mardi 30 août 2016

LE MIRACLE DES LOUPS





"Seul l'être humain a une destinée éternelle. Elle répond à la destinée éternelle de l'être humain. Les collectivités humaines n'en ont pas. Aussi n'y a t-il pas à leur égard d'obligations directes qui soient éternelles. Seul est éternel le devoir envers l'être humain comme tel. Cette obligation est inconditionnée. Si elle est fondée sur quelque chose, ce quelque chose n'appartient pas à notre monde. Dans notre monde, elle n'est fondée sur rien. C'est l'unique obligation relative aux choses humaines qui ne soit soumise à aucune condition."   Simone Weil, L'Enracinement, Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, 1943.







Regard de cette femme. Scrutateur profond sans jugement, impérieux, mais généreux, emprunt d'une mystérieuse et lointaine mélancolie tempérée par une sorte de sérénité dans la certitude, de douceur affirmative active, touchant au partage du plus spontanément humain.

Cette voix, avec son indéfinissable intériorité sonore, sa sororité intérieure, cet accent d'enfance et ce souffle de feu, d'une unicité à la fois fugitive et universelle, cette mystérieuse fugacité musicale. Reconnaissable entre toutes, mémorielle.Deux en une, (re)transmise.

Fugue lumineuse de mots, chantant comme l'eau vive d'un Bach, exprimant tout ce qui peut l'être des couleurs de la vie, avec cette sorte de justesse raffinée, mais libre, qui fait aimer la langue d'un amour naturellement élevé, sans l'exclusive ni le pouvoir qui tord, à la fin ou avant la fin, le visage ravagé des anges déchus, poussés dans le vide du mal par la cruauté d'un système ignoble.

On ne trahit pas un tel visage, on ne fait pas taire pas une telle voix sans se trahir soi-même. Rome n'est rien.










jeudi 18 août 2016

LA VÉRITÉ # 33 LE CERCLE SANS FIN








Entendu à la radio. Le pire pour un philosophe lucide, mais inquiet d'aujourd'hui – puisque la philosophie est devenue temporelle contre la perennis – étant de voir et dire que le principe même d'humanité n'a, de toute évidence, pas été démontré par l'histoire contemporaine : les progressismes n'ayant pas même réussi à ça !

Mais, dans l'après 1918, après tout, le ver était déjà au cœur du fruit défendu des non-évidences vicieuses du doute, du soupçon et de l'incrédulité, et, remontant notre histoire, nul ne sait comprendre depuis quand, au juste. La honte bue se cache au fond d'estomacs malades, mais fiers, guerriers même.

L'homme « de la rue », le massifié normalisé ne croit plus à ce « mensonge », qui, à rebours, comme le lui enseignent sournoisement les transgressismes libéraux, l'empêche toujours de vivre un vie libérée des dogmes, dans laquelle enfin, « tout serait permis » à l'intérieur du Système Relatif du Compte en Banque.

Ainsi, une voie s'est ré-ouverte : le pire étant aussi certain qu'à venir, l'humanité morale et intellectuelle, au mieux, sabotée et sabordée dans les faits, au pire, invalidée et infirmée dans l’œuf, les fascismes, renaissants de leurs cendres recueillies et entretenues religieusement, n'ont plus qu'à la nier jusqu'au bout, ouvertement, à travers le système de remplacement post-humain dans les tuyaux. Quand une pièce est usée...

Heureusement, pour l'humanité – au sens humain non-conceptuel – elle ne fut jamais comprise ni vécue dans aucun « humanisme » officiel, ce qui lui ré-ouvre, comme jamais, – ce « jamais » d'instant « t » toujours parfaitement superposable à toute petite éternité vitale, – le chemin d'une rédemption de combat et de conscience, d'âme et de cœur – rédemption collatérale, que cet humanisme-là s'évertue à fermer depuis le début de sa dictature renaissante, contre une certaine chevalerie spirituelle, elle-même, ni démontrée ni confirmée... puisque la vérité ne se vérifie pas.







mercredi 17 août 2016

POUR SALUER SIMONE





« Lentement, dans la souffrance, j'ai reconquis, à travers l'esclavage le sentiment de ma dignité d'être humain, un sentiment qui ne s'appuyait sur rien d'extérieur cette fois, et toujours accompagné de la conscience que je n'avais aucun droit à rien, que chaque instant libre de souffrance et d'humiliation devait être reçu comme une grâce, comme le simple effet de hasards favorables. (…)
Cette situation fait que la pensée se recroqueville, se rétracte, comme la chair se rétracte devant un bistouri. On ne peut pas être « conscient ».

Simone Weil, Trois lettres à Albertine Thévenon




***



Première et dernière liberté : ne pas avoir peur. Vérité : je suis donc je pense. Mais surtout : ne pas penser parce qu'on a peur. Pas avoir peur d'être. Certains, si majoritaires, si écrasants, si dominants, si certains – justement !


Ne voulant ni savoir ni voir que la liberté, réelle ou vraie, pas l'illusoire, ne peut être qu'une sorte de relèvement de l'esclavage universel, fut-il cousu de droits tout aussi (dits-) « universels ». Dignité et vérité, choses plus ou moins interchangeables, – que le relèvement collatéral d'un certain désespoir premier, constitutif lié, comme l'esclave, pieds et poings dans la tête et dans le sang.

Désespoir dont la forme existentielle essentielle est la dépendance instituée. Vécu indescriptible au sens propre ou inconscient, latent, refoulé, rentré comme une honte de déchéance collective – comme les dettes : collectivisée !

Toute cette soumission aveugle ou aveuglée, aveuglante, écœurante et toxique, érigée en condition universelle, – soleil souterrain du Grand Jour autant que du tout petit et minable, partout imposée dans une magie noire, diffuse comme le voile discret d'un tâche indélébile, inscrite, gravée, gavée et naturalisée en pensée unique, niant l'intégrité de l'être personnel et non-personnel, humain et non-humain.

Là est, a été et sera le premier crime, le premier des crimes, succédant au, et précédant le couteau et le boucher et le croc (pour faire court, parlant, en ces temps expéditifs dans leur retour de malédiction sur investissement aveugle, sourd et muet comme le spéculateur civilisé, avisé, initié).

Camus, dans son « étranger », sa sanglante ironie, par delà guerres, colonies, classes et communautés : soleil aveugle armé par la main invisible du maître-marché-chanteur, le chien qu'on y bat, des deux côtés du manche du fouet enchanté : l'argent, plus sale que le dernier des salauds.

Question du où et comment s'instituent ces dépendances-là, sado-masos, en forme de liens naturels, enchaînant plus sûrement que « l'ombilic des limbes » du Momo, cruellement, corps et âmes, au bal célinien des pendus. Cette république- de droit divin, un pitoyable marquis du crime, en pays catholique de France, la rêva, « royalement » fantasmée en chaleur révolutionnaire. L'Être Suprême, nirvanesque, carnavalesque, grotesque, obscène.

S'il n'y a que des guerres dites de religion, c'est que la religion des guerres explique, calcule et valide tout au nom de la raison instrumentale transcendantale des « affaires ». C'est tout ! Depuis le premier crime, le premier viol, le premier égorgement, le premier massacre, la première négation, bien avant les fours – si vite oubliés chez les cousins des brumes du nord !

Ici, pays de France où les ennemis de religion, il y a si peu, se mangeaient mutuellement vivants ! Où les soldats du dieu républicain, jusque là-haut, en haut-lieu, à Paris, se faisaient et faisaient faire des culottes en peau humaine ! Où le phosphore napoléonien dévorait méthodiquement les corps enchaînés, tout au fond des cales négrières d'outre-mer !

Aucun temps ne change jamais, aucun homme de cette espèce- ne change jamais : tout se transmet, se transmute, se transpose, se transforme, se trans porte, seulement. Rien jamais ne change : tout bégaie, s'agite dans le bocal célinien, maquillé, truqué comme un monde d'automates infernaux, infirmes.

Dictature d'un certain « vivre-ensemble » (traduction indisponible, introuvable, ou non autorisée) dans ses abjectes gauloiseries apprenties-nationales-socialistes.  

Seule, mère de l'aînée de la plus dévoyée, Rome, dans ses empereurs les plus dégénérés, osa préparer la question, offrant la bénédiction aux fratricides, aux parricides Procuration de son infinie bonté, jusqu'au tréfonds du mal; d'une « grâce », d'une extase, d'une absolution officielles octroyée sur le Trou à Merde, à Larmes, à Sueur, à Feu et à Sang et à sperme

Surplombant de sa blancheur de mort le Système d'argent. Corruption généralisée, obligatoire comme la mécanique d'un sexe désaxé : celle d'un enfant-roi sans âge ni sagesse.

Il n'y a d'espoir de relèvement pour aucun abus de pouvoir, il n'y a que la violence blessante et meurtrière, instituée de sa légitimité autorisée, plantée dans le dos de qui résiste à, ou ignore encore l'horrible nudité de la douleur infligée, impardonnable. Le pardon, pas plus que l'humain, fait pour le mal. Nous savons si peu, mais avec certitude.

Il suit le crime, mais ne le précède jamais. Comme l'amour, il ne se décrète pas, il se mérite d'un mérite qui ne se gagne pas, mais vient comme une force à qui va la chercher où elle gît, trahie, piétinée, salie, humiliée. A ceux qui décrètent ne répond que le silence de la dissociation consciente, animale, instinctive, volontaire, farouche, blessée, irréversible.

Le pardon n'est ni principe ni parole d’Évangile – même laïc, ni tourment perfectionniste, mono-maniaque, ni souci d'insomniaque, désirant, calculateur : c'est une grâce impondérable, sacrée, que ne peut contenir – même les yeux bandés d'une parodie de justice, aucun texte ni aucun mot, aucun sentiment – même de pitié, aucune pensée – fut-elle unique, « d'amour » ou « de vérité », « d'ordre » ou de « raison » (...) : il vient de la liberté, de la vérité et de la dignité libérés de la peur et de la pensée de la peur.  

Il vient tout seul ou pas, à son moment, ni avant ni après. Il y a des lois qui n'ont rien à voir avec les lois, que la raison ignore, volontairement et involontairement.

Ce pardon, au-delà du mal, infiniment plus grand : c'est le bien, l'impossible bien, dont le centre est partout et la circonférence nulle part. C'est une flèche, une pure flèche que rien ne tend, suppose, déclenche ou arrête. Il est comme le Tao : quand il parle, quand il pense, il ment, en esclave. Quand il est, c'est en chemin, en acte, en vérité interdite, en résistance, non au mal, mais à ce qui le protège et génère.

Il est donc inutile et manipulateur d'en parler à sa place. Ici toute anticipation-même n'est qu'imposture, celle du mensonge couvrant la fascination du crime. Il suit le crime, mais pas tous. Il suit ceux qu'on peut suivre, sinon il n'y a plus de crime, il n'y a que de la peur autorisée de la loi.

Loi dévoyée, utile dans son inutilité autorisée, rétribuée, achetée, vendue. Marché de la terreur, dupes manipulées manipulantes au bal masqué des « services », spéciaux, culinaires, sexuels, mystiques et financiers. Mystique financière.

A sa rumeur, montante comme le « collecteur central » bernanosien, une seule réponse : une sérénité absolue, détachée, absente, désertante sans tentation, démobilisée. Stoïcisme de la plus haute indifférence. "La plus haute tour."

Années 20 (?), Mexique. Regard nonchalant de cet homme jeune encore, photographié par Cartier-Bresson peut-être, tirant sur sa cigarette devant le peloton qui le met en joue. Meursaut positif, renversé par l'absurde du système, renversant et renvoyant l'image, tranquillement, aussi tranquille que son exécuteur

"Les jeux sont faits sur la terre" disait un poète breton, barde disparu des seventies, sur un ton puissant, soulagé, délesté en quelque sorte de la pesanteur d'une guerre systémique maquillé en cosmologie moderne.

Vive la paix spirituelle de ce défi ! Vive la grâce !






mardi 2 août 2016

FORGET ME NOT # 1 REMEMBER ! MERCY !








Aux victimes, de toutes religions, y compris l'étatique, du terrorisme, dit islamique.



« Forget me not,
c'est comme ça qu'on appelle
le myosotis en anglais :
rappelle toi-de moi. »


***

« Je n'aime pas le mot tolérance, mais je n'en trouve pas de meilleur. La tolérance peut impliquer la supposition que la foi d'un autre est inférieure à la nôtre. (…) Si nous étions parvenus à la pleine vision de la Vérité, nous ne serions plus des chercheurs, nous serions devenus un avec Dieu (…) car la Vérité est Dieu.

(…) Or si nous sommes nous-mêmes imparfaits, la religion telle que nous la concevons doit être imparfaite aussi. (…) Le respect que nous éprouvons pour les autres fois ne doit pas nous empêcher d'en voir les défauts. Nous devons être intensément conscients des défauts de notre propre foi, et pourtant ne pas l'abandonner pour cette raison (…) Si nous considérions sans partialité toutes les religions, non seulement nous n'hésiterions pas à mêler à la nôtre tous les caractères désirables des autres, mais nous estimerions que c'est pour nous un devoir (…)

Chacun a raison de son propre point de vue, mais il n'est pas impossible que tout le monde ait tort. »

GANDHI, LETTRES À L'ÂSHRAM


***






Je me rappelle de toi, l'Indienne Hindou-Bouddhiste, les larmes me coulent des yeux, parce que ton romantisme était une religion éternelle, non platonicienne, du bien, du beau et du juste, venue d'Orient extrême par l'Anglais, mariée à l'Occitan Cathare, au Juif Errant de Sagesse, à l'Arabe Solaire, à un Christ Musulman, au Slave Orthodoxe. And so on.

Tu m'as donné un morceau ton romantisme christique universel en héritage, mon enfance y a versé un Chamanisme spontané, Païen Gréco-Celtique sauvage, libre, mystérieux, intrépide et nietzschéen pour le régénérer au milieu du mal, lui donner la force féminine suprême de se battre au spirituel avec l'intuition fulgurante d'un guerrier de chevalerie d'une Mancha Hispanique en bandoulière.

Souvenir éternel de toi. Dans ce tombeau triste et mélancolique de poésie Anglaise. Mercy de tes visites dans mon cœur émietté et mon âme en peine de ces temps maudits de modernité fascinée, malade de barbarie infantile et sénile. Mercy de ta force imprenable et du panache de feu de ton Absolue Pitié , de ta souffrance infinie, mais pudique, de ton sacrifice. Mercy de ta noblesse obligeante, hugolienne.

Mercy pour les âmes-sœurs que tu envoies à la mienne du haut de ta haute solitude. Jamais nous n'oublierons vos cris dans les noirs  bûchers des vanités. Jamais je n'oublierai les tiens, muets, en forme de sentences ou de paraboles descendues en rappel de l'échelle de Jacob. Ni ton ouverture absolue au monde relatif.

Honneur à ta vision interdite, honneur à tes sentiments crucifiés par la bêtise cruelle d'un monde en ruine. Mercy pour le bébé maintenu à bras tendus hors du bain, dans la fraternité la plus tendre et sévère.
Mercy pour tes larmes. Mercy pour tes colères. Nous ne savions pas que la vérité éternelle, comme la mémoire, est mortelle.

Je me souviens ! 
Donc je suis ! 
Remember ! 
Mercy !