dimanche 30 août 2015

LA VÉRITÉ # 21 COULEUR ET LUMIÈRE




Le mal est séparation intensifiée ou intensification séparatiste de la vie, donc illusion pure ; le bien est différence unique et unitive première, – non unifiée –, dont l'unicité n'est ni propriétaire ni sectaire.

Différence, « individuation » déterminée liée et reliée, non par une pensée déliée prétendument "libre" ou par une expérimentation « vérificatrice » pures, mais par et à ce qui Est, et ne fait qu'être, inclusivement et exclusivement à la fois; ne séparant rien, tout en ordonnant bien et mal au delà d'eux-mêmes.

Alors que, si souvent, le temps fait que le mal n'est encore, aussi bien, qu'un bien nié et renié, que le contraire, que dénaturation naturalisée, maquillée, camouflage de guerre civile sainte. 

Une sorte de décoloration logique ou biologique absurde du monde en soi, celle du moi, le blanc brillant et opaque d'un moi remonté contre tout ce qui n'est pas lui et ne croit pas en lui.





jeudi 27 août 2015

VISAGE ET FACE CACHÉE DU PETIT MONDE DE SIMENON




« Je me méfie des gens qui ont des malheurs (…) [et] qui s'en servent pour écraser les autres(...) [De la personne] qui flaire d'une lieue toute tentative de vie. »



Simenon, antisocialiste dostoïevskien formé et déformé par les jésuites, comme Kerouac. « Imbécile de génie » (Keyserling), il aurait été, pouvait-on lire dans un article du Monde des années 2000, « misogyne » quand il appliquait particulièrement ces vérités sociales aux femmes construites. Entendez non pas, finalement, tant à leur nature – aujourd'hui anéantie dans la « chose » par la Théorie, mais dans l'exercice de leurs fonctions sacerdotales citoyennes auxiliaires contractuellement « adjointes ».



Plus loin l'auteur de l'article qualifiait presque Simenon de « stakhanoviste » de « l'évasion » littéraire. Fuyant le système, sa « possession dévastatrice » et sa « fatale impossibilité de communiquer ». Ainsi, comme Kerouac encore, le grand romancier n'aurait été qu'un déserteur dont les personnages côtoient les bas-fonds des « fugitifs et les errants » (Simenon), expression de sa désertion et de sa marginalité sociales, sous le séduisant label littéraire de la partance vers l'Ailleurs et des festivals de son aventureuse, hypothétique et très commerciale rédemption.



On connaît bien la subtile musique critique des joueurs de flûte en papier, flattant les grands adolescents romantiques sommeillant au milieu du porc ou du bœuf-lecteur industriel châtré, parlant de, mais surtout pour ceux qui osent transgresser les codes par procuration, ouvrir des portes ouvrant sur les ivresses payantes de « non-possession » de « l'hypocrite lecteur », auquel le critique s'adresse d'abord, plus comme un éleveur que comme un élévateur.



Le client lecteur, éternel collégien, apprentis baudelairien, jouisseur borderline agréé, dont le spleen industriel au « dandynement » stupéfié échoue sur une poésie urbaine imaginaire du bout de la nuit d'un décor climatisé comme dans les classiques matriciels noirs d'Hollywood tournant autour de tous les péchés du monde.



Si cette soit-disant poésie bon marché de la dérive de rue, clochardisante au milieu des « cousins déchus des saints et des ermites » (Simenon) est une haute tradition, alors qu'elle l'assume au grand jour du combat, comme telle, comme il se doit, et non comme une révolution de salon underground parisien ou new-yorkais. Nous en avons assez de ces curés socialistes faisant la pige aux jésuites, bouffant le curé théorique en diable tout en flattant en apparence ceux qui le tirent par la queue.



La chute « articulaire » est finalement lamentable, comme il se doit, à propos des personnages de Simenon : « (…) dans le déluge des malheurs sans rémission, la révolte mal payée de traverser la vie comme une ombre. » Dieu que la révolte nihiliste est belle ! La vie comme une mauvaise œuvre d'art personnelle, n'est-ce pas là un suprême art de masse, la suprême négation socialiste ?



Un Simenon déclaré si ambigu qu'il devient, dans son tombeau en réédition constante, l'imbécile utile universel de service auxiliaire d'une prêtrise noire, comme Céline, le Camus de « l'Étranger ou Kerouac de « Sur la route ». La révolte des déchus ou des anges, c'est selon, proclamée nihiliste et jouissive supérieure, criminelle, dans la si belle et séduisante splendeur maudite de son charme sombre. A propos de naufrage, Baudelaire ne finit-il pas par frapper à la porte de l'Académie pour sa retraite ?



Camus disait que l'art commençait là où la pensée s'arrête. C'est tout art, ici, qui finit lamentablement. Les vrais gens n'ont rien à voir avec cette vraie vie au label rimbaldien contrefait comme une marque de chaussures de randonnée, autre immense crypto, hélas a-raisonné par les prêtres obscurs de « la transgression », cette pin-up dégoulinante de la pensée moderne, cette contre-joie patentée. Il n'y a jamais eu de révolte artiste pour la raison donnée par Camus plus haut. Point barre. Le reste est financier.



Pour ce qui est des vrais gens, des sans dents mordant la poussière d'en-bas, bas-fonds humains où les relègue un système trop vite dit bourgeois comme s'il n'était autre chose de pire encore, les transformant en jouisseurs maudits exemplaires, il faut affirmer haut et fort, contre ses médias, que les vrais gens ne jouent pas, eux, la balzacienne comédie rabaissée dont l'entomologiste Céline épingla les spécimens inversés, ils la subissent, sans en tirer aucune joie, même dans le viol protégé obligatoire.



Le libre amour du monde est cette souffrance pure et nue comme celle des saints, des héros et des Marie-Madeleine spoliés et humiliés, que le monde moderne a besoin de nier et renier en vieux maquereau, non pour être, mais pour exister seulement comme substitut, en tant qu'ombre sous les feux mafieux de la rampe du mal.



Rien n'éteint le vrai visage d'une vraie femme heureuse, belle ou pas, pas même le temps, pas même le mal : il ne le rend que plus lumineux, plus clair, plus trans-parent, plus naturellement im-maculé. Le reste appartient à la raison pratique du Mal, aux fleurs fanées d'ennui, d'envie, de trahison et de cruauté révoltés, et à sa très universitaire propagande pseudo-libertaire de classe. Pauvre Père Goriot. Comme tout ce qui n'est pas façonné par la main humaine. Comme toute « grandeur libre » (Giono).



Le visage serait, selon certains, notre être public ou social, visible, spectaculaire, notre face citoyenne officielle. Serait-il trop demander à la communauté de nous laisser le préserver non-spéculé, de le présenter non-imagé, non construit, non re-présenté, mais étant l'expression libre d'une personne humaine, non-conforme au type étatique de sa catégorie identifiable, comme celui de l'enfant non encore normalisé, non encore envahi par les vieux codes romains de contrôle du jeu de rôle ? 

Est-ce trop demander, en démocratie, que de montrer le visage d'une non-coopération naturelle au théâtre des opérations politico-financières, dans la non-violence assumée de sa part féminine éternelle, au nom de la vérité profonde de chacun ? Mais cette part n'est-elle pas déjà maudite, portée au pouvoir, définie dans le cadre de l'impériale loi humaine ?

Sortirons-nous un jour des miasmes orthodoxes de la catholicité de la basse-ville de Rome pour entrer dans les divines vérités de la vie éternelle de ce monde ?
Dieu seul le sait : posons-lui la question franchement, sans simagrée ni peur.

lundi 24 août 2015

LES INVERSEURS # 4 L'ARMÉE DES 12 SINGES









" ... il n'y a pas de distorsion de la Réalité, parce qu'il n'y a pas d'état du moi séparé pour obscurcir ou réfracter, pas de cliché de projection coloré, constitué de croyances intellectuelles et des imageries sacro-saintes, pour donner une coloration personnelle et historique au "blanc éclat de l’Éternité". A.H.


L'accélération moderne du temps, phénomène purement technicien, n'a plus rien d'humain, même si chaque génération « spontanée » adaptée collabore aux démolitions successives, commençant par celle, concurrentielle, de celle qui l'a précédée dans sa chute dans un temps contracté. Tout vestige du premier peuple intérieur doit disparaître : il ne peut humainement être que la négation vivante des vérités officielles, comme dans 1984.



Quelqu'un a dit que la civilisation moderne était une civilisation du temps, recouvrant l'espace de l'ancienne. Mais quelle est la nature de ce temps moderne ? Plus encore que l'âme de l'homme en chapeau melon, pendu à un engrenage géant, c'est un esprit qui est atteint et éteint. Non le crypto-positiviste idiot des tourneurs de tables, mais celui du Monde, l'ancienne petite aiguille de l'horloge humaine. Ce Monde que les machines refont en contrefaçon chaque jour que Dieu fait.



C'est un temps nouveau, pas vraiment spirituellement inédit (positif du coup), mais nouveau au sens de nouveauté produite comme par une sorte de miracle déconstructif de « destruction consumériste ». Un nouveau produit miracle de la productivité au coût humain si "élevé" vers le bas : la négation de cette irrationnelle négation...  

Ainsi la nature de ce temps jamais vu depuis hier et sa barbarie ouverte, n'est que du contre-temps à contre courant naturel du Tout, temps machinique logique, déconnecté du matriciel mythologique. Celui, "apparent", du film Matrix.



Inverseur, fabricant-trafiquant la plastique marylienne d'un réel supposé illimité dans ses fantasmatiques possibles projetés et les virtualités pratiques de  scénarios fantaisy purement théoriques-fonctionnels.

Romantisme bourgeois d'un Machine-Monde au service des pulsions les plus folles -- entendez "libres", la vieille belle machine désirante « des dessous » d'utopie révolutionnaire. 

Misérable idée, décatie et factice comme la péripatéticienne centenaire, déguisée en poupée aristocratique décadente, la mouche à gober bien au milieu de la fesse à peau retendue, comme dans le film Brazil – qui nous sert de mère de substitution depuis que nous avons officiellement supprimé le père empêcheur de tourner en rondelles consommatoires.



Du calcul appliqué à du calcul à perte de vue, télévision et prévision, désir sans fin ni objet – que du sujet assujetti enfin au seul moi dévitalisé, remplaçant toute raison du sens, essentielle et sensuelle, tant et si bien que la fin ne peut plus se désaccoupler des "moyens nécessaires" sur-autonomisés, surchauffés dans une masturbation technologique si frénétique qu'elle n'est plus que le mouvement stylisé d'un mouvement de partie fantôme, comme le canard à  tête coupée du progressisme fait oublier la chirurgie subtile de la grenouille encasserolée d'horlogerie interne. 

Tant et si bien que la fin finit par s'y réduire « naturellement », dans sa prétendue inversion vérificatrice, au moyen de tous les moyens et de toutes les moyennes.



Nous sommes passés de la mythologie du sens à l'histoire absurde d'une « cohérence » de décor hollywoodien en mondovision 7/7/24/24. À l'image évanescente d'une superstition de théâtre d'ombre des plus primaires, comme alternative ultime au grand remplacement du sacré de vérité.

Et nous croyons, nous, charbonniers de notre propre malheur, "l'avoir fait", – plus dur que le fer ! Nous, accroupis, sales et tremblants dans cette caverne mentale de carton-pâte sur les murs de laquelle le Projectionniste caché agit et agite.









vendredi 14 août 2015

TAOÏSME DE MARC AURÈLE





La question n'est pas de savoir ce qu'il faut faire, comment, ou qui peut ou doit agir (...) C'est ce qu'on fait en vertu de ce qu'on est, relativement.

Il y a des valeurs, quelques soient leurs formes, qui donnent la direction, comme la boussole. Et il n'y a qu'à s'y tenir.

Ce que Marc-Aurèle nommait l'esprit directeur, c'est à dire l'ordre de son aventure et l'aventure de son ordre.

Ni contradiction ni paradoxe entre les deux faces de la pièce, infiniment supérieure à la spéculation cartésienne : l'ordre supérieur n'est pas une logique, il a sa logique propre, non systémique interne ou externe.

Ce que le taoïsme saisit parfaitement, sans esprit de, ni formule logique : les deux pôles contiennent une vérité au delà de la pensée spéculative, dans un instinct réfléchi comme l'eau reflète l'arbre.

Nous ne faisons rien d'autre que ce que nous sommes. Non en pouvoir, mais en réalité. Le pouvoir n'est en réalité qu'une forme apparente. – Temporaire, tant que nous n'exprimons pas sa vérité cachée – en éternelle voie d'apparition et de disparition.

Plutôt que d'être une sorte de moment hégélien ou nietzschéen de laboratoire, nous sommes « mieux », au niveau de l'être. Qualité incarnée, dont l'intermittence de l'éternel retour n'indique que l'équilibre, et non on ne sait quelle alternance, du même dans l'autre et inversement, dans l'éternel miroitement du temps, entre absolu et relatif.

Pourquoi aurions-nous à choisir ce que nous n'avons pas choisi, relativement ou absolument ? Que le miroitement soit absolu ne suffit-il pas à tout relativiser sans rien relativiser, justement ?

Le « ni, ni » de logique obligée ne peut être qu'acceptation totale sans aucune négation – pas même de la négation, dernière tentation d'une modernité idéologique égarée, mais sophistique, triomphante, dans son calcul de l'incalculable.

Stoïcisme pur et simple plutôt qu'instituer, étatiser ou privatiser. Libération par delà les conditionnements intérieurs-extérieurs.

La seule nécessité absolue requise demeure l'accord premier entre fins et moyens, – sans déviation ni dérivation possible. Le reste n'est que dérive d'éclatement de quille..., rimbaldisme, bibelotisme de café du commerce triangulaire : on ne triangule pas la vérité, n'en déplaise aux Frères des deux bords du précipice.

Loin des sanglantes fraternités ennemies du spirituel dégradé d'un Occident qui nous formate à ses leurrantes et aberrantes déterminations utopiques de masse, il n'y a jamais eu de problème de l'action, mais seulement les boulevardières et pécuchières aventures dialectiques d'un matérialisme flottant entre corruption et collaboration.

Toute guerre culturelle est un dévoiement plus profond que la pire corruption. Elle corrompt plus sûrement le "personnel" de l'esprit directeur : elle détruit méthodiquement sa possibilité première au nom de l'ultime, comme on viole au nom de l'amour ou on aime au nom du viol.