dimanche 24 avril 2016

FRAGMENTS -- 6 PEUPLE ET CULTURE





Quelle différence entre multiculturalisme et culture ouverte ?

Le multiculturalisme n'a pas de culture propre, il improvise et arbitre entre les avantages d'une culture et d'une autre, selon ses intérêts propres, eux. En fonction de la demande à « satisfaire ». Pragmatiquement prélevant ici ou là selon besoins et circonstances. Ce système, fonctionnant que par la vertu de son propre principe, comme la science, peut être un taoïste positif ou bien un opportunisme instrumentalisant, comme moyen pur, vers des buts qui peuvent être parfaitement étrangers à toute forme d'humanité, de vérité, de sens pratique positif ou de raison supérieure.

Sur son versant négatif, ce multiculturalisme objectif et fermé de par son égalitarisme des valeurs, son relativisme systématique des « droits » (…) n'est plus qu'un mécanisme d'horizontalité théorique pur et simple, une table rase, un tombeau intellectuel, un trône en or massif pour l'argent-roi, l'instinct de puissance pure.

Bien sûr, sur son versant positif, le multiculturalisme peut s'ouvrir aux vraies valeurs, basculer du côté d'une culture polythéiste en s'écartant de tout systématisme et en se sensibilisant à des hiérarchies de sens convergentes et se vivre comme une plénitude d'humanité(s). Mais à une condition cependant : la même que celle qui permet à toute culture ouverte de se fonder, tout aussi naturellement que lui (comment employer le terme « légitime » ?), sur la différence à partir du même humain et de ses équilatéralités, de ses équivalences et de ses analogies.

Une culture ouverte offre des sagesses d'expérience en vue d'une finalité supérieure, sans attente de retour sur investissement pratique, comme la nature elle-même le fait à chaque instant depuis le début du monde connu, en sélectionnant les moyens d'y parvenir, en les rapprochant absolument de ces fins. A partir de cette identification positive, qui se passe du comparatisme d'une multiplicité de valeurs possibles, tout reste cependant possible dans le sens donné au départ par l'impulsion du sentiment de vérité vécue et vivante.

L'opposition d'une culture traditionnelle avec un multiculturalisme à volonté progressiste, ce qui est déjà une contradiction dans les termes, si on réfléchit bien, puisque toute diversité se contente d'être – autant que l'unicité – pour avancer, cette opposition montre quelque chose. Ce multiculturalisme-là, qui veut aboutir, plutôt que partir de lui, à un sens commun, plutôt que bon, comme dénominateur d'humanité, se trahit et se salit dès qu'intervient l'inversion des valeurs opérées par la récupération utilitariste. Il devient négatif sans la transcendance que lui permet d'opérer un pragmatisme positif. Ce qui fait la valeur du pragmatisme n'est pas son efficacité ou une efficience transformant l'action en rendement et la vérité en machine-outil de guerre, c'est sa part divine dans le et la pratique, qui n'est pas main invisible sur un marché, mais créativité libérée, au sens matériel des choses dans leur nécessité même.

Créativité libérée comme moyen conforme aux fins et non comme autonomie arbitraire, présentée comme libertaire par une imposture de situation : il n'y aurait plus là qu'un situationnisme d'opposition et de destruction traduisant un existentialisme métaphysique privé d'être au sens de raison pratique, une spéculation de pur avoir et de pure puissance. Un piège intellectuel aussi subtil qu'absurde, quand on l'examine un peu.

La précieuse diversité multiculturelle , au lieu d'exacerber son aspect négatif vers d'épuisants imaginaires d'autonomie pragmaticienne, puisque leur mise en concurrence mécanique ne peut que réduire celle-ci à la caricature de l'unique intérêt et bas intérêt que retient l'absence de hauteur de vue d'un réalisme d'épiciers, devrait être dirigée vers ses points de convergence au sommet des valeurs humaines, pour donner à ce réalisme et à son niveau, un minimum de noblesse intérieure.

L'existence dominante et la propagation du multiculturalisme négatif, par la nature barbare et les résultats apocalyptiques de son action délétère ou dissolvante, n'indique t-elle pas l'insertion ou l'injection subtile d'une fausse alternative aux limites inévitables d'une culture ouverte ? Puisque celui-ci espère (pour 1000 ans ?) éliminer, à quelques exceptions près, toute forme culturelle originale et originelle – jusque dans la négation méthodique et forcée de ses fins supérieures – en l'absence logique de toute preuve scientifique démontrant « objectivement » leur validité. La partie ne pouvant décidément pas démontrer le tout, devient le plus logiquement du monde, ce tout par un remplacement plus facile que subtil, finalement. Mais un tout théorique, cumulatif, inventoriel, rapporté, redondant comme un fatras de calculs sans fin parce que seulement contradictoires.

Pensée unique et monopole des valeurs sont quant à eux, des trompe-l’œil intellectuels non moins faciles : une vraie culture n'est pas compatible avec un type de société par trop impériale ou trop autoritariste qui l'observe, inévitablement ou en arrière pensée, comme pure subversion pour ses pouvoirs établis sur le minimum d’ignorance nécessaire à sa crédibilité. Socrates memoriam. Elle suppose, cette culture-là, une liberté donnée par des valeurs supérieures : celle que confère et comporte la valeur qui respecte, non la valeur qui suspecte. Respecte l'autre ou dans l'autre. Cet autre fut-il d'une spiritualité toute première ou même animale, n'en déplaise aux puristes ou intégristes des formes : la culture n'est pas dans la lettre, comme elle le serait pour d'autres dans le chiffre. La pensée unique n'est pas la pensée unitive et le monopole n'atteint aucune unicité vraie.

Elle ne respecte nullement par principe pur ou légaliste, il lui faut, à chaque fois, et non une pour toutes, se reconnaître, se retrouver dans son intégrité profonde plutôt que s'identifier dans une intégralité affichée, par delà les œuvres de l'espace et du temps dans leurs différenciations d'adaptation, les particularismes historiques – fussent-ils dits « civilisationnels », logiques ou biologiques – c'est à dire pratiques. Ce n'est plus le pragmatisme qui compte à cette hauteur de vue, c'est la pratique du principe, non le principe du pratique – père de toutes les inversions et perversions. Pratique du principe que toute application transcendante ou immanente – peu importe à ce niveau d'apesanteur spirituelle – , exprime et incarne dans sa perfection même d'humanité accomplie ou visée.

Pas de culture sans peuple ni de peuple sans culture. Tout se joue entre autonomie de diversion et liberté créatrice : il n'y a pas de liberté dans l'opposition pragmatique à une imposture supposée des valeurs en tant que telles. Où serait le repère ? Comme disait un taoïste d'occident : on ne peut décoller du sol en tirant sur ses chaussures. Il n'y a pas de révolte sans retour au « Oui », comme l'a fait clairement remarquer Camus. L'autonomie pure est un leurre philosophique masquant, dissimulant l'annexion pure et simple du tout par une théorie partielle, une théorie du moment, fut-il affublé des oripeaux d'une éternité plus désirée que donnée et encore moins ordonnée. Théorie toujours d'un en soi, pour soi et entre soi (…)

Si l'autonomie était libre, quelle nécessité du mot et de la chose ? Un moi nommé, spéculé pour ne pas perdre la face devant la désillusion de pressentir, sans comprendre, qu'il n'y a pas de destruction pratique, qu'elle n'est que théorique, que la négation n'est qu'un moment abstrait, de quelque côté que l'on regarde une vraie valeur pour essayer de la détruire ? « On peut tuer un homme, pas son esprit. » disait un peuple disparu sous notre culture.









mardi 19 avril 2016

OCÉANOGRAPHIES # 1 SOFT KALI YUGA




Les Fragments étaient un contre-point, kerouaquiens, pourquoi pas, à des sentiments plus maritimes, ou non commerciaux au sens philosophique si on veut, tels qu'Eliade en parle si bien dans son Océanographie. Il serait satisfaisant de dire qu'Océanographies et Fragments font l'amour dans la tête d'une libre et appétissante sagesse naturelle, mais apaisée et même détachée absolument. Un Oui retenu par delà la tragi-comédie, comme volonté de non-puissance. Océanographies sont un Oui ouvert, une plage submergée à découvert, avec tout dépôt de la vie telle quelle, pas le dépotoir supposé des tenants logomachiques de son « latrinaire » cirque romain. Perçus sous un angle spirituel, ils sont la matière, première au sens strict, de cette mesure mère. Son Orient.








« L'argent va à ceux qui l'honorent. » Alain



Évidemment, Alain a raison. Le seul problème est de ne pas pouvoir conserver sa religion dans un monde où la financière est d’État : on est obligé de faire semblant de l'honorer, et elle voit cette simagrée du haut de son imposture, de sa dictature, du haut de son ciel moderne : son « autorité spirituelle » nous punira, Big Brother, « nous regarde. » Ou plutôt ses fonctionnaires, ses factionnaires. Pour que son monde technicien fonctionne, il lui faut quelque chose, à cette idole, – paradoxe ! – dont elle ne reconnaît pas l'existence : notre âme, notre conscience, notre cœur.

Ces gens-là, qui n'ont plus tout ça, ne sont plus des gens. Nés pour diriger, formés et vivant entre eux, ils sont nés handicapés sévères : graves, ils vivent mal, pensent mal, fabriquent le mal et finissent mal. Il faut avoir la charité bien ordonnée de dire leur vérité, celle qui n'est pas bonne à entendre, au sens de comprendre. La vérité est qu'ils sont loin des gens, très loin des gens, loin des yeux et du cœur, ce qui leur permet de juger l'humanité citoyenne positive et libre, ou aspirant à l'être dans un besoin fondamental éternel nié, comme une pure trahison du devoir d'obéissance qui leur est dû à eux, « trahison » tellement éloignée, ici-bas, de leurs intérêts magistraux, qu'ils imaginent supérieurs et non négociables.

A cette distance-là de la réalité humaine, ils croient comme des martiens, pensent, et légifèrent, martiaux, en son nom – pour son bien. Si loin de la réalité, dont ils se réclament, du côté fantasmé de la leur, la supérieure matérielle avec monopole légal de la violence pour asseoir son décor imaginaire et obligatoire au beau milieu d'un réel établi comme un comptoir colonial dans les têtes. Pour s'asseoir sur elle, comme sur un meuble, puisque tout n'est qu'un jeu de dupes et de vitesse sur sa prétendue mobilité adaptative, évolutive, progressiste, productive.

« Tout est permis » pensent les financiers de droit divin, tous les coups (…) pour le pouvoir et l'argent, nommés respectivement intérêts du pays, finance ou économie, à cette altitude de vérité raréfiée et réservée. L'argument suprême étant la « mondialisation » de la pratique nommée logique de marché, concert des nations, commerce international, concurrence, besoin d'investisseurs, retard et sous-développement du pays, productivité (…). Le politique, à les croire, comme l'économie, n'ont pas d'autre définition que celle de la guerre, ni d'autre raison, ni d'autre nature, ni d'autre fin : la puissance illimitée pour pouvoir le plus possible être ce que l'on est – agents consentants et même héroïques de cette idéologie et de ces pratiques. Non seulement il faut collaborer à cette négation historique de la nature humaine, mais il faut remercier ces messieurs du mal qu'ils se donnent et surtout, nous donnent.

Ils n'ont pas, croient-ils, de comptes à rendre : le secret des affaires, en effet, rend pour le moins difficile, incertaine et contre-productive cette comptabilité-là, opaque comme les vitres teintées de leur voitures ou de leurs lunettes. Pas de valeur autre qui compte pour eux et leur système que les leurs, au chaud pour l'hiver à venir de leurs « mesures », en paradis artificiels. Toute forme d'humanité est en effet choquante, manque à gagner, déloyale, dérogeante, insécure et contre-productive à tous les termes, surtout le court. Quoi de mieux ficelé qu'un plan comptable, ce magnifique permis de trahir et de tuer ?

Ils trahissent, ils haïssent, bien sûrs, mais comme de bons agents doubles (…), peuvent-ils faire autrement ? On t-ils le choix, ces nouveaux aristocrates-serviteurs d'intérêts de haut vol ? Cette basse-cuisine n'est que banale, normale, frottée de réalité – la plus forte, surtout en odeur. Ils n'ont pas peur, eux, de se salir les mains pour faire le boulot que les autres ne veulent pas faire : n'est pas un héros qui veut, si on n'est pas prêt à tout pour être efficace. Nimier parla bien de cette collusion idéale, toujours célébrée par Hollywood, de l'homme d'affaire et du gangster, du bankster d'aujourd'hui (…) On ne peut plus qu'applaudir, désormais : le monde a changé, interverti les modèles en douce. Les durs-à-cuire vont le refaire à leur sauce pimentée ! Rien du tout n'est trop tard pour eux, curieusement.

Ils n'ont pas le choix, ces héros modernes : ils sont contraints, une fois passé du côté qui corrompt absolument. Pour avoir des contrats, il faut en passer, passer par là, et au passage, fustiger, ridiculiser ou terroriser, quand on ne peut pas les acheter, ceux qui veulent changer le monde des affaires, l'assainir, l'humaniser, avec leurs opérations mains propres (…), ou respecter les lois sans les détourner. Non. Ce qu'il faut changer, c'est le monde des non-affaires, tout ce qui n'est pas encore de marché, pas encore privé. Là on peut cogner. Le seul réalisme qui vaille est la violence, et plus c'est violent, plus c'est vrai ! A les écouter, dans « le monde impitoyable dans lequel nous vivons », pour vivre, être, agir, être pris en compte et respecté, il faut en passer par là : fini le bon temps des gens heureux, payés à ne rien faire qui rapporte un maximum pour un minimum d'investissement, assimilé à de l'anarchie et du privilège, dont ils ont, désormais, avec leurs méthodes, acquis, conquis le monopole et les brevets d'exploitation. De la Saint Barthélémy à la Saint Valentin, le chemin finalement, fut court.

Le pouvoir, son exercice ? Monter les gens les uns contre les autres : les morts sur le champ de bataille, gueule ouverte, offrant naturellement leurs plus belles dents en or, il n'y a qu'à se baisser. Plus que des idées donc, plus ou moins rentables, profitables. Remplacés, les idéaux, trop lointains. Les détours… Non, il ne faut plus que des désir de démocratie commerciale directe. Du désir pur et simple contre la réalité, prendre celui-ci pour elle, tant pis pour la facture : on recommencera sans fin, esclaves trop tard « affranchis ».

Tout tout de suite, toujours plus que tout, toujours plus vite. Des idées pures, comme dans la publicité ou la propagande, de l'idéel à modéliser, à « mettre en œuvre ». Images mentales et sentimentales qui détruisent tout : les structures contre l'instinct d'humanité, contre l'instinct de vie. La raison pure, défaisant le monde au nom d'un prétendu principe de fonctionnement aussi irréaliste qu'irrationnel, comme si l'être de l'humanité n'était qu'une machine à régler une fois pour toute ou à chaque seconde, ce qui revient à la même chosification. Une machine à désirer, à vivre, une machine à rêves.

Le cerveau plutôt que le cœur, là où loge la trahison de Winston dans 1984, le ver, partant de la foi idéologique en l'homme pour le mener à sa perte pure, logique. Une machine à penser ferait l'affaire, mais elle ne la fait pas : il y a l'inconnu, l'enfoui, ce qui se cache, l'ombre de la lumière humaine, spectre suspect, caché au fond de la démocratie de carton-pâte. L'humanité finalement défie encore et toujours l'humanisme matérialiste des deux mains. Avec son désordre humain véritable, accompli en soi et sur soi, comme moyen heureux de sa transcendance au, et avec le monde et l'univers comme milieu naturel et surnaturel. Catastrophe ! Les gens heureux n'ont pas besoin de besoins, de désirs, de rêves, ils n'ont que des idéaux intérieurs (…) C'est une hantise de la trahison : ce moyen heureux est l'humain lui-même, dans sa part divine renouvelée à chaque génération, sans rupture de continuité, non dans les changements, nécessaires ou pas, mais dans ses aventures et voies de confirmation, de vérification, autant vitales que de destination finale pleine et entière.

Nous n'aurions besoin que d'argent, cet Omni-Médiateur, nous n'aurions besoin que de faire de l'argent avec de l'argent, que du nombre pur, du nombre d'or du rendement financier, de sa règle d'or, et de sa prêtrise grise. D'un arbitre raisonnable « entre nos désirs, nos avoirs et nos dettes ». Infaillibilité du système, assurée par la logique pure et dure de l'efficience en soi, kantienne ou lockienne, « démocratique », et de sa sainte trinité : autorégulation, équilibre, moralité. Nous n'aurions pas vraiment le choix : l'argent ou la guerre, dont il n'est pas le nerf, mais un simple révélateur – croyez-le ! – un pur accélérateur accidentel, rien de plus, vous savez... L'argent n'est qu'un instrument, il n'instrumente personne, et s'il est une fin en soi, c'est parce c'est le plus heureux moyen, ou le moins malheureux, le plus scientifique, entre chaos et stabilité, de nos passions trop humaines, et qu'il qu'il faut le chérir pour ça, pauvres pêcheurs !

La nécessité d'une démocratie authentique ne peut s'imposer avec justice que dans la justesse d'une fin inclusive positive, maintenue ouverte et possible, face aux limites de la réalité du monde et de la vie, non le contraire : quand on part des limites, on ne fait que limiter les possibles, ce que Dieu lui-même ne fit jamais dans ses exigences les plus folles, – tout du moins tant qu'il y eut la figure d'un Christ pour décalquer celle de l'humain. Face à lui, la face du mal nécessaire, rationnel, l'oubli de cet humain comme mesure, la démesure de l'oubli au nom de la guerre de tous contre tous comme fin exclusive. Le mal le plus subtilement lourd : oublier les gens en ne les faisant, obsessionnellement, penser qu'à eux, inoubliablement, à leur désir, avoir et dette. Moi sans l'autre, impérial et paradisiaque, dans son faux quant à soi, unique dans son genre. Un soi générique, général, génétique, eugéniste, sans générosité ni gens.

Cet oubli toujours en mémoire est la racine, du côté des deux mains, du mal, son socle ancien et futur, l'unique racine des trahisons, de la trahison des élites perpétuée contre l'éternité, le nœud d'une perpétuité, d'une perpétuation, d'une perpétration jamais tranché, au contraire, ce nœud coulant est question sans réponse, puisqu'il n'y a plus personne pour y répondre et qu'elle n'est plus posée que par un processus extérieur anonyme, comme la société moderne.

Quel est ici le processus extérieur anonyme ? C'est que l'argent, de monnaie qu'il était, est devenu finance incontrôlée de droit divin, culte monothéiste en ses temples-empires. Du temps de la monnaie sonnante, Mammon, ce dieu, sans doute médiocre et malheureux dans un certain sens avaricieux trébuchant, n'était pas l'Olympe ni le Panthéon, il n'était qu'une figure tutélaire parmi d'autres de la comédie humaine, sans monopole de toute-puissance : il avait ses quartiers réservés, c'est tout. Il faisait la fierté naïve d'une bourgeoisie exemplaire qui se voulait honnêtement humaniste, au moins dans l'intention réformiste affichée ou pas, de supprimer une certaine aristocratie de droit divin pour la remplacer par une autre, apparemment plus modérée et éclairée, celle du droit du travail et de son prétendu mérite, retourné contre la noblesse du travail lui-même. Ses rejetons actuels continuent d'ailleurs d'espérer et de prêcher un bon capitalisme bien vertueux, raisonnable, moralement auto-limité et équilibré par la distance d'une « sagesse économique » de bon aloi, qui exista bien un peu chez nous, mais autrefois, ou ailleurs chez les « premiers » (sans même parler d'utopie), tout en affirmant se désolidariser des abus, de la délinquance, de la criminalité contre l'humanité du système mystico-économique qu'ils défendent comme un credo intouchable.

La réalité que leur crédulité douteuse cache derrière leurs bons et beaux principes, c'est que le monde a changé : il n'est déjà plus que mafia financière, mafia obèse d'ombre, qui se sert d'eux comme elle se sert de Dieu pour bénir ses « familles ». La différence entre bourgeoisie d'affaire (…) et mafia financière, ou capitalisme financier, est venue de la nature de la valorisation des valeurs autant que de celle des valeurs de la valorisation, déjà contenue en germe dans les principes réels du capitalisme marchand de départ, le financier n'étant que l'aboutissement moderne et industriel de son processus profond. La machine mafieuse dépasse de façon indéterminée tout ce qu'on aurait pu imaginer : elle fait l'histoire et la définit désormais comme quelque chose de total et incontrôlable, que personne ne plus ni comprendre ni arrêter dans son mouvement. Nous ne pouvons plus que suivre son mouvement de chute et d'écrasement de l'humanité et de la nature, après la période finissante de destruction de leurs valeurs – réputée pour l'instant comme révolutionnaire, pour se rassurer un peu et tenter de dormir la nuit avant la révélation à venir – , en répétant des prières automatiques, incantations de paix et de prospérité, alternées avec des supplication et sacrifices rituels de plus en plus sanglants et barbares, mais nécessaires.



  1. Le caractère spécifique du capitalisme est la recherche privilégiée de l'efficacité économique.
  2. La condition première de la maximisation de l'efficacité économique est la libération de la société civile par rapport à l’État ;
  3. Cette condition est remplie lorsqu'une aire culturelle est divisée en plusieurs unités politiques souveraines.
  4. Pour que ces virtualités donnent toutes leurs conséquences, il faut aussi que le système des valeurs se modifie au détriment des valeurs religieuses, militaires et politiques, et que les besoins soient libérés.
  5. Seul l'Occident a connu une évolution qui a tendu à remplir toutes ces conditions : l'ordre féodal issu de la décadence des provinces occidentales de l'Empire romain ignorait les échanges ; lorsque ceux-ci ont réapparu, ils ont produit un être original : le bourgeois, voué aux tâches économiques et démuni de toute légitimité. L'absence d'un ordre politique européen a entraîné l'anarchie de marché et l'impossibilité de créer un ordre économique. La dévalorisation des fonctions religieuses, politiques et militaires a concentré les énergies sur les activités économiques. Enfin la destruction des genres de vie à libéré les besoins et produit le consommateur moderne.




Pour « produire le consommateur moderne », il a donc fallu détruire les valeurs culturelles existantes, celles que leur disparition historique jette et rejette dans l'obscurantisme d'un passé simplement autre ou différent de la pseudo-culture capitaliste, comme ennemies du « progrès » du même nom, défini pour et à la place des gens eux-mêmes, par le système, comme une sorte de dieu de remplacement, de panacée universelle. Mais quel système de valeurs propose donc le capitalisme ? Un progrès humain ? et si oui, de quel type, par delà la satisfaction apparente et revendiquée des besoins primaires par une société de consommation fantasmée comme un rêve paradisiaque, hédoniste, comme récompense bien méritée du dur labeur et souvent des sacrifices ascétiques de producteur ? Comme un paradis terrestre réalisé ?

Voici la réponse du système :

« Or, il n'y a a pas de besoins naturels ou élémentaires. Sont élémentaires les besoins considérés tels dans une société donnée (…) Même la simple satisfaction des besoins élémentaires est susceptible de prendre une infinité de formes, étant donné que, jusqu'à présent, aucune collectivité ne s'est contentée d'avaler simplement des calories. Par conséquent, plus une société diversifie et multiplie les biens qui peuvent être l'objet du désir, plus les besoins, illimités par nature, puisqu'ils sont limités par la culture, s'accroissent. (…) la raison profonde pour laquelle le système industriel a trouvé les travailleurs qu'il lui fallait, est la libération des besoins. (…) la logique profonde du système (…) [est] la production de consommateurs de plus en plus nombreux et de plus en plus prospères. Étant entendu que la libération des besoins repousse toujours plus loin le point de satisfaction et accroît parallèlement l'insatisfaction.(…) La genèse des besoins dans le capitalisme occidental s'identifie donc à la dissolution des genres de vie traditionnels (…) [et à la fabrication] d'un consommateur élastique, capable d'absorber toutes les nouveautés.

(…) le changement est devenu lui-même une valeur. (…) l'obsolescence des objets, des biens, des institutions, des idées… ne cesse de s'accélérer et est perçu comme comme un progrès. (…) la société capitaliste [a] réussi à produire en nombre croissant des individus qui s’adaptent moralement à un mode de vie, dont le rythme haletant découle de l'absence de rythme profond. (…) les désirs ne sont pas enraciné dans la nature humaine, mais simplement déterminés par les désirs des autres : ils sont infinis par nature. (…) cette idéologie (…) entraîne le développement constant de la production. (…) à partir d'un certain seuil, le pluralisme culturel est irréversible et se nourrit de lui-même. »

Rien d'autre : pas de nature humaine, pas d'histoire extérieure ou intérieure, d'accomplissement, de réalisation, de réalité, encore moins de vérité, pas d'être, que de l'avoir ou du débit, pas de finalité, pas de valeurs, pas d'idéal, rien qu'un relativisme matériel, système social planétaire anonyme qui s'auto-adapte, produit et reproduit, s'auto-survit comme existant et sur-existant, pas de personne, pas de développement spirituel, artistique, pas de cosmos, pas d'humanité ni de divinité unitives, pas de science non-alignée sur les principes, juste un jeu de miroirs en trompe-l’œil, offrant un infini fabriqué d'indéfinité et de virtualité pure à partir de l'exploitation maximale de toute ressource quelle qu'elle soit : elle finira figée, normalisée, stabilisée et réorientée dans le grand mouvement d’horlogerie de la Matrice Économique, avec ses cycles de naissance-mort-renaissance, sortis enfin du temps et de l'espace premiers, avec une seule fonction globale : produire et reproduire le même dans le différent, dans l'autre-même-moi-moule. Rien. Nihil. Nada.

Une fonctionnalité pure de rouages et de rouerie. Renvoi absolu au vide moteur de vie et de mort, mais pour se remplir les poches, sans axe, boussole ni assise, sans assiette, ni stabilité ni verticalité : un pur mouvement horizontal objectif, circulaire, séparé, en orbite autour de lui-même. Un astre mort. Un ramassis, un synthèse, un vestige, une reconstruction, une reconstitution, un si précieux pluralisme culturel de matière première et dernière, finie, recyclage permanent, une anthropophagie culturelle jouissive, auto-dévoration cultuelle noire, mais blanchie. Soft Kali Yuga. Un précipité de néant. Bravo l'Alchimiste ! A la vôtre !










vendredi 8 avril 2016

BINGO CRÉPUSCULE # 6 COMME À LA GUERRE !







  1. Verdun. Imagine Verdun, bataille dite « de matériel ». Objectif : « marcher sur des cadavres pour avancer ». Symbole de l'absurdité : 300.000 morts pour rien : chaque ligne revenue à sa place après la bataille. 53 000 000 d'obus en 10 mois ! La vibration des explosions sensibles à 150 km ! Rien ne rendra compte de Verdun : ni les mots ni les chiffres ni les images ni le reste, ni l'argent ni la mort ni personne. Seuls les morts savent dans leur vengeance muette, et ceux qui ont survécu, transmettant mystérieusement l'indescriptible vécu de cet enfer moderne. Ce vécu est en nous : crabe qui nous tient par les… esprits transmis. Ne lâchera que le jour J.

    Ce que 1914 a cassé, pour longtemps, et peut-être pour qu'un jour tout puisse se reconstruire sur d'autres bases, par une ruse de l'histoire sortant des limites posées et imposées depuis la dernière rationalisation culturelle européenne et mondiale (peu importe sa forme spatio-temporelle), c'est quelque chose qui demande non pas à être réformé dans un pieu vœu humanisant de façade ou récité comme une prière de moulin, mais réparé à neuf, en donnant au mot réparation son poids humain et mémoriel intrinsèque à la fois. Parer de nouveau : cette chute prépare un nouveau « parage » au sens occitan, troubadourien du terme, global, holistique, hors du partiel d'une histoire divisée contre elle-même, au fond de chacun survivant de survivant de.

  2. Revenir toujours sur cette marche au suicide aboutissant du XIXème, ultime résultante de ses positivismes techno-économiques et de ses socio-scientismes bourgeois, ses pseudo-religions, comme les nommait Huxley. Discerner les raisons pures et impures de l'acceptation de masse de cet holocauste d'avant les camps nazis aboutissants, eux aussi (on a dit et répété, mais sans être compris, qu'il n'y avait eu qu'une seule grande guerre, de presque un demi-siècle). Comment cette acceptation, figurant « l'horreur économique » mondiale de 2014, fut obtenue d'abord pour pouvoir ensuite tout brader, tout liquider.

  3. Au fruit se reconnaît la graine de 14 en Terre Humaine, si chère à Saint-Exupéry, dans cette guerre à la vie, depuis lors, menée contre tant d'exterminés avant même les camps finaux, comme tant d'inconnus d'après eux, soldats malgré eux, tous jetés dans ces Bingo Crépuscules, aussi et encore, les descendances poussant leurs bras morts vers un avenir qui n'est plus, désormais qu'un néant monumental de bourgeons existentiels de synthèse.
    Si longtemps encore il faudra fouiller, pour identifier un mal si « pédagogiquement utile », avant de (re)construire quoi que ce soit d'humain, que ce ne sera probablement qu'arrivé à sa maturité de destruction maximale, hélas, que les choses inversées et perverties, pourront – il n'y a plus de choix, confortable, d'y croire ou pas – (la négation de cette possibilité même de croire étant au cœur de l'anarchie d'un mal libéré de son ordre naturel) – se renverser à l'endroit de leur place propre et taoïste, au milieu de machines de paix dont nous ne savons pas ce qu'elles seront, mais au moins, le fruit d'un artisanat nouveau, nouveau pacte humain avec la nature, qui est aussi la nôtre.
    Mais nous percevons déjà les engrenages vitaux de synthèse qui vont exploser en vol, temporels liés et communs – qui auraient dû rester organes de raison naturelle ou naturels de raison : surpopulation, suractivité, surexcitation pathologique, surmenage de fuite en avant, surproductivité, surexploitation, sur-alimentation, hyper-contrôle, hypermarché, superstructures, superstitions, dénaturations, épuisements des ressources, automatisation de la diminution humaine, dépendances d'enfermement, déconstructions, remplacements de synthèse et de la mémoire, informatisation et robotisation des esprits. La liste est ouverte…

  4. Pourquoi Camus est-il l'un des auteurs les plus lus au monde depuis peut-être un demi-siècle ? Sûrement pas à cause du marketing Gallimard. Mais parce que partout on comprend, par delà le nihilisme existentiel des sartriens, et par delà les tropiques des humeurs civilisationnelles et leurs tristes parallèles, que si une reconstruction du monde est possible et pensable, d'un monde sensé, d'un monde qui puisse être et valoir humainement, elle ne peut passer que par la libération de l'enfermement historique de tranchées de l'anarchie guerrière et industrielle de l'économie de marché, qui est le contraire de l'échange en soi et de la liberté réelle. Cette libération ne peut passer que par une refondation de la science sur de vraies bases universelles au sens strict – qui est humain, le vrai critère perdu en cours de route, mais dont la mémoire intime et transcendante est la plus objective des convictions partagée inconsciemment de la vraie science à venir, à revenir, unitive et non pas unifiée.

  5. Seuls des métaphysiciens de l'absurdité et de l'inhumanité d'un monde purement humain agonisant d'être immortel dans son seul désir de puissance, métaphysiciens non-violents au sens donné par ce terme par Gandhi, peuvent questionner ces maux abyssaux qui haïssent la vie libre et spontanée positive, généreuse, créatrice, bienfaitrice, bienveillante, juste et durable dans tous ses développements. Seuls des métaphysiciens nouveaux, ne se souciant nullement de métaphysique, mais de ce qui est et vaut par la voie directe la plus courte hors du temps et de l'espace, pourront répondre à ce qui empêche cette voie d'éclore, d'émerger du chaos technicien schizoïde, de pousser les tiges et les vagues de ses structures spontanées, intrinsèques. Répondre au mal machinique qui empêche l'être et son action, qui empêche le monde de tourner librement en le précipitant au charnier moral et culturel ordonné par une poignée, enchaînée plus encore que déchaînée, de hauts-malades apeurés et délirants.
     
  6. 1968, Gérard Mendel, dans « La révolte contre le père », pensait que la psycho-pathologie du nazisme correspondait à un courant collectif inconscient : «  J'ai peur que, plus qu'une époque germanique, ce soit un courant très général qui se soit exprimé là, un courant nihiliste et qui s'exprime sous d'autres formes dans le monde à l'heure actuelle. » Dans son livre, il « développe [l'hypothèse] de la transmission de l'acquis inconscient d'une génération à la suivante par la société (…)
    Pour Mendel, à la suite de Freud, l'humanité a « inventé le père » religieux comme une possibilité de médiation entre un sujet enfant et sa mère toute puissante. Il questionne le rapport entre image paternelle intérieure et image paternelle extérieure (dieux...) : la première est intériorisée pour dépasser le conflit œdipien par identification inconsciente par l'enfant qui reporte son amour sur des personnages externes à qui il confie sa puissance (chefs).
    A l'époque moderne, l'homme a perdu son « appui religieux » et finalement, se rend compte que « la promesse des dieux n'ayant pas été tenue, que son épanouissement est nul. Son angoisse est extrême. » Cette « amertume tragique » le conduit à « la révolte du désespoir ».
    « Ou bien c'est la révolte au nom des valeurs au nom du vrai père ... »
    Quel serait ce vrai père dont parle Mendel ? Quelles sont ces vraies valeurs comme les nommait Giono ? Pour ce qui est de ces valeurs, Abraham Maslow a parfaitement répondu à ce sujet : qu'on aille y voir, si l'on croit encore que ce mot : valeur, a encore une valeur...
    Cette révolte, elle, au nom du vrai serait-elle aussi celle du père, apparemment contre le désir de ses enfants, qui est aussi le sien – identifié et transmis –, en réalité contre ce qui le menace et ruine intrinsèquement en tant qu'homme dans la beauté naturelle de ses forces spirituelles les plus viriles, patriarcales ouvertes aux femmes et même à un féminisme traditionnel, social, familial et humain, paternelles donc au sens péguyien du terme, non machistes ni dominatrices ? Tout ne semble t-il pas résider dans la rupture et l'empêchement de transmission authentique, par un produit social de remplacement, produit économique pur au final, contre l'humanité du lien naturel, intrinsèque ? Mission de rupture physique et métaphysique que 1914 a remplie au-delà des espérances, dans un certain sens, au niveau nihilisme transmis de génération en génération.

  7. Dans le cas de 14, les pères externes nouveaux et officiels ont été vendus et incarnés, en proposition de dépassement du désespoir des jeunes générations survivantes, par la Déesse Patrie, terme enfermant le mot père, lui-même coulé et comme moulé dans du féminin, la Nation des enfants humiliés de Bernanos, qui se métamorphose, selon les circonstances, en Parti, en République ou en Société. Structure étatique divine, religieuse laïque, familiale humaniste, tribale citoyenne, libérale ou nationale universaliste voire nationale ou internationale socialiste à certaines occasions… quelle importance ? Allant de la patriarcale à la matriarcale, selon d'où vient le vent de l'histoire… moderne, mais à coup sûr vers ce qu'on pourrait nommer une unisexualité intellectuelle et morale de rigueur, en l'absence invivable de toute spiritualité authentique, pour ce qui est de l'intérieur... Démocratie normalisée, sociale normalisée, moderne, des valeurs extérieures, économiques en un mot.

  8. Hypothèse mendelienne de « l'hérédité des caractères acquis », transmise par l'éducation au sens large, qui au négatif comme au positif, échappe aux conservatismes institutionnels. Reprenons : selon Mendel, si ce n'est pas «  Ou bien une révolte au nom des valeurs au nom du vrai père… Alors c'est :
    Ou bien c'est une révolte complètement désespérée, une révolte nihiliste pour tout détruire. »
    Pour lui, « la jeunesse de notre époque [années 70 ] est au plus haut point « coupable » parce que pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, elle ne parvient pas à se déculpabiliser en remettant ses pouvoirs à des personnages paternels externes puisqu'elle les juge indignes », ces pouvoirs, elle doit les assumer seule : «pour la première fois, je crois, des révolutions ou des essais de révolution (…) sont (…) des rassemblements d'individus qui essaient de défendre des valeurs qu'ils sentent mutilées dans la société à laquelle ils appartiennent (…) au risque de perdre la ligne directrice souhaitable », mais surtout au risque « du désir extrêmement vif à caractère religieux de s'en remettre à un père plus fort. » Désir à l'origine des « religions laïques » modernes du XXème siècle : fascisme et communisme, Fuhrer et Petit Père des Peuples, « poussés par un désir et une volonté de vivre… contre les pères indignes ».

  9. De l'affaissement de l'autorité crédible du père naissent (à moins que ce soit l'inverse) celles de l’État providence et de la Mère-Patrie d'antan, des temps de l'innocence citoyenne, naïve et fidèle au sens strict du mot. Un dieu historique ne peut que s'affaisser comme le Sphinx dans ses sables. Père perdu celui qui – aujourd'hui toujours plus qu'hier, comme la dette, rendement oblige, une fois vidées les caisses du dieu protecteur en appât d'un gain progressiste d'un monde meilleur, ou familiales, tombant dans un discrédit toujours plus total des consciences – renvoie chacun à la tonte de ses moutons, à ses propres ressources personnelles-parentales, alliances élargies ou épuisées par les ponctions protéiformes envahissantes de la guerre économique mondiale galopante, casse-pipe célinien éternisé d'une Mort à crédit assurée. Bérésina glacée de l'économie de marché… en marche !
    Retour à la case départ, sans plus de père ni de repère comme on dit banalement : lourde retombée, des Sur-moi de remplacement aux pseudo-pères auxquels on prétend toujours et encore plus pouvoir substituer quelques idées-mères éventées par de chaplinesques mécanos systémiques de la Générale, inventées de toute pièce à partir de désirs mutilés et malades d'avant 14. Après, l'économie-monde, basée sur une seule chose : la production infinie de désirs, entendez : sociale, y compris la sociale ! Là gît la racine du remplacement : diminution et du simulacre. Comme à la guerre !