dimanche 29 novembre 2015

VORTEX TAOÏSTE / LE CHAMPIGNON DU CHERCHEUR DE PAIX # 1 SHERWOOD





  1. Très loin de la bombe, le champignon du chercheur de paix est parmi les plus rares : la modernité technicienne et ses dégâts collatéraux l'ont – révolution mondiale oblige – réduit à l'état d'espèce en voie de disparition, comme tout être indigène devenu indigeste.
  2. Le coup de pied rageur et vengeur, ravageur – comme ces coups de torchon sale sur les mauvais – n'y changera rien : il ne fera qu'ajouter à la destruction des valeurs. La cueillette, « vieille » comme le monde premier, n'est ni chasse gardée ni guerre, et encore moins sainte, fut-elle prétendument laïque. Le laïque était paysan, à son origine détroussée.
    La paix est un état d'esprit conditionnel et résultant, cause et effet à la fois, pour le dire aux esprits mécanisés, qui n'a rien à voir avec la physique des forces ou des liquides, des liquidations utopiques.
  3. Le champignon du chercheur de paix vit le plus souvent caché, mais involontairement : il "est", au sens le plus éphémère de L'Éternité des Forêts : ce n'est pas lui qui se cache, la forêt le préserve. On le cueille comme une vérité première, donnée neuve à chaque fois. C'est un donné de données de l'économie première du don et contre-don. « C'est le moment d'ouvrir l’œil et le bon. » disait-elle à ses enfants dans une mystérieuse, mais naturelle détermination pédagogique.
    On ne cherche pas le champignon : on s'épuiserait vite. On fait tout le reste, ce qu'on a à faire, en même temps, au milieu du reste, éliminant le sens de déchet intellectuel qui pollue « l'intouché » du mot reste.
  4. On se met en position, non du tireur couché, mais de le toucher après l'avoir trouvé, découvert, comme une chose en touche une autre, un être un autre. Pensant à autre chose, avec l'indifférence naturelle du regard englobant plutôt que périphérique de contrôle, au sens donc « d'englobé », par delà la dualité séparatiste de mots privés d'être.
    Regard pas tout à fait étranger non plus à celui qui en a trop vu, ailleurs et autrement, dans ce désir vain de puissance qui tue. Changement de point de vue global qui fait la différence d'apparition du manifesté au sein du silence sylvestre.






















mercredi 11 novembre 2015

BINGO CRÉPUSCULE # 1 LA MARQUE DE 14 : TOUS SURVIVANTS





Préambule


« Guerre à Dieu ! Haine à Dieu ! LE PROGRÈS EST LÀ ! Il faut crever le ciel comme une voûte de papier. » P. Lafargue

"Nous périrons tous en coeur avec plaisir en somme, dans un monde que nous aurons mis cinquante siècles à barbeler de contraintes et d'angoisse. » L.F. Céline

« (…) les tranchées de première ligne appelées Bingo Crépuscule (...) » Wikipedia


Lecteur, l'écriture est liberté, elle est donc célébration, poésie et combat spirituel, par delà le naturel et son indispensable côté, absolument relatif. Rien d'autre à déclarer. Le reste est littérature, matérialisme primaire, dictature envahissante, et au bout du compte, misère et mensonge.

Tout ce qui n'est pas liberté ne mérite pas de regard ni de mot, pas un seul instant. La liberté n'est pas un mérite, elle n'est pas le propre des esclaves, mais de ceux qui vont mourir, qui meurent d'abord à eux-mêmes, avant la bascule ou pas.

« Morituri te salutant », comme Christ en croix, formant le pommeau du glaive de sa main percée autour du signe de 14. Un Bernanos le Second parle très bien de tout cela, sans en faire un drame romantique : il avait dépassé ce stade conditionné depuis longtemps, titubant dans la boue et le sang mêlés de la « réalité ».

Pas de logique à chercher dans l'ordre du texte, sa logique à lui étant au delà de l'ordre ordinaire des logiques d'utilité immédiate. Métaphysique. Ne craignant pas, elle ne menace pas, se contentant d'affirmer sans nier ni renier. On ne combat pas des fantômes, on combat des frères égarés et on ne les combat qu'avec amour, respect et distance : les principes ne nécessitent pas de corps à corps, l'incarnation suffit largement, dans toutes ses dimensions...

L'ennemi est ailleurs, l'ennemi n'est pas de ce monde, il est ennemi de ce monde, étant ennemi de l'autre côté, de tous les autres, étant ennemi de lui-même, dans l'auto-dévoration de l'illusion d'un nouvel-ordre.

L'ennemi n'est qu'une ombre de puissance, condamnée à vivre, condamné matériel privé d'incarnation, condamné à exister sans jamais pouvoir être autre que pouvoir pur, idée humaine, force sans application ni lumière.

Ombre hugolienne, triste et négative, néfaste et misérable, abstraction, spectre hanté, pitoyable fleur du néant. En ce sens précis il n'y a pas et il n'y aura jamais d'ennemi, seulement le voile d'ombre imaginaire « d'un moment réalisé », tombé sur la caverne à ciel ouvert d'un monde violé. Celui du Mal Incarné, privé du Bien Suprême.

Cette série de méditations métaphysiques sur la Grande Guerre, crime de masse majeur contre l'humanité, considéré par le système culturel nouveau comme l'accouchement fertile d'une modernité triomphante catapultant nos sociétés occidentales sur les sommets dits inédits d'une civilisation vendue comme « avancée ». Elle observe le subtil et l'impondérable humains de ce prétendu progrès dans l'esprit et le cœur de nos peuples à partir de racines, à la fois survivantes à l'holocauste pré-nazi de 18 millions de morts, et surtout implantées au forceps au cœur perdu du mal mondialisé dont la France fut l'un des théâtres, parmi d'autres, de la cruauté la plus temporellement abyssale.



Cette série métaphysique, initiée en 2014 et poursuivie pendant un an, comme réponse à la glorification idéologique diffuse actuelle de ces crimes, mais encore comme hommage posthume aux millions de victimes, surtout masculines, qui servirent de matériau de base à une modernité post-nazie aujourd'hui généralisée incontournable, fondée sur l'oubli direct et indirect de cette mémoire humaine. Réflexion se ramifiant sans fin dans les labyrinthes et tunnels générationnels trouant des psychismes malades de la destruction des vraies valeurs depuis ces temps éternisés par le progrès contre-nature d'une science contre-humaine.




Bingo crépuscule # 1. Tous survivants.









Que les civilisations soient mortelles, « on savait », au minimum pour l'Occident récent, depuis la romaine. Ce que nous ignorions c'est de quoi, de quelle « maladie mortelle ». La généalogie de la pathologie gît dans le souvenir, et le souvenir dans la vie des gens, « acteurs » ou témoins, précisément enregistré

Spectacle d'années de cendres, spectacle damné de décadence et de cruauté, sans rapport avec le scrupuleux scénario mémoriel : celui qui voit n'est pas le voyeur. Aucune voyance, non plus, à voir ce qui est depuis 1914.
 


Survivants de cette bizarre guerre-là, nous portons la marque profonde de son infamie, tout au fond de notre « théâtre intérieur » familial. Sans le savoir : l'inconscient s'évertue à cacher, provisoirement, ce que nous ne voulons plus voir, à l'anesthésier, comme si la santé sociale était la clef de la mentale, alors que, bien entendu, c'est l'inverse.

On ne peut agir sur un fond humain humilié, dégradé et dévoyé. C'est irrécupérable.



La marque de 14, séquelle indélébile, combien secrète ou discrète, n'est même déjà plus dissimulée, mais follement, désespérément égarée, quelque part dans l'esprit universel malade du monde, dont le choc en retour un jour anéantira l'imposture des spectres dirigeants : on pense à Hitler, drogué fantômatique, fictif, en noir et blême accéléré, tacheté de mort, toxique comme un support visuel rongé, moitié mangé moitié dévorant.



Depuis cette marque mortifère, nous courons toujours plus avant vers l'abîme collectif, les grandes illusions compensatrices, avec le désir, collé au cerveau, d'oblitérer le profond trauma par la plus grande ivresse et la plus grande vitesse techno-rassurante, proprement stupéfiante. Le temps, au moins, qu'il nous reste à vivre au camp retranché de nos crimes et de nos mensonges. 

Une civilisation digne de ce nom ne peut, jusqu'à la fin, demander à ses « citoyens » de couvrir ceux-là éternellement, dans une sorte de prescription morale escomptée, tirée modérément sur le temps qui passe, recouvrant un souvenir truqué, maquillé en histoire nationale folklorique pour enfants muséaux

Sur l'inconscience et l'indifférence dans laquelle on tente en vain de maintenir les peuples. Aucune violence ne peut durer disait Giono.



Pourtant, il y a une conservation mémorielle de la violence transgressive de cette sale guerre, s'il en fut, qui, faisant peur, la prolonge à souhait dans une « crainte et [un] tremblement » à la fois vague et précis, ancrés culturellement au fond de l'inconscient, jusque dans le plus usé et rusé « n'importe quoi pourvu que ça ne recommence pas » servant d'alibi sous-jacent aux offices mémoriels et mémoires officielles institués.



On en a fait un épouvantail comme pour conjurer la fatidique date d'un non-retour humain. On a tourné autour de cette pâte et de cette date désormais festives  pour mieux effacer l'horreur du passé qu'elle recouvre comme une tombe fleurie de discours de diversion, alors que le non-retour ne concernerait plus, habilement redirigé, ce qui, comme une certaine paix naturelle du monde, n'a plus jamais été possible depuis la grande « restructuration » de 14, depuis la grande modernisation.

C'est à dire ce qui n'est pas encore mort, ce qui survit encore de ce temps antédiluvien-là, malgré les frappes propagandistes appuyées de l'obsolescence programmée, toujours de mise : « Le monde a changé. »



Les survivants ne seraient que de simples sursitaires, dont on attend le complet effacement pour déclarer tranquillement l'erreur ancienne qu'il incarnèrent si douloureusement, faire une bonne mise à jour de l'histoire universelle accréditée moderne pour les nouvelles générations à formater.



Prescription morale escomptée pour une infamie déjà séculaire, faisant, in fine, retomber exclusivement la pluie fine des responsabilités toxiques sur ceux qui subirent le terrorisme charnel décharné et spirituel d'un holocauste officiel et légal, en « croyant » défendre la patrie, des droits ou la famille.

Barbare ignorance, sanglante superstition, imposée d'en haut, de la terre sacrée, comme chez les Indiens d'Amérique, vécue naïvement dans les cœurs, ou de la famille patriarcale attaquée par des hordes lucifériennes, comme chez les Chrétiens. Péguy, balle au front. Et inversement, dans l'autre camp, idem marionnette.



En danger oui, mais pas forcément d'un ennemi extérieur : tous n'y crurent pas, un plus loin que de ne pas en croire leurs yeux arrachés, aveuglés, crevés de fausse vérité

Même si beaucoup, marxisés sans le savoir, n'étaient incroyants ou incrédules que pour mieux épouser une internationale bien disciplinée, fabriquée contre la vieille civilisation celtique chrétienne d'Europe.

« Retournés » dans leur tombe contre leur propre culture-mère, éternels œdipiens de service, nouveaux parricides crypto-matriarcaux, finalement virilement enrôlés in vivo pour une future paix à vendre à des mères déculturées, enfin "libérées" de la nature humaine. De la sale guerre des hommes. 

Hommage à ces hommes sacrifiés pour leurs femmes, pour les mères, dupes de rien du tout mais bétail d’Etat, réquisitionnés et parqués comme  enfants abandonnés . Enfants humiliés de Bernanos.







jeudi 5 novembre 2015

LA VÉRITÉ # 24 SUR LE SABLE DE LA SÉCULARISATION









Le transgressif des anarchistes de droite – ou libéraux-libertaires – est une notion à la mode de la révolution conservatrice nouvelle, pour qui la révolution dite sociétale doit permettre de renouveler et repeindre les vieux dogmes économistes bourgeois du XIXème, comme leurs prédécesseurs en révolution de gauche s'en servirent dans les années 60 et 70 pour repeindre ces mêmes matérialismes logés, convergents et concurrents. 

Rien de bien nouveau là-dedans : nouvelles droites et nouvelles gauches traçant alternativement le même sillon stérile dans les mêmes sables mouvants de sécularisation forcée et de déforestation humaine, dans tous les domaines de la connaissance et du travail.



Ce transgressif jouissif doit « bousculer, casser les codes », « abattre totems et tabous », renverser et inverser « les idées reçues » contre « des archaïsmes rigides », « des rentes de situation », des monopoles (…). Il doit remettre de l'ordre dans le chaos des « alter-égoïsmes » systémiques en électro-choquant le capital humain dormant, inutilisé, paralysé ou gaspillé.



Il n'y a plus d'issue à la faillite menaçante que par les mots d'ordre d'une nouvelle culture d'entreprise, dont la morale sociale-citoyenne de productivité fait consensus autoritaire voilé autour du « donnant-donnant », du « gagnant-gagnant », bref de l'intérêt bien compris d'un prétendu enrichissement de tous par tous. 

Il faut « libérer les énergies », mobiliser, se rendre mobile et disponible, mettre le monde en vente libre selon des règles liquides ou liquidées. Après la marchandisation forcée, le marchandage, obligatoire, obligé, de tout par tout le monde.



Déstabilisation et déracinement généralisés, deux outils et tactiques de subversion progressiste nouvelle donne, nouvelle vague outre-atlantique. Quand le vin est tiré, il faut le boire : contre les sagesses continentales, paysannes, archaïques, statiques et éternelles, il faut promouvoir un nomadisme culturel technologico-pillard et paillard de masse, insaisissable et liquide

Il faut combattre de la façon la plus cynique et dissimulée à la fois, les résidus des civilisations de l'espace par celles, partout émergentes des chaînes de production, des "espaces urbains aménagés" de temps modernes post-humains.



Mais il faut des siècles pour déraciner du cœur humain une civilisation digne de ce nom, et encore : les résultats comptables ne sont pas garantis. 

Les crises orchestrées, faisant elles-mêmes partie du chaos, organisé en vue de la reconstruction d'un « monde en mutation permanente » – comme on fuit une catastrophe dans la panique de l'exil et des camps –, à la fois comme causes et effets; ce désordre productif n'est qu'une politique coloniale humaine et naturelle de terre brûlée, épuisée de plus : le désert du sens se referme sur l'obscurantisme, positiviste violent et nihiliste, dirigeant.



Ce qui est garanti, par contre, c'est l'apocalypse molle et liquide du pseudo-remplacement du monde, avec ses révolutions permanentes, ses réformes renouvelées jusqu'à la nausée, ce chantier permanent qu'il devient viralement, sans plus d'architecte, de maître d’œuvre ni d'artisan; où les machines dictent la loi passive du calcul et des simulations; simulacres, qui peu à peu, remplacent la matière naturelle des formes supérieures qui façonnait le vase intérieur de la vie.



Plus que des mystiques réchauffées, médiatisées d'objets et de techniques, les commandes vocales remplaçant la parole, que des « groupes », abandonnés comme de vieilles cabanes en ruine, cherchent en vain dans le désert des désespoirs et des épuisements. 

Plus que de la remotivation "sensualiste" ego-économique de masse, ce labo-pavlovisme bien-pensant et croyant. 

Cette remotivation-là, par le bas, redescend l'humain sous le singe d'où elle provient, comme le veau gaullien sous la Sainte Mère-Église. Plus d'esprit, que de la matière, de la viande à vivre et discuter, du "bout de gras à tailler" comme on abandonne les chiens des catastrophes, non pas ceux qui cherchent, mais ceux, perdus, qui mangent les cadavres, lèchent le sang... ceux des révolutions économiques.