'un perversion première, mais inadaptée, obsolète. Il faut des perversions modernes, fluides, productives, immédiates, à consommer sans modération ni surtout sans risque important.

Cette perversion nouvelle, plus efficace, celle, bien souvent, d'un droit purement vénal ou privé, permet l'achat et l'extention d'une zone de non-droit non encore réduite, comme ressource limite et qu'on évacuera progressivement pour une autre, en cas de réaction officielle défavorable. Pour cela, on fait subir une double pression inversée au monde, en privatisant le bien commun et en étatisant la vie privée, pour bien lui faire rendre son juteux. Cette sauce, la plus instable possible et donc compatible avec toutes les cuisines et recettes du monde, enfin vendue et imposée comme la panacée. La vérité n'est plus qu'une sauce de synthèse, normalisée, comme le système de comptabilité international.

Vérité définie par la loi des affaires qui définit chaque forme du faux comme contrefaçon particulière. La loi définit seule la vérité sociale. Le jugement rendu sur cette vérité historique est interdit au commentaire : le vrai officiel est exclusivement dit par la loi, ce qui n'est pas dit par la loi est donc potentiellement faux et par là-même, condamnable. Le vrai est donc devenu une catégorie de la logique, celle de l'État de Droit, elle même définie par une orientation ou une autre, donnée à cette loi. La loi n'est plus ce qui protège la vérité ni la personne, mais la fonde, la fabrique selon les besoins ou les circonstances et leurs « nécessités ». Finalement le vrai n'est plus qu'un mode de blanchiment de certaines pratiques : commerciales, politiques, morales. 

L'institutionnel est devenu le seul critère de vérité, d'une vérité d'État à l'état pur. Le reste, comme la vraie vie, ou la vraie Réalité, n'est plus qu'abstraction à réduire « avec le temps », comme disait Ferré. Le monde est refait dans l'ordre du vrai historique, celui qui permet tout. Dans cet ordre là, tout est possible : tout advient ou parvient, sous une forme ou une autre. Le caméléon y est poisson dans l'eau.




samedi 23 mai 2015

LA VÉRITÉ # 19 LA VIE À CRÉDIT (PHOTOGRAPHIQUE)





Le seul problème est le moi. Il faut lâcher prise. Tout ce que nous sommes et avons, sera dispersé. Comme les feuilles d'automne ou les pétales du printemps. 

Quelle est cette religion de soi ? Qui nous a convertis ? Qui dirige la conscience sociale de soi ? Cette conscience morale des autres ? Nous n'avons rien à voir avec cette superstition, cette imposture intériorisée, cette image, cette représentation égoïste du monde, cet égocentrisme spirituel, plus délétère que la corruption du plaisir à vendre. 

Il est sa couronne parfaite, la perfection de son vide producteur. L'avidité de  Psyché, le singe consommateur du cœur; sa jalousie calcine le plus jeune enfant et le transforme en pieux robot domestique.

Comment en sommes-nous arrivés à croire en notre personne sociale ? Par la terreur qui nous fait renoncer à notre personne humaine, sous le masque.



Défendons les films de Peter Weir, leur révolte au cœur de la tradition, face au commerce et à l'industrie spirituels de masse qui nous font porter ces masques ordinaires de clones dans cette guerre des étoiles et médailles, faite à notre vérité personnelle, à nos peuples, à nos cultures, l'honneur de nos sentiments et le courage de nos corps. 

Le seul problème est le moi, non le whitmanien, mais le cartésien, non le romantique, mais le psychanalytique, menoté à sa libido de carton-pâte hollywoodienne par les publicitaires de la consommation de soi dans l'autre et de l'autre en soi. 

La seule question qui compte vraiment c'est le narcissisme social, obligatoire et surveillé comme une transaction financière. Notre crédit en soi, notre « crédit photographique », comme on dit au cinéma. Sortons du film de nos vies rêvées en séries, entrons dans la vérité de ce que nous sommes.




jeudi 14 mai 2015

PRÉCIEUSE ENTREPRISE (LA BELLE ET LA BÊTE, L'ART PUDIQUE DE SÉDUIRE)




Défendez-vous la vertu d'Entreprise quand vous vous indignez, arguant que celle-ci n'aie jamais eu "cette idée-là" ou une autre..., ou accusez-vous celui qui pose la question convoquant l'esprit de cette question – comme on exécute le messager, comme on tance la bouche d'où surgit le sujet honteux – de l'avoir effleurée ou déflorée, cette perversion idéelle – non idéale  ?



Impossible perversion donc, exclue par le politiquement correct de l'économie d'une Entreprise comme les autres pas comme les autres, par la vertu de laquelle la dureté de la loi de marché devient, si miraculeusement – comme beau clavecin bien tempéré ?



Accusera-ton l'insolent quidam d'ascétisme professionnel contre-droit-l'hommesque, de velléité d'auto-exploitation non exemplaire, non conforme aux articles protecteurs concernant sa catégorie d'humain au travail, puisque Droits dits de l'Homme s'arrêtent où commencent ceux dits du Travail ?



De conspiration passive par le fait jésuitique de l'intention même d'avoir osé penser le non- pensable,  commis l'impair in-impeccable de penser à un sujet encore formellement tabou, dans une sorte de pré-déni conforme aux bonnes mœurs, au bon aloi, à la "bonne réputation" d'un Brassens oublié ?



Relevez-vous le ridicule ou la dangerosité logique, orwellienne, kafkaïenne, de cette question domestique « hors de question », ou la considérez-vous comme évacuée d'avance, close avant d'éclore, nulle et non avenue, dans sa virginité de fait forcé par une incongruité légitimement naturalisée, comme principe même du champ des possibles, à l'intérieur d'une Entreprise si vertueusement couchée et dénudée dans l'intimité affichée de sa normalisation de papier à en-tête ?










samedi 9 mai 2015

VIVA VICTOR OU LA FIN DES BLANCS ET DES BLEUS



Initialement publié en commentaire du post  la haine française du 7/05/2015 sur le blog Venator.


Quelqu'un a dit qu'en France, la liberté officielle ne se concevait que contre la religion. Ce fait premier, soigneusement dissimulé derrière un écran de fumée laïque – laïcité en soi, dont le principe ne gênait nullement un Hugo profondément chrétien – ne saurait être effacé, pas plus que les crimes et massacres de la Saint Barthélemy ou de Thermidor, et bien d'autres encore. La mémoire du peuple français, l'un des rares peuple du monde récent, avec celui du Japon, à avoir eu une culture millénaire, n'est pas un tableau noir, fut-il d'école de la République.

Qui ne voit, concernant tous ces génocides, hélas contemporains, partout activés, la nécessité absolue d'une part, de faire la paix avec les morts, de les enterrer dignement, comme le disait en substance le Bernanos d'après 14, d'autre part, d'un dialogue sans complaisance aucune avec les bourreaux – non pour les condamner, quand le sens commun de « la décence commune » des valeurs – valeurs ni étatisées ni nationalisées ni naturalisées, ni idéologisées, mais culturelles-naturelles d'origine dans leur unité humaine historique sentimentale autant que spontanée, géographique – , les juge comme il se doit ; mais pour examiner le point de départ de leur délire génocidaire à partir de leur genèse a priori « rationnelle » et rien que rationnelle.

Il n'est pas jusqu'à l'exemple de la Russie, dans sa récente libération du terrorisme soviétique, qui ne nous ait montré combien était importante la remise à l'heure des pendules, à l'heure d'avant le crime, dans ce que le crime de masse a tenté de nier par sa violence théorique pratique; l'importance de restituer, intact au mieux, ce qui, pendant 70 ans, n'avait été finalement que suspendu : que la vérité ne s'efface pas, mais son occultation tue le respect des choses, de la vie, de leur esprit premier, de leur sens.

Il s'agit là de Grande Réparation, réparation qui ne peut venir des idées (…) mais de principes précis, et notamment de celui de noblesse humaine. Réparation des crimes, spoliations et impostures (…), mais aussi et surtout réparation de la rupture opérée par le crime chirurgical de masse, de guerre ou pas, dans la continuité culturelle supérieure d'un peuple, celle qui fait autant son unité profonde que celle de la personne humaine qui le constitue organiquement, spirituellement.

Les cours, internationales ou pas, de justice (…) ne sont qu'une expression lointaine, parfois très éloignée, de ces principes anciens au sens d'éprouvés , qui seuls n'importe quel hugolien de base le sait , peuvent effectivement opérer le miracle de ce que l'ancienne culture européenne nommait le pardon

Pardon conditionnel, non laxiste, non intellectuel, mais juste, non au sens de justice, mais de justesse. Justesse d'équilibre non né d'une annulation de forces, mais du partage d'une douleur engendrant la limite non franchissable, sur la base de principes communs supérieurs : dans le drame humain quotidien, la violence, comme le jugement, ont des règles absolues qu'on respecte absolument comme principe relativiseur, non des règles relatives dans l'absolu idéal ou réaliste d'une visée pure.

Tout ceci n'a rien à voir avec on ne sait quelle contrition, repentance ou charité trop naïve, donc complice, mais avec la pratique équilibrée d'un certain honneur, celui d'une culture, hélas soumise aussi, puisque aucun peuple authentique n'est sécable de sa mémoire culturelle, au génocide moderne généralisé, et qu'il est de bon ton de railler au nom du principe cynique d'efficacité immédiate dans sa raison dialectique pratique. 

Notre problème « républicain » est d'abord celui de la réécriture de l'histoire : la démocratie exige le respect de la culture d'origine d'un peuple et de sa civilisation dans son essence plus encore que dans son histoire , aussi apparemment archaïque puisse t-elle paraître aux yeux des obscurantiste du progrès social terroriste, du terrorisme social-progressiste.

Pour que le respect ne soit plus « condamné à errer sans pouvoir s'accrocher au sommet de l'État », pour dénouer les « hiatus dévastateurs » entre certains principes à somme nulle de la République, il faut d'abord que celle-ci commence par reconnaître, comme l'Église catholique d'ailleurs, ses crimes de masse et personnels, puis identifie précisément, dans ses principes fondateurs, ceux qui sont faux, donc dé-constructeurs, ainsi que ceux détournés de leurs esprit, retranche les uns et refonde les autres en retrouvant la continuité qui les relie aux origines et à leurs valeurs supérieures, par delà cycles et aléas du temporel court et immédiat purement historique.

La France sortira alors de sa situation « d'orpheline », la présidence de sa République de sa « perversion pratique », les syndicats de leurs « luttes » suicidaires, pour trouver le « compromis tranquille », et n'aura plus aucune raison profonde de s'alcooliser au républicanisme frelaté : la démocratie redeviendra une joie de vivre aristocratiquement naturelle. Démocratie de « grandeur libre ». Mais elle n'en sortira pas avant : le temps ne compte pas : la vérité a l'éternité devant elle.

Quand le désespoir de ne jamais y parvenir dans la voie actuelle – comme résultat d'un passé mystifié – sera devenu si incontournable et virulent qu'il n'y aura plus que l'inévitable remise en question de ce cul de sac moral, intellectuel et spirituel comme issue envisageable, alors, la haine, comme monnaie d'échange du mensonge couvrant le crime, n'aura plus aucune valeur marchande pour acheter la misérable vérité truquée de nos vies et de nos valeurs : nous serons libérés de l'imposition de ce mensonge vendu comme républicain, mais vérifié comme fasciste – et pas seulement par le médiatique Todd, mais par des cœurs hauts.



samedi 2 mai 2015

LE SIGNE DE DIEU, MARQUE D'INFAMIE






Il y sa si peu déjà nous nous battions contre un extrémisme catholique dominant, contre la répression obscène d'une jeunesse naïve, mais vraie, qui pensait, après les maîtres-penseurs libéraux – plus de droite et d'extrême droite que de gauche, mais personne ne le savait encore, pouvoir innocemment et naturellement « vivre avec son corps » dans une liberté relative, faisant fi, comme il est bien de noble coutume à cet âge, de la pression sociale totalitaire.

Mais la jeunesse est la cible de toutes les manipulations, le lieu de toutes les illusions, même si cet état de fait révèle le rôle essentiel qu'elle a à remplir dans reproduction sociale ou dans la libération personnelle. Nous n'avons jamais, quelque soit la raison intellectuelle invoquée, approuvé aucun terrorisme moral, et d'autant moins auprès des plus jeunes d'entre nous, qui n'ont évidemment rien à voir avec la catégorie économique nommée « les jeunes » : un être n'est pas un segment de marché.

L'extrémisme est toujours un terrorisme intellectuel, derrière la morale, l'ordre et l'idéologie. Les premiers effets du 7 janvier 2015 sont déjà visibles, actifs et délétères. Le choc du terrorisme pseudo-islamiste, lui-même fabriqué par les capitaux et les politiques occidentales militaro-industrielles au moyen-orient et ailleurs, a propagé une onde de choc que tous se disputent pour une récupération réglée d'avance dont personne ne peut plus croire qu'elle n'aboutira pas à un durcissement militaro-policier des politiques intérieures et extérieures et au premier chef de la France officielle.

Gauche et droite, dépassées par le choc, voient leurs pouvoirs contesté par une extrême droite qui peut désormais jouer à fond la carte d'une laïcité pure dure et pousser très loin les enchères hors du cadre démocratique traditionnel du pays, en tentant de fusionner cette carte aux extrêmes fascistes et communistes, si on veut, pour employer une image. C'est l'image du marteau et de l'enclume, ressuscitée et repeinte, d'un passé récent oublié, mais qui a fait ses preuves.

D'où le climat de guerre chaude laïque actuelle, qui est d'abord celui d'une guerre culturelle, où l'un par l'État, l'autre par la religion, chacun est sommé de choisir son camp, comme s'ils n'étaient pas, ces camps, convertibles et intervertibles. L'onde pousse chacun chaque jour un peu plus à la folie d'une guerre civile larvée, avec ses impératifs catégoriques croisés, le mettant dans la situation infantilisante d'avoir à « choisir » un parent d'adoption – entre mère et père légitimes. Dans cette atmosphère prè-guerrière, celle qui apparaît comme par miracle dès qu'on ne sait plus quoi faire, la voix de la raison vient tout naturellement d'un certain « réalisme libéral » modérateur productif.

Ce dont on peut être absolument sûrs, c'est que cette voix n'est donnée que lorsque certains intérêts sont en jeux : « le marché » n'étant pas, par nature, particulièrement dépassionné, pacifiste ou, pour le moins, moral. Ce que l'on sait c'est aussi qu'il joue toujours un double ou triple jeu de plan B, C, D... Comme dans les services secrets normaux. Tous les jeux des causes et effets sont recalculés en permanence jusqu'à plus soif. La soif pure, l'absolu humaniste programmé

Ce qui compte pour lui ce n'est donc pas les faits, mais leur direction indirecte, comme au billard. Il n'y a qu'un seul trou, peu importe comme on y arrive.

La démocratie représentative est un système de manipulation par le jeu mécanique des minorités majoritaires et des majorités minoritaires, un jeu de l'esprit mathématique truqué. Nous sommes dans la représentation idéologique comme une science dure fait de l'expérimentation animale, où les minorités de synthèse, à la fois sujets et objets, permettront l'élargissement des résultats de laboratoire au terrain naturel, avec toutes les virtualités des marchés des applications et normalisations suivantes. 

L'esprit de synthèse, dissimulé derrière celui des Lumières, étant le cœur, technicien, plus que scientifique, de l'idéologie sociale-libérale.

Dans un laboratoire normal on élève des rats, on les conditionne et déconditionne, on teste leur limites dans certaines programmations psycho-pavloviennes. On fabrique des idées, des idéologies, des désirs, des ego de masse, en série, dès que les résultats sont suffisants par rapports aux critères donnés : rapport à la vérité, au pouvoir, aux structures intériorisées, à leur rigidité et leur flexibilité affective d'abord. 

Affectivité-avidité-creuset de toutes les mystiques, vieux pot pourri des cuisines nouvelles, réchauffé de singe, éternelle soupe à la grimace du « zoo humain » et des réserves naturelles, ou pas. De moins en moins naturelles. Mais du stock. On pense aux re-forestations. Les limites sont donc passées de la nature au labo, aux fous du labo.

Comme pour les espèces protégées, il y a aussi les surpopulations galopantes de réserves naturelles classées, protégées, et le vertige de la démographie mondiale face aux ressources raréfiées. Comme pour les autorisations, données aux Clubs de chasse officiels, de prélèvement rationalisé de l'excédent, catastrophes humaines imprévues et guerres incontrôlables apparaissent avec leur prédations gestionnaires-salvatrices. Le plan culturel, avec ses génocides naturels, autorisés, puis « reconnus » et indemnisés, est au centre du recentrage stratégique. 

Ainsi, toute minorité va et vient au gré des vents libres de la violence du monde du même nom. Comme pour le moteur à explosion. On construit la machine comme on construisit la muraille de Chine. Dans le sens de la résistance et du progrès « stabilisé » d'une civilisation de la puissance pure et simple.

Nous nous sommes battus, plus jeunes, contre l'interdiction des jupes courtes pour certaines filles qui avaient envie de les porter, pas pour une culture de masse « moderne et libérée » des limites naturelles de la décence commune, ni pour l'industrie de la mini-jupe obligatoire, obligée

Nous nous battrons demain contre l'interdiction de la jupe longue considérée comme signe d'une tradition culturelle non sociétaliste laïque, interdiction cherchant à manipuler, de plus, la peur légitime d'un communautarisme d'anéantissement des cultures-mères. 

Comme hier nous nous battrons contre l'imposition d'une morale vestimentaire plus imbécile encore que celle qui ne voulait voir aucun genou féminin dépasser, il y si peu encore, et qui aujourd'hui, bien assise dans son conformisme sociétal-libéral, veut tous les voir alignés au rassemblement du matin.

Notre culture-mère, en grande partie, mais pas seulement, d'origine chrétienne, se sent, obscurément, peut-être, mais à juste titre, menacée par différentes stratégies obscurantistes indirectes importées qui manipulent, à l'évidence, aussi bien certains passages de conversions monothéistes dans leurs « équivalences d'unités de valeur », suite à de si logiques et prévisibles désenchantements – notamment dans la jeunesse vive et spirituelle – , que dans l'utilisation fascisante qu'en fait un terrorisme, à l'autre bout du manche, financé et dirigé en une arme culturelle de destruction psycho-culturelle massive.

Les stratégies indirectes internes et externes visent à récupérer les effets à la fois de cette désertion et de cet affrontement pour les recapitaliser en patriotisme de guerre civile mondiale. En patriotisme culturel mondial ou internationaliste. 

D'où les pressions, les chantages idéologiques contre la liberté fondamentale de l'être et de la personne, ici et là-bas, – la fascisation, la fascination et la fixation intellectuelle des « têtes de troupeau » sur la présentation et représentation de corps sur-codés à la foire aux affaires culturelles, avec ses stands industriels de guerre idéologique.

Reagan, autrefois qui était hier, avait bien diabolisé l'ennemi comme « force du mal », le sensualisme libéral productiviste prenant le relais, à une échelle inédite d'illimitation « libertaire », de la morale contre-nature d'un catholicisme fondamentalement anti-chrétien, dès Adam Smith and Co. 

Avec son système de corruption productive, le désir industriel avancé, pour poursuivre son expansion illusionniste prédatrice, doit séparer son étage supérieur de toute forme spirituelle naturelle, mono- ou polythéiste. 

Orient et moyen-orient ne seront plus que provisoirement utiles dans leur rapport économiquement médiatisés avec une nature restante et ses « ressources » : en attendant le sabotage généralisé de leurs traditions, la mise à distance de cette nature, permet provisoirement toutes les manoeuvres nécessaires à l'inévitable réajustement super-structurel de la modernisation à venir.

Les genoux des filles figuraient un Signe du Diable, et leur sagesse naturellement païenne, une sorcellerie menaçant l'ascétisme culturel de l'Empire fascinant du pouvoir héréditaire et divin de la puissance humaine pure dissimulée à l'ombre des dieux domestiqués des peuples, malgré la résistance à toute épreuve d'un Christ romanisé. 

Signe du Diable donc que cette sorcellerie grecque d'amour naturel et de fêtes transfigurantes du corps sacralisé, transcendant, hérétique, classique. C'est pourquoi, évidemment plus malin au final, à finalité utile, le Diable lui-même releva innocemment la jupe des filles et le défi de la Providence et de la Prospérité, inversant les rapports de productivité au bien et au mal vers le bas, renversant la table des valeurs truquées pour la remettre sans plus aucune valeur du tout. Économique non ?

Facile était la corruption d'une jeunesse maintenue trop longtemps dans les misères pourrissantes d'un puritanisme utilitariste de façade et de pouvoir : tout esprit d'enfance survivant du camp mental et sentimental peut en témoigner.

Le romantisme noir prit le pouvoir sur le blanc, sa chevalerie se fit d'industrie, usurpant la gloire et l'honneur d'une race périmée d'esprits libres et aristocratiques. Une fois éteints leurs feux et leur fougue primaires sous des montagnes de mensonges logiques et psychologiques, c'est le Signe de Dieu, leur marque de fabrique démocratique qu'il fallait anéantir, « le signe religieux d'appartenance » de l'ancienne alliance avec le peuple profond et souverain.

La longueur d'une jupe ne cache pas seulement le genou, elle cache aussi le feu aristocratique populaire, naturel, d'Eros, frère en Christ quand il est bien né grec. C'est pourquoi l'origine biologique divine est aussi la cible de la Nouvelle Inquisition Économique de Masse.