lundi 24 avril 2017

DIALOGUE AVEC R. # 7 UN BEAU JOUR





"Malheureusement, mon âge ne me permettait plus de modifier profondément des dizaines d'années de façonnage." Atlas le Père

"  L'imagination produit sans cesse des signes capricieux, comme sont ces folles liaisons d'une chose à une autre très différente, ou bien ces assonances, et ces rythmes aussi, qui sont d'abord comme des jeux de tambours. (…)
Et l'inspiration n'est jamais qu'une confiance héroïque en la nature animale, comme si les mille bruits du monde et cette pluie du monde sur le corps ne faisaient qu'un avec la partie la plus raisonnable. D'où vient que la raison prend corps, et au rebours, que ce monde prend droit et beauté. "   Alain



***




« C'est un beau jour pour mourir » disaient certains guerriers Indiens Peau-Rouge avant une certaine bataille, peut-être celle de Little Big Horn. La mémoire indienne se perd, mais son esprit subsiste pour l'éternité du camp de concentration. Le combat trempe et détrempe, le reste n'est qu'eau tiède pour civilisé douteux.

Parlant de la mort, passage aussi sacré que celui du sexe ou de la naissance, par delà la nostalgie d'une vie vécue avec les bonheurs et les malheurs d'une trajectoire globalement de plus en plus tragique et absurde ; par delà les rituels migratoires du peuple des oiseaux, à l'aventure si peu compréhensible aux yeux pourrissants des parqués civilisationnels ; par delà ces rituels sacrés, effectivement, non sans parallèle secret avec les trajectoires désaxées de nos modernes existences ; par delà les transhumances universelles futures de notre esprit personnel vers le Grand Esprit Indien ; par delà tout ceci, il y a une façon de rendre hommage aux animaux, au végétal et au minéral, frères de vie et de sens, qui rehausse l'âme, la libérant de toute nostalgie mal placée, de toute illusion de mort spirituelle, avec ses effrayantes angoisses de solitude et séparation.

Pour lui, la Cigogne en est le signe. Chacun a ses signes familiers secrets que la raison instrumentale ignore.

La mort, plus encore que la vie est voyage : suffisamment de traditions de bon sens l'indiquent – y compris au cœur obscur, mais battant, de leurs expériences les plus limites. L'appréhension avant le grand départ est humaine, et même féminine, au sens de déchirure vitale ou don de soi, jusqu'au fond du corps. La mort est parthénogenèse sacrée, celle de la mère mourante dans l'accouchement, avant que renaisse l'esprit naturel de son âme immortelle survivante, de nouveau offerte à la Vie.

Le monde animal et cosmogonique précolombien en Amérique, mais aussi ailleurs, dans bien d'autres steppes végétales ou minérales, voire marines, sait combien la mort est sacrée en elle-même, au seuil de lumière du tunnel blanc, chacun un jour le vit, enfant sortant de la Matrice sans voir ni savoir pourtant, mais avançant déjà, animal humain tombé ici-bas.

Des limites ferment certaines frontières de forces et d'esprit, par delà l'abandon de la chrysalide devenue inutile obstacle. La mue accouchante nous rejette et pousse hors des jupes de la vie, dont les limites éternelles finiraient par étrangler toute liberté spirituelle à la façon du cordon ombilical non coupé, lové autour du cou nouveau né dans le sommeil de sa vie terrestre, qui l'étrangle.

Le soleil levant dissout les monstres de la nuit des spectres d'Occident.
Une Mer du Nord trop froide et agitée, leur fait, un jour, incertain comme ses brumes ou les cornes préhistoriques d'un inconscient malade, perdre le sens de toute mesure, pour le noyer sans pitié dans un abîme tragique de conquêtes vides. Faisant oublier, dans les brouillards mystiques d'un mal trop barbare en ses ressacs de haine et d'instincts mal avinés – célébrant la joie malsaine d'un insondable crime « sacré » collectif, franchi « bestialement » autour des feux maudits de l'abandon et de la colère aveugle. Le mal fait, en ses flammes glacées, oublier la douce lumière d'Afrique dont l'humain un jour naquit, peut-être, plus que singe.

Oiseaux de paradis, pacifiques gorilles là-haut, rythmes cardiaques, légers et vifs comme un tsunami de gazelles et éléphants. Depuis trop longtemps le Nord massacre le Sud et l'Ouest l'Est. Le mal est au fond de cœurs ravagés par des houles de folie barbare sans plus de repères spirituels.

Nous aurons affaire bientôt à ces limites sacrées franchies, foulées aux pieds, souillées et sauvagement effacées, dans un choc du retour qui paralysera les puissances spectrales de poussière mortifère. Gitans et Indiens d'Amérique l'ont dit et prédit clairement. Reste à mettre nos esprits malades en règle et en position, si nous ne voulons pas être définitivement anéantis dans notre mémoire vive.

Il est temps de retourner aux Prairies des Ancêtres et du Grand Esprit, d'abandonner une bonne fois nos oripeaux puants de sous-chrétiens des caves, labyrinthes et autres catacombes, pour sortir au grand jour, à la claire lumière du jour, pour mourir en Christ solaire libéré au milieu de l'Arche et de la Voûte des forêts d'Amazonie ou des déserts de Gobi, pour y construire une cathédrale de paix universelle, sans Kant ni Hegel.

Il est temps de réveiller, dans la mort-même, comme dans un grand jour pour mourir, l'esprit amérindien d'un Christ Chaman revenu, nous libérant enfin, après des millénaires de cachot mental et spirituel, de la faux étroite de paysans asservis de misères contre une culture-mère violée, souillée de mille manières abjectes, dont la catholique n'est pas la moindre entre autres abominations.

Sortir de Rome, égout à ciel ouvert, cloaque et pénitencier mental d'Occident, impitoyable lupanar de puissance et de cruauté en ses théâtres d'ombre, de sang et de crachats, avec sa religion néronienne assise sur un pauvre Christ crucifié, jouissant d'une déchéance se répandant comme une peste fasciste toujours nouvelle sur une Europe celtique asservie, exsangue et obscurcie, mûre pour la servitude technologique de pointe de l'épée.

Nulle faux macabre ne fauchera plus nos éclatantes têtes  : nous entrerons debout dans la mort, lavés des immondices existentiels de l'esclavage mental et sentimental, non pour rejoindre les paradis artificiels d'enfants-soldats sacrifiés sur l'autel maudit, mais la beauté immense et majestueuse, infinie, de la Prairie Première, américaine ou mongole, libérés des miasmes emmurés de la négation du mal blanc de nature par l'usurpation noire d'un pouvoir détourné, récupéré et retourné. Une sorcellerie maudite, maquillée de mauvaise science, manipule et dégénère la vraie vie au nom du bien et de la morale dite civilisée, contre toute santé et liberté dans leur immortelle spiritualité animale.

C'est un beau jour pour mourir d'être immortel. L'oiseau est signe de Dieu, non mauvais présage romain d'une gauche sinistrée. Heureux celui qui lui parle en ami, non en oiseleur mielleux, cachant la glu. Il n'y a pas de cage pour l'Oiseau Totem, il y a un mât qui monte au ciel d'une terre sacrée, voilée de tendresse et de tristesse. Le drakkar vide, avec le corps d'un Christ qui brûle, va droit au soleil levant, sur le Gange ou une mer nordique, sans témoin, hors la rive qui pleure en silence, guidé par des eaux-mères cicatrisantes et électrisantes, libérant leurs ondulations porteuses autour d'un l'axe magnétique alternatif.

Seules ces eaux façonnent, le reste n'est que rêve stagnant, au mieux, cauchemar mouvant, au pire. Elles portent la trajectoire, comme descente finale à la mer rimbaldienne. Le reste n'est que superstition d'une science trois fois maudite, mille fois criminelle. La mort nous lave, plus vraie que la propagande des post-humanismes passés ou à venir. Nous, esprits libres de France en ses campagnes éternelles abandonnées par les princes maudits d'une modernité occupante. Aux pillards et aux soudards.

Voir comme meurt l'animal sauvage, serein et solitaire, la surhumaine simplicité avec laquelle il endort sa douleur et sa vie qui s'éteint. Silence et paix. Prétendre à un héroïsme plus vrai est le premier crime contre-nature des religions de la puissance et du mal. Pourquoi l'accepter ? la mort permet tout, sans rien autoriser. Ce tout enfin retrouvé. « La vie est double, la mort est simple » dit une sagesse cachée. Voir la paix de cette mort, divine hauteur, son secret de nature, si démocrate fin, généreuse, retour enfantin à la mère, sans raison ni plus de pouvoir terrestre inutile et pesant.

Alain est matérialiste. les Premiers, eux, avaient une inspiration animale, spiritualité animiste ou chamanique. La nôtre, fidèle à la nature et aux traditions qui la prolongent sans la trahir, non comme le font ces sciences dites naturelles modernes ou certains barbares de la loi de la jungle, est taoïste, ou mieux, taoïste chrétienne, celtique chrétienne. Le corps y prend raison, la beauté se fait monde, renversant l'optique de l’œil nu aveuglé du philosophe athée ou théiste des salons, des ors, des bistrots ou des sacristies.

Un beau jour, solaire, où même l'ombre est chaude, vivante et nécessaire, en toute spiritualité, loin des frimas insomniaques d'un certain esprit universel fasciné, loin du sommeil profond des logiques liées des formules gravées au fer rouge. Pour mourir.

La faillite programmée des religion modernes d'Occident n'hypothèque ni n'anéantit nullement la validité des spiritualité animalières des religions premières dans leur pure magie blanche – dont nul n'ose plus aujourd'hui parler sans trembler de crainte, valeur violentée et torturée entre marteau théologique romain inactuel, mais invétéré, et enclume scientiste positiviste révolutionnaire actuelle, mais débile.

On ne peut mourir idiot, la pire des morts. Nous savons depuis le début humain que nulle intelligence renaissante ou durable ne vient seule de l'humain, ce que notre science moderne, exclusivement politique et économique, impose d'ignorer mécaniquement avec la dernière cruauté. Les oiseaux aussi se cachent : le jeu des forces n'est rien sans celui de cache-cache de la Mère.






jeudi 20 avril 2017

LA VÉRITÉ # 49 OUROBOUROS






 " Mais l'action est saine et raisonnable toujours; c'est la pensée qui a besoin de règles; c'est la pensée qui a besoin d'objets (...) Vous trouverez ici le point malade de toute nos pensées. C'est toujours une faute de vouloir prouver l'existence par raisonnement, au lieu d'aller voir et toucher la chose existante. "                                                                                                                          Alain






Nous ne voulons pas vraiment respecter ces règles, pourtant nécessaires au sens de la raison, bien que nous prétendions croire en elles, parce que nous ne les faisons pas : seule la vérité fait les règles. Pas les règles, en soi, faisant la vérité. Non. La vérité de leur vérité. Que valent donc des règles sans vérité ? Demandez aux nazis.

Sans vérité, que certains nomment vertu ou mesure, ou nécessité, valeur (…) notre rapport aux règles ne serait qu'une sorte de religiosité méthodique organisationnelle, celle d'un ordre formel ou pur, logique, conventionnel, arbitraire, comme un monde entier, finalement privé de sens, comme chez certains communistes aussi.

Cet ordre-là n'est-il pas la formule maudite d'une sorte d'anarchie négative, favorisant le pire arbitraire ? L'arbitraire du fonctionnel ? Permettant au doute méthodique de tout contester et de ne s'accorder avec rien ? Le très scientifique chemin du plus grand chaos ? Pourvu que les machines soient libres de cracher leur production satisfaisante et au-delà, s'il existe !

Qui ne construit pas une vérité prétendue « constatée » ? La vérité fait les règles, mais nous avons construit une science pour lui faire concurrence, machine à calculer totale, factotum avec ses lois manipulables, et ses vérités dévorantes, trop relatives, faites plus de doute que de confiance.

Mais au moins, tout est-il permis ! Nous avons abandonné le sens de la nature, considéré comme trop contraignant ou dégradant. Mais nous avons construit des lois arbitraires mille fois plus contraignantes, totalement destructrices de la vérité de ce qui est. Sales, abjectes, ignobles, inhumaines.

Nous avons sacralisé la machine folle, plus encore que la molle des beats, idole avec ses lois propres, étrangère à toute raison naturelle vivante, dans sa pure autonomie mécanique, ses exigences systématiques ruineuses, ou même son simple et désastreux entretien. Il faut tout lui sacrifier, comme aux antiques dieux noirs, ces baudelairiens avant la lettre, mais finalement plus civilisés que notre système d'objets déracinés à la Dali.

Nous avons déraciné les lois du monde, alors qu'en aucun cas elle ne peuvent être détachées de Dieu ou du Principe supérieur qui les crée. S'il y a une machine belle et vraie, c'est celle du monde, vu par des yeux extérieurs, dont l'objet du regard mécanise, comme la caméra, la vérité profonde coulant à sa surface, dans une vérité trop pure, trop solaire. Nous sommes devenus extérieurs, étrangers, ennemis.

Dieu auquel nous ne voulons plus croire un seul instant d’hypothèse ou d'évidence, au sens de réalité intrinsèque du monde autant que principe supérieur, parce qu'il n'est pas esclave à notre service exclusif, comme cette science sans lui, prouvant qu'il n'est ni ne peut être instrumentalisé dans et par une preuve comme objet pensable reproductible, etc...

Nous nous faisons dieux nous-mêmes, très logiquement, sans même le vouloir : notre nature humaine a horreur du vide, à tel point que, sans Dieu, elle n'aspire qu'à se nier pour définitivement nier le vide de Dieu comme perte essentielle à oublier et taire. Omerta du savoir.

Nous n'attendons plus de messie qu'humain ou post-humain, contre Dieu et la Nature, contre nous-mêmes et nos libertés premières, devenues invivables et incroyables. Nous n'avons jamais aimé les règles que nous ne nous sommes pas données nous-mêmes. Ceux qui respectent celles que nous ne nous donnons pas sont, à nos yeux aveuglés et apeurés, fascistes ou primitifs devenus inadmissibles, primates primaires, brutes obscurantistes et criminelles, dangereuses. Archaïques tyrans, oppresseurs de notre volonté d'esclavage profonde, présentée comme liberté, ou plutôt sécurité sociale.

Nous avons tellement peur de perdre ce qui ne se retient pas. C'est la règle du maître humain, rien qu'humain, et de sa loi, rien que sa loi, fabriquant Dieu à son image, celle de L'État industriel moderne pur et dur. Celui qui fait les règles du nihilisme humaniste progressiste, transgressif comme révolution la plus barbare et violente, la plus lâche. L'universalisme démesuré de cette règle retourne à la violence la plus nue, dans son absence de règle d'humanité élémentaire et mesurée partagée. Où est le progrès ?

Le serpent humaniste se mord la queue dans une auto-dévoration endogame : comment pourrait-il être plus la mesure du monde que la religion la plus archaïque ? La règle ne peut en aucun cas être l'absence pure et simple de règle, donc venir de l'extérieur ou de l'intérieur seulement ? 

Accord et équilibre ne peuvent provenir d'un autisme monogame, monothéiste, monomaniaque et unidimensionnel, vautré sur le plateau, doré ou nivelé, d'une balance truquée ou faussée entre les mains sales d'un fou prophétique. Fanatique ou pragmatique, programmatique... qu'importe le côté qui penche ?




jeudi 13 avril 2017

LA VÉRITÉ # 48 PROTECTOR










Nous ne parlons plus de nature, mais d'écologie, ou pire, d'environnement. L'homme, centre du monde. Plus de nature que pour sa protection, et sous-entendre, peut-être, la nécessité de nous protéger de nous-mêmes, d'abord, en réalité.

Mais ce terme de protection introduit l'idée de protecteur, bien gênante. Protecteur du serf ou de la femme, de l'enfant, si vulnérables. Sécuritaire et défenseur, plus que fait de respect, en vérité. Respect non-protecteur en soi d'ailleurs, ne l'étant qu'indirectement, par la force des choses. Cette déesse de violence, trop souvent.

Le respect, faisant passer ce qu'il respecte avant lui-même, femmes et enfants d'abord. Non au sens de privilège de pouvoir ou de préservation intéressée d'un cheptel, mais de respect absolu de la vie, sans pour autant en faire une sorte de capital placé. Ce que la science couronnée ne sait pas bien faire, malheureusement.

On imagine sans beaucoup de mal ce que la « protection de la nature » finira par provoquer : les pires abus. Au nom juré du bien de la planète et de son précieux patrimoine, comme le répète stupidement la propagande médiatique de hauts technologues embusqués.

Certains regrettent déjà l'ancienne création, dont on pouvait, au moins, c'était tellement, remercier Dieu ou celui de n'importe quelle cosmogonie honnête, dont l'esprit était, sans aucun doute, beaucoup moins naïf qu'il n'y paraît à la critique établie.

Ou plutôt, cette naïveté, fausse ou apparente, comme tout art sacré, ne recouvrait-elle qu'un mystère somme toute d'une étonnante transparence. Celui de l'amour de la vie en elle-même, hors des bons sentiments humanistes de nos scientistes.

Amour du monde en lui-même, pour lui-même, inconditionnel et immédiat, dans sa perfection propre. D'une humilité toute naturelle, mais qui permettait la prétention juste de savoir rester à sa place, comme miraculeusement. Participant, chacun petite pierre vivante, à la grandeur de ce monde, mais avec une certitude absolue. Absolument profane aujourd'hui.

Ce que nous avons, avec la nature naturelle, quasi irrémédiablement perdu. A tel point que tout monde, naturel ou originel, ne fait déjà plus partie que d'une vague mythologie préhistorique : la vérité n'existe pas, ou plutôt, plus. Ainsi, inévitablement, avec le temps, la science la plus sincère devient-elle obscure religion. A l'opposé de tout ce que nous pouvons croire, sans plus de vérification du cœur, sans doute le critère ancien le plus exact jamais inventé.

Sous nos yeux incrédules, l'incroyable devient banale réalité, routine ennuyeuse, tel ce tas de jouets inutiles d'une enfance déchue de son esprit. Celle de l'apparente domestication de la Nature, nouvelle esclave, malade ou réfugiée de guerre, à prendre en charge et protéger. Notre moderne crédulité ne s'arrête pas là pour autant : il faut faire la loi, la défaire et refaire, cent fois remettre sur le métier d'humain désormais générique, un fanatique impossible.

Post- ou trans-humains, nous allons infiniment plus loin que n'importe quelle religion la plus barbare n'aura jamais été depuis le début du cycle naturel. Le socialisme scientifique a gagné sa guerre ouverte ou larvée contre la nature, désarmée comme un peuple premier hospitalier, généreuse comme une mère s'offre au prédateur pour préserver ses petits.

Ne reste plus qu'à protéger ce vaincu en esclavage, sa précieuse force de travail, de production, ses vitales ressources, son infinie fertilité de déesse-mère soumise à nos si puritains caprices. Protector, voilà l'autre nom du Progrès, plus vieux encore que le monde du pire retour en arrière jamais imaginé par nos prophètes du malheur.

Que pouvait bien signifier cet ancien mot : gratitude, si proche, dans sa fin, de celui de béatitude ou plénitude ?