jeudi 13 avril 2017

LA VÉRITÉ # 48 PROTECTOR










Nous ne parlons plus de nature, mais d'écologie, ou pire, d'environnement. L'homme, centre du monde. Plus de nature que pour sa protection, et sous-entendre, peut-être, la nécessité de nous protéger de nous-mêmes, d'abord, en réalité.

Mais ce terme de protection introduit l'idée de protecteur, bien gênante. Protecteur du serf ou de la femme, de l'enfant, si vulnérables. Sécuritaire et défenseur, plus que fait de respect, en vérité. Respect non-protecteur en soi d'ailleurs, ne l'étant qu'indirectement, par la force des choses. Cette déesse de violence, trop souvent.

Le respect, faisant passer ce qu'il respecte avant lui-même, femmes et enfants d'abord. Non au sens de privilège de pouvoir ou de préservation intéressée d'un cheptel, mais de respect absolu de la vie, sans pour autant en faire une sorte de capital placé. Ce que la science couronnée ne sait pas bien faire, malheureusement.

On imagine sans beaucoup de mal ce que la « protection de la nature » finira par provoquer : les pires abus. Au nom juré du bien de la planète et de son précieux patrimoine, comme le répète stupidement la propagande médiatique de hauts technologues embusqués.

Certains regrettent déjà l'ancienne création, dont on pouvait, au moins, c'était tellement, remercier Dieu ou celui de n'importe quelle cosmogonie honnête, dont l'esprit était, sans aucun doute, beaucoup moins naïf qu'il n'y paraît à la critique établie.

Ou plutôt, cette naïveté, fausse ou apparente, comme tout art sacré, ne recouvrait-elle qu'un mystère somme toute d'une étonnante transparence. Celui de l'amour de la vie en elle-même, hors des bons sentiments humanistes de nos scientistes.

Amour du monde en lui-même, pour lui-même, inconditionnel et immédiat, dans sa perfection propre. D'une humilité toute naturelle, mais qui permettait la prétention juste de savoir rester à sa place, comme miraculeusement. Participant, chacun petite pierre vivante, à la grandeur de ce monde, mais avec une certitude absolue. Absolument profane aujourd'hui.

Ce que nous avons, avec la nature naturelle, quasi irrémédiablement perdu. A tel point que tout monde, naturel ou originel, ne fait déjà plus partie que d'une vague mythologie préhistorique : la vérité n'existe pas, ou plutôt, plus. Ainsi, inévitablement, avec le temps, la science la plus sincère devient-elle obscure religion. A l'opposé de tout ce que nous pouvons croire, sans plus de vérification du cœur, sans doute le critère ancien le plus exact jamais inventé.

Sous nos yeux incrédules, l'incroyable devient banale réalité, routine ennuyeuse, tel ce tas de jouets inutiles d'une enfance déchue de son esprit. Celle de l'apparente domestication de la Nature, nouvelle esclave, malade ou réfugiée de guerre, à prendre en charge et protéger. Notre moderne crédulité ne s'arrête pas là pour autant : il faut faire la loi, la défaire et refaire, cent fois remettre sur le métier d'humain désormais générique, un fanatique impossible.

Post- ou trans-humains, nous allons infiniment plus loin que n'importe quelle religion la plus barbare n'aura jamais été depuis le début du cycle naturel. Le socialisme scientifique a gagné sa guerre ouverte ou larvée contre la nature, désarmée comme un peuple premier hospitalier, généreuse comme une mère s'offre au prédateur pour préserver ses petits.

Ne reste plus qu'à protéger ce vaincu en esclavage, sa précieuse force de travail, de production, ses vitales ressources, son infinie fertilité de déesse-mère soumise à nos si puritains caprices. Protector, voilà l'autre nom du Progrès, plus vieux encore que le monde du pire retour en arrière jamais imaginé par nos prophètes du malheur.

Que pouvait bien signifier cet ancien mot : gratitude, si proche, dans sa fin, de celui de béatitude ou plénitude ?







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