mardi 21 mars 2017

LA VÉRITÉ # 47 LA NOUVELLE MORALE






Il ne faut pas de transparence dans la vie, ou le moins possible.
Cachez cette vérité que je ne saurais voir. Il y a tant de gens, et en particulier les hommes d'affaires, et demain, femmes d'affaires, qui se trouvent obligés d’œuvrer, pour faire de l'argent, à la limite de légalité, qu'on ne peut décemment leur demander, à défaut d'avoir une conscience morale, des comptes sur chacune de leur activités présentes, passées ou à venir, si utiles à la prospérité générale du genre et du parc humain.

Ce serait un complot contre l'économie de marché. Le monde si beau, nouveau et fleurissant des marchés s'en trouverait immédiatement ruiné, ainsi que les magnifiques bureaucraties d’État qui le soutiennent et s'en nourrissent, en plus des impôts et taxes, ces parallèles, humanistes, légaux, aux rackets, sur lesquels ceux-ci ne manquent jamais de jouer à fond. La hausse prohibitionniste du prix du tabac n'ouvre t-elle pas de belles futures contrebandes ? La liste serait longue.

Non la vérité n'est pas bonne à dire, surtout la morale, qui n'a rien à voir avec la légale. Tout doit être technique et légal, techniquement légal, strictement. La loi modernisée fixe les règles formelles de fonctionnement du jeu économique. L'économie souterraine prospère à l'ombre et à l'abri de ces règles. Simplement, elle joue de l'autre côté de la barrière, spéculant sur ce qu'on tirer de profit du mal d'une loi volontairement haïssable et absurde, qui n'est plus que signe mystérieux du pouvoir. Mais lequel ? Les deux, mon capitaine.

Volontairement haïssable ? Il faut qu'elle soit contre, contraire, rarement pour, comme remarquait Kerouac. Contraire à la liberté humaine, et plus exactement à certains de ses besoins fondamentaux qu'elle prétend réguler, alors qu'elle fabrique un marché, autant que la dérégulation qui la suivra, inévitablement. Une loi aimée n'est plus une loi, s'il n'y a plus de contrainte, donc d'impartialité ou d'inhumanité douce, de sacrifice sécuritaire, ni donc de profit prédictible. la morale établie est un marché captif.

L'avantage de l'impartialité, c'est qu'elle ouvre à toutes les combines pour la contourner et l'utiliser, pousse au génie, au progrès, surtout aux marges, pas seulement aux limites du légal. Elle fabrique ce dont elle se nourrit comme objet à frapper et dérober, ouvrant et suscitant tout un monde inédit, parallèle souterrain qui sera finalement intégré dans le produit intérieur brut. Moralité et rentabilité indirecte assurés. Contre la libre nécessité accordée et consentie comme base de liberté démocratique.

D'où cette exigence récurrente d'opacité dans la vie privée, signe extérieur de liberté des marchés de l'ombre contre la vraie liberté, qui sont aussi, souvent, marchés de dupes, censés ne pas exister, et que d'ailleurs personne ne connaît ou reconnaît, officiellement ou pas. Sainte opacité pas forcément que contre l’État contrôleur, régulateur (...), mais bien plus, peut-être, pour la conservation de certains monopoles occultes, qui eux, effectivement défient vraiment l’État sur certains marchés dits « sociaux », à partir d'un État fourvoyé, dévoyé ou soudoyé.

Le magnifique, dans ce monde moderne étatisé et marchandisé, est que tout est calculé, surtout l'incalculable. Par déduction ou induction, un peu comme on repère certains astres invisibles par la même méthode, trés scientifique. Par les lois subtiles ou occultes de causes et d'effets appliquées au système d'argent survivaliste. Cette si belle machine, matrice au goutte-à-goutte raffiné. Examinons le génie de conception d'un élevage industriel, quel qu'il soit : que religion il y faut !

La cartographie des masses astrales, des amas et conglomérats, est stratégique : elle détermine les futures colonisations de l'espace humain dans son infinité intérieure, psychologique et spirituelle. Contre les cultures premières, les besoins niés, détruits en gros et trompés en détail. Recréés synthétiquement pour le compte-goutte de satisfactions pavloviennes, leurrés par du frelaté hors de prix, valorisé à partir d'arômes et de simulacres calibrés.

Un modèle est social-maternaliste, surnaturel-communiste, en quelque sorte : leurrant d'abord l'enfant, le petit, puis l'homme, l'humain, la logique, la raison. La belle école aux bons sentiments que voila. La vie rêvée (…) et respectable. Suivra la « socialisation », comme si l'humain n'était pas d'abord pure socialité, bonne ou mauvaise, là n'est pas la question. L'apprentissage des règles de vie remplacera la vie des règles, leur humanité première, centrale, essentielle, spirituelle et affective, règle d'or des sagesses. Règles du jeu d'une nouvelle morale, celle de l'ombre et de la loi, celle de la puissance. Double vie. Double jeu.

Alors que cette humanité première était plus que sociale, et non moins.
Là est le nœud du problème, cœur du mal, ce calcul millimétré prétendant rectifier et édifier le standard. Paradoxalement, calcul absurde et criminel, comme tout pouvoir le devient, dès qu'il sort de la nécessité humaine pour intégrer la contrainte intégrée d'une nécessité abusée au nom de sa prétendue prolongation universelle pratique. Comme s'il existait un universel de l'opacité, de la doublure et du remplacement, celui de la raison pure – comme on lave l'argent sale – contre la vérité nue, abandonnée... 






vendredi 17 mars 2017

LE MÂT ET LA GOUVERNE, POUR UNE VRAIE NATURE



" La paix est un état sévère, et qui fait aussitôt oublier que la sévérité est nécessaire. (...) Certes, il faut payer l'ordre, et même très cher; nous aussi nous le savons, qui avons fait la guerre. Nous sommes colonisés, si je puis dire, par nous-mêmes et sans douceur ! (...) Il est facile de louer les mœurs sauvages (...) nous devons savoir, et ne jamais oublier, que la simple et aveugle coutume établira partout (...) un régime de crasse, de négligence et de fanatisme (...) "    ALAIN





 







Pas plus que le passé on ne dépasse la nature. On ne fait que l'affiner, la prolonger, plus on l'éradique plus elle repousse follement. Nous ne sommes pas tant menacé de sa disparition que des désordres engendrés par nos tentatives de domination et de soumission.

Il est aussi vain de croire pouvoir doubler une culture première que de vouloir la glorifier. Se glorifie t-on soi-même à moins d'être tyran fou comme Néron ? Dans les deux cas, on trahit et on salit, comme pour Dieu dans ses institutions, ses remplacements. Nous ne pouvons vivre déracinés des cultures premières.

Il n'y a pas de retour à la nature, il n'y a que des retours à la vérité. Parce qu'il n'y a que la vérité qui vaille et sauve. Il n'y a ni temps ni espace dans la nature réelle, mais une vie unique, éternelle et universelle, partout infiniment démontrée et indiquée.

Le mal vient de la négation et du reniement. Refus institué et intériorisé de cette vérité première, dans la guerre faite aux peuples premiers qui en sont l'incarnation la plus humaine, dans leur refus de l'humanisme spéculatif, dans tous les sens du mot spéculation. Leur mise en esclavage – quand elle fut possible – ne vaut pas acceptation de ce système.

Dans ce sens strict, tout savoir qui ne confirme pas éthiquement, spirituellement et scientifiquement cette évidence absolue, n'est qu'illusion criminelle, leurre de l'imposture et de l'ignorance. Toujours dans ce sens, il n'est pas un seul problème, petit ou grand, qui ne trouve sa solution dans cette vérité première. Le reste n'est que guerre à la vie dans son principe au nom des son idée déformée, dénaturée.

Vérité exprimée absolument par la nature dans ses lois, son intégrité de vie et de sens, hors de la ridicule exclusivité humaine et de son pitoyable pouvoir de destruction et de trahison. D'où son indifférence absolue aux désirs dénaturés de celle-ci. Désaxement d'un centre vidé de vie, vide dont elle a horreur.

La haine de soi vient de la haine de la nature, d'une nature que l'on ne peut heureusement vaincre qu'en lui obéissant : toute haine vient des maîtres – non spirituels, mais de guerre, quand ils ont le bonheur de ne pas se confondre – puisque ces derniers se font esclaves pour dominer.

Principe civilisationnel désaxé par les abus engendrés depuis des siècles, de dénaturation inflexible, comme pouvoir absolu, dénoncés par Nietzsche à son meilleur. Le pire est une certaine religion dont le clergé vénal charge invariablement la nature des péchés du monde de ses contempteurs.

Ces Diaboliques à qui la responsabilité de destruction généralisée du monde, passée et à venir, revient directement, avant même celle de leurs très scientifiques et financiers imitateurs et héritiers modernes. Ne pas mettre absolument en cause et question cette double responsabilité dans l'histoire et la genèse de l'écocide actuel est une complicité active ou passive de crime contre la vie.

Non la vie rêvée ou sentimentale de passions dénaturées menant droit à une collaboration de fait avec un système et entreprise de barbarie humaniste, mais vie de nature pure et simple, telle qu'elle est, dans ses tendances intérieures à l'auto-perfectionnement spontané de ses équilibres fondamentaux contre tout idéalisme nihiliste. Dans son intégrité et sa dignité sans intégrisme, moralement niées au nom de cette négation de principe.

Crime contre l'humanité donc, au sens élargi, universel, contre la Nature en son beau milieu. Son beau milieu : l'humain fait la nature et la préserve, autant qu'elle le fait. Humains premiers dans l'âme partagée de celle-ci, vivant au sein d'une nature protectrice et procuratrice, comme on aime une mère, et respecte la distance nécessaire. Distance due aussi aux aînés, « ceux qui marchent devant », comme le disait le poète oublié Gérard Manset. Les Anciens, les Ancêtres, les Pères, les Premiers – n'ont jamais été de purs singes mécaniques, comme le veulent les criminels progressistes dans leur terrorisme intellectuel béatement subi.

Nous sommes citoyens de la nature – non d'une cité de Dieu située ailleurs, sans la négation de celle-ci, ou son exclusion urbaine marchande de canons et de produits de synthèse pour le soin intéressé des dégénérescences programmées.

On ne se glorifie pas soi-même à moins d'être malade de la maladie du maître esclavagiste. On se gouverne. La nature propre, celle du Zen, de Houéi-Neng et de bien d'autres, est une leçon de choses naturelles, nécessité intérieure purifiée et purificatrice. La droite dans la courbe, de la courbe. Sans courbette ni fanatisme circulaire, cellulaire, comme l'eau dans ses vertus démocratiquement dénivelées. Celle qui est, mais n'existe pas, dans la nature.

Nature propre, courage d'être soi sans moi. Non principe directeur stoïcien mal digéré, invoqué comme prétexte ou alibi des misères du monde.

Un gouvernail, une gouverne. Non un gouvernement seul. Gouvernail seul, mais qui permet au principe directeur, de Marc-Aurèle le Maître et d’Épictète l'Esclave, d'avancer selon le vent que la volonté emprunte plus qu'elle n'utilise, emploie ou instrumentalise. Ni l'un ni l'autre dualisme guerrier.

Mais un contre-don, un retour nécessaire, une reconnaissance à la hauteur. Le mât est une autre affaire : la gouverne, le dirige, et n'est plus seule, mais associée, alliée de liberté et d'intelligence – donc de nature retrouvée. Économie naturelle, mais restreinte comme une relativité ouverte sur ses limites mêmes, filtrantes et vivantes. Le contre-don est le contraire de la guerre des contraires.

La nature intérieure porte autant que le vent à cette condition d'équilibre et d'accord, d'harmonie des forces où tout contraire casse et fausse. L'habileté du pilote est une flexibilité dans l'inflexibilité dont le zen dit que le temps le rend inconscient, instinctif, naturel, naturalisé, indifférent – et non automatisé, mécanisé ou conforme, comme le croient les fous qui croient nous diriger.

Cette indifférence-là est le sommet apaisé de la sensibilité. Une vie de navigation ne suffit pas pour l'atteindre, mais quand elle atteint le pilote, la différence intérieur-extérieur s'efface sans pour autant gommer les contours ni les profondeurs exprimées à la surface lisse du sable de l'océan de vie. Au contraire : tout est lourd de liberté dans l'allègement de chaque effort perdu répété.

Ni guerre ni irrespect ni irresponsabilité d'une pensée collectivisé par et pour son absence. La nécessité naturelle est un bon mélange, un bon alliage, un bon attelage : tout dépend de la profondeur de l'alliance, du matériel au spirituel. De l'enracinement dans l'être et du détachement qu'il provoque.

La liberté y est ainsi dédoublée et non divisée, comme on divise un illusoire pouvoir. Par une alliance intérieure-extérieure originale et créative, sinon, où est-elle ? Permettant de dépasser l'illusion de contradictions – bien réelle dès qu'on y croit dans l'allusion, et les limites de séparations de surface nécessaire. Par des passages plus encore de nature, mais secrets aux ignorances et négations les mieux établies. Transformant nécessités négatives en libertés positives.

C'est là toute la leçon d'un l'Orient – hormis les tyrannies issues du laisser-faire et aller à la nature extérieure seule, sans principe directeur stoïque fidèle, plus que conforme, au Zen ; tyrannies communes aux deux pôles – qui ne vit jamais ni ne pense contre nature, d'où certains schismes, sans doute. Cependant, cette leçon, mystérieusement passée par et pour certains peuples dans leur sagesse d'Occident, comme les Celtes et les Grecs dans leur meilleur ou élite.

Hélas, aussi méthodiquement génocidés, là, qu'ailleurs les Amérindiens, exterminés dans leur esprit même – qui survit à la mort reçue – par de prétendues civilisations qui furent que des superproductions mécaniques de guerre à la vie libre, ivrognerie codifiée de pouvoirs extérieurs dont la chute de l'Empire Romain dit assez les dérisoires et criminelles vertus.

Face aux continuateurs de cette guerre, officiels ou enrôlés de force, actuels, dans les faits et les esprits, équipés de fausse science et de finance sale, pour un pouvoir technologique terroriste apocalyptique, apprentis-sorciers d'une puissance débile et barbare, de corruption et de destruction inégalée, Zen et Stoïcisme sont assis.

Dans une attitude immuable et presque muette. Face à l'angoisse schizoïde surarmée, il n'y a que la rigueur de la liberté et la liberté de la rigueur, intérieures et extérieures, qui vaillent, au sens le plus courageux de l'ancien mot. Où est la question ? Le cap est vérité immobile dans la paix du cœur. Pourquoi la guerre au monde ?




dimanche 12 mars 2017

LA VÉRITÉ # 46 PURE RELIGION ET RAISON PURE







" Ce n'est pas un petit travail que d'expliquer la relation entre l'Ourse qui tourne au ciel et l'oiseau qui fait son nid; mais encore faut-il commencer par la remarquer, je dirais même par l'admirer. "  ALAIN





Vérité et raison, trop souvent en guerre pour la bonne raison que la raison nécessaire cherche à remplacer la vérité éternelle. Pourtant la vérité est mère de toute raison : quelle vérité nie quel besoin vrai ? La raison en guerre est la guerre. Guerre de raison, ou plutôt des raisons. Comme la guerre, la raison pure est sans limite : la paix n'est pas sa limite, elle serait plutôt son ennemie, limite ou frein à ses prétendus besoins, ses fantasmes.

La vérité, compatible ni avec la raison pure seule ni avec la guerre seule, ce qui détruit brutalement, mais surtout à petit feu son éternité propre et unie, son universalité. Peut-on dire que la raison pure n'est pas compatible avec la vérité ? Est-il si fatal que la raison pure soit la guerre ? Affirmer que la raison pure serait purement animale semble déraisonnable. Elle ne le devient, peut-être, que dans la mesure où on l'animalise absolument dans ses nécessités immédiates. Comment la raison pure devient déraison ?

Par la séparation logique dissidente qu'on opère entre elle et la vérité qui lui donne son sens ? Trahison séparatiste. La pureté de sa rationalité propre et autonome apparente n'est-elle pourtant jamais, dans sa nécessaire compatibilité avec toute vérité, que dans son accord profond avec celle-ci, jusque dans la plus pure matérialité des faits ou des nécessités ?

Sa déraison vient de la guerre, de la nécessité matérielle de destruction et de déconstruction de celle-ci, qui l'arraisonne en l’amenant à la haute trahison, au syllogisme a posteriori, comme justification de cette « nécessaire » trahison même. Aucune trahison est-elle jamais nécessaire ? L'animal ne trahit-il pas moins que l'humain ? Rien ne trahit rien dans la nature.

Le conflit ne vient sans doute pas tant d'une supposée pureté rationnelle, aussi absurde que la pureté raciale, que d'une dialectique, d'une logique dévoyée, arbitrairement autonomisée autour d'un matérialisme mécaniciste utopique, malade et criminel, manipulée comme un mensonge, à partir du moment où cet outil, ce moyen de la vérité devient fin en soi, collective, psycho-logiquement imposée. Raison n'est pas pouvoir, encore moins devoir.

Une raison violente n'est pas purement rationnelle, mais dévoyée par une matérialité objective dominant son sens commun, sens lié, partagé. En le colonisant, en le privatisant, le particularisant à outrance selon ruse et caprice de n'importe quelle passion dévorante. Avec ses raisonnements addictifs : ceux qui amènent, notamment, au crime et à la barbarie, après l'injustice et l'imposture – contre le consentement du monde.

Rationalité pure d'une raison scientifique moderne inhumaine, absurdité, non-sens, violente contradiction portant au pouvoir le pouvoir absolu de sa matérialité unique – que certains osent nommer pensée. Trahison suprême s'imposant comme un ordre religieux du logique et de sa logique. Fascisme ancestral, religion séculière de la corruption de la régulière, et de l'inversion de cette corruption comme réponse stérilisante automatisée : la vérité comme mal absolu ; par la nécessité absurde d'une même logique de survie d'un pouvoir usurpé, néo-séparateur plutôt que réparateur.

Ce qui sépare ne peut être humain : ce « pouvoir » est soit naturellement divin soit inhumain. Mais le divin n'est pas représentable : il est présent ou pas. Ce qui sépare n'est pas séparable, ce qui sépare est supérieurement unitif ou n'est pas. Le séparatisme est une trahison.

Les sciences cognitives, qui paraît-il, ne font qu'observer, semblent dire que la raison est d'abord et finalement sociale. Que son sens commun théorisé ne serait qu'une sorte de prérogative de défense conceptuelle relativement binaire entre deux groupes. Il semble en effet évident que si l'on déconnecte le sens intellectuel de la nature, de la morale et de la transcendance de la vie en actes, on construit de l'absurdité, de l'arbitraire et du totalitarisme.

Et qu'à posteriori, on les justifie tout en désarmant logiquement toute possibilité plurielle de lumière universelle à travers un rayon particulier « unicisé » puis binarisé, réorienté selon un système optique manipulateur, instrumental. A quand sa négation orthodoxe, pure et simple, a priori ?

Un pouvoir, dans la mesure à démontrer de sa possible justice et justesse, est nécessairement réparateur, et ne peut être ni séparateur ni violent ni purement animal ou mécanique. Il ne peut évidemment qu'être équilibré, limité, provisoire, adapté et ajusté. Les fins s'y confondent perpétuellement avec les moyens dans une sorte d'unité supérieure dynamique qui ne peut donc appartenir à personne ni, comme l'eau, se conserver entre un petit nombre de main, voire d'une seule.

Le pouvoir juste et nécessaire doit être libre et conscient à la fois, là est sa seule nécessité profonde, son ordre naturel immuable. Ce ne peut être une machine, logique ou physique. Il ne peut être que partagé et consenti, non diviseur et non suprême. Relatif, il ne peut échapper à la vrai rationalité du sens commun, de l'accord et du consentement universel naturel précisé, intrinsèque, non objectivé, mais exprimé, imprimé et non supprimé par « un intérêt » particulier généralisé.

La vérité est non-violence, non-collaboration avec l'ennemi. Elle n'est pour autant l'ennemie de personne, mais tous en font leur ennemie, chacun dans sa guerre particulière, son combat pour sa vérité particulière, détournée, dévoyée. Pour autant la raison n'est jamais animale en soi : le fait que sa science la sépare de la conscience n'en fait pas une ennemie de celle-ci. Au contraire : que vaut une science désincarnée ?

La raison pure combat l'animalité d'une conscience solidaire ou instinctive autant que la spiritualité d'une conscience morale. La guerre de la raison folle ou séparée est une négation de ce qui est. Le propre de la vraie raison est d'inclure dans une unité supérieure sans exclure le moindre atome inférieur. Elle n'est que mauvaise passion rationalisée, comme il y une mauvaise foi ou une mauvaise volonté. Sa sagesse n'est jamais que ruse de guerre, sans aucun respect de la vie et de son sens. C'est une pure machine à dominer son sujet. Un cheval de Troie.

La pure raison n'est que l'ordre pur dans le, et du chaos, elle n'est pas de l'ordre de la vie, mais de celui de sa destruction et de son objectivation, de sa réification de rouage systémique. La mécanique de ses nécessité ne découle que de la mécanique de ses viols et prédations, comme la violence engendre la violence dans la roue du karma des lois.

La raison pure est incompatible avec l'équilibre, avec la mesure ou la proportion, avec les forces de la nature, elle n'est qu'un automatisme logique, un système de nécessité paramétré selon la direction arbitraire du vent fabriqué en ligne droite. C'est une utopie exterminatrice.

Elle valide les opportunismes contre toutes les fidélités, et toute les fidélités opportunistes. Puisque dans cette guerre, la vie est devenue un chaos et inversement : la théorie de la raison est une tautologie nominaliste qui permet de taire et faire taire toute parole de vérité et toute vérité de parole. Elle n'est qu'un perroquet inverseur.

La raison pure confisque la parole libre au profit de la parole nécessaire pour en faire une repère absolu dans le relatif : il faut donner le change à la perte de repères. De la vérité, celle de Dieu et celle de la Nature. Elle est environnement pur comme une mégalopole, rassurant et consolant, progressiste et agressif, dominant et pensant, libérant en enfermant, ouvrant en réduisant, offrant en privant, guérissant en tuant, pacifiant par la guerre. Elle ne sera jamais pacifique, abandonnée à la liberté comme à la nécessité. Elle n'est que garde, gardienne, mise en garde et relèvement de garde.

Le relativisme absolu aboutit à l'absolutisme rationnel comme pouvoir théorique, remplaçant l'ancienne autorité théologique et la dogmatique de ses pratiques sadiques de pouvoir. Le changement n'a donc été que de forme et de nom. Dans la pratique, cet absolu rationnel devient un irrationnel totalement relatif : toute relation est faussée à la racine par son doublement hors sol, par sa simulation sociale et sa modélisation économico-étatique.

Les théories infinies sont autant de bio-doublures pour la modélisation intégrale de chaque objet du savoir et du pouvoir remplaçant chaque être matériel ou immatériel. C'est l'ère des post-vérités et des postérités contre toute éternité passée, présente et à venir. Dans son imitation de mémoire même, la vie est stoppée puis réinitialisée dans le simulacre naïf ou idéal de son mouvement subtilement contrôlé par un pensée de synthèse collectiviste.

Nous avons tant besoin, hélas, de ce pouvoir de pouvoir pour y croire encore. La raison n'y est plus que force logique pure et nue, courroie et carburant, gaz brûlé, particule toxique pour la respiration de chaque vérité survivante. L'avenir est aux Zones, préservées ou contaminées, sans espoir de séparation réelle, qui ne nous a jamais appartenu, ici, hélas, ailleurs ou autrement, heureusement. Entre raison et vérité.